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Une ville nord-ontarienne songe à serrer la vis à Airbnb

Des figurines représentant des voyageurs et des touristes devant un logo d'Airbnb.

Airbnb exerce ses activités dans 191 pays.

Photo : Reuters / Dado Ruvic

Radio-Canada

À l’aube du lancement d’une série de consultations publiques, la Ville de Sault-Sainte-Marie, dans le Nord de l'Ontario, propose plusieurs nouveaux règlements pour encadrer les locations à court terme.

Parmi les changements proposés, on compte :

  • une limite d’une seule propriété par hôte, rattachée à la résidence principale;

  • un système de permis pour les hôtes géré par la municipalité;

  • un maximum de 180 jours par année où la propriété peut être louée;

  • une taxe d'hébergement de 4 % (déjà payée par les hôtels et les motels).

Pour l’instant, aucune décision n'a été prise.

Le conseiller municipal de Sault-Sainte-Marie Luke Dufour craint que trop d'appartements et de maisons de la ville soient loués aux touristes, enlevant des possibilités de logement abordable à la population locale.

Je ne crois pas que ce soit sain pour l’écosystème de quartier.

Une citation de :Luke Dufour, conseiller municipal de Sault-Sainte-Marie

Certains voisins m’ont fait part de leurs mauvaises expériences avec des maisons environnantes louées exclusivement à des utilisateurs d’Airbnb, partage-t-il.

Il y a également une question d’équité envers les hôtels et les motels. La municipalité veut s'assurer que les locations à court terme n'ont pas un avantage injuste.

Airbnb ne devrait pas être la seule option d’hébergement disponible, souligne M. Dufour.

Des propriétaires-commerçants

L'une des 12 propriétés Airbnb disponibles à Sault-Sainte-Marie appartient à Shelly Gauthier et à son mari, Tom.

Une chambre avec des meubles : sofa, lit, télé, tapis. Un style moderne aux tons froids.

Sherry Gauthier, de Sault-Sainte-Marie, est fière de son unité Airbnb et affirme entretenir de bonnes relations avec ses voisins.

Photo : Sherry Gauthier

Leur appartement s’avère populaire auprès de touristes, d’anciens résidents qui reviennent pour une visite et de travailleurs qui s’installent temporairement dans la ville, dit-elle.

Leur entreprise fonctionne si bien qu’ils ont récemment acheté une deuxième maison qu’ils comptent louer sur la plateforme.

Mme Gauthier attend avec impatience les consultations publiques. Elle souhaite participer à la discussion concernant la réglementation de ce type d'entreprise.

Elle se dit prête à quitter la ville si le règlement limitant le nombre de propriétés à une seule par propriétaire venait à être appliqué.

On vendrait notre maison et on déménagerait dans un endroit où l'on pourrait développer notre entreprise, explique Mme Gauthier, qui s'est installée à Sault-Sainte-Marie il y a cinq ans.

J'aime vraiment vivre à Sault-Sainte-Marie, mais si des restrictions m'obligent à quitter le marché, je vais devoir reconsidérer mes options.

Une citation de :Sherry Gauthier, propriétaire d'unités de location à court terme à Sault-Sainte-Marie
Capture d'écran de la plateforme Airbnb qui permet la location d'une unité.

La location de la deuxième maison Airbnb de Mme Gauthier pourrait être compromise par la nouvelle réglementation qu'envisage la Ville.

Photo : Airbnb

Ailleurs dans le Nord

Partout au Canada, les municipalités s’affairent à réglementer les locations à court terme dans leurs régions respectives. En Ontario, le débat est particulièrement enflammé dans des centres urbains comme Toronto et Ottawa.

Sudbury, Timmins, Thunder Bay et North Bay ne réglementent pas ces locations. Toutefois, certaines villes, comme Sudbury, imposent des taxes à des entreprises comme Airbnb.

Jennifer Keast et son mari sont propriétaires d’une propriété Airbnb située dans un immeuble à l'ouest de la ville.

Carte de Sudbury avec plusieurs points.

Il y a plus d'une centaine de logements affichés sur Airbnb dans la région du Grand Sudbury.

Photo : Airbnb

Ils se sont tournés vers les locations à court terme après avoir vécu des difficultés avec leur premier et dernier locataire.

Pour Mme Keast, le système d'Airbnb est plus avantageux que celui de location à des particuliers. Même si la Ville adopte des règlements, elle compte continuer avec la plateforme.

J’ai eu une très mauvaise expérience avec la location à long terme, et je compte continuer avec les locations à court terme.

Une citation de :Jennifer Keast, propriétaire d'unités de location à court terme dans le Grand Sudbury

Elle envisage également de convertir un autre duplex dont elle est propriétaire en propriété Airbnb.

Airbnb, un nouveau joueur dans l’industrie

Le groupe de l'industrie touristique Destination Northern Ontario s’est prononcé en faveur de règles du jeu équitables pour Airbnb et les opérateurs hôteliers.

L’organisme considère la location à court terme comme un élément clé du secteur touristique local.

La plupart des propriétaires d'hôtels sont heureux de voir des règles du jeu équitables en ce qui concerne les impôts, selon David MacLachlin, directeur général de Destination Northern Ontario.

De plus en plus, le secteur touristique considère les services de location à court terme comme faisant partie de l'industrie plutôt que comme des concurrents indésirables.

Une citation de :David MacLachlin, directeur général du groupe Destination Northern Ontario

Les gens votent avec leur argent, explique-t-il. C’est de cette manière qu'ils décident de voyager.

Il conclut que les choses évoluent et que les membres de l’industrie doivent travailler dans ce sens.

Avec les informations de CBC News

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