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Des infirmières, épuisées, pensent à quitter l’Alberta

Une infirmière et une bénévole de Services de santé Alberta sont assises dans un couloir d'hôpital.

Après trois vagues de la pandémie, et une réduction salariale qui les guette, des infirmières albertaines se disent épuisées et prêtes à quitter la province.

Photo : Leah Hennel/AHS

Radio-Canada

Des infirmières albertaines se disent fatiguées par la pandémie, et plusieurs affirment être sur le départ alors qu’elles sont engagées dans un bras de fer avec le gouvernement de Jason Kenney qui souhaite faire baisser leur salaire.

Plusieurs infirmières albertaines se disent épuisées par la pandémie et trahies, et pensent quitter la province pour continuer à exercer leur métier.

Le gouvernement du Parti conservateur uni (PCU) souhaite que la profession accepte 3 % de réduction salariale, alors qu’il tente de rééquilibrer un budget mis à mal par la pandémie.

Le syndicat des Infirmières unies de l’Alberta affirme de son côté que, additionnée aux autres changements, la réduction serait de l’ordre de 5 %.

Cette annonce a été une énorme claque en pleine figure, affirme Jessica McGrath, une infirmière travaillant dans un service d’urgence à Edmonton.

Des infirmières déplacent un patient.

Les infirmières se disent épuisées après des mois à lutter contre la pandémie et se sentent démoralisées par la réduction salariale à laquelle elles font face.

Photo : Leah Hennel / Services de santé Alberta

Les événements récents l’ont poussée à prendre un travail d’un an, loin de la ligne de front. Je n’avais jamais vu un moral aussi bas [dans les services, raconte-t-elle.

Mme McGrath n’est pas la seule à se sentir impuissante. Christopher Picard, infirmier à Edmonton et porte-parole albertain de l’Association nationale des infirmières d’urgence, ajoute qu’il n’a jamais eu autant de discussions avec ses collègues sur les postes vacants dans d’autres provinces.

Proposer une réduction salariale après une pandémie comme on en voit une par siècle, cela semble être un peu une trahison. Il affirme vouloir attendre la fin des négociations pour prendre une éventuelle décision sur son avenir dans la province.

Des départs pour la Colombie-Britannique et l’Ontario

Selon Heather Smith, la présidente des Infirmières unies de l’Alberta, Jason Kenney a tort de croire que les employés du secteur ne sont pas prêts à partir. M. Kenney fait valoir que, dans les autres provinces, les infirmières sont moins bien payées et doivent payer plus de taxes.

Mme Smith soutient que plusieurs ont déjà pris des emplois en Colombie-Britannique. Elle affirme avoir aussi entendu parler d'infirmières partant pour l’Ontario, qui offre des primes à l’embauche.

Portrait de Heather Smith, présidente du syndicat des Infirmières unies de l'Alberta.

Heather Smith, la présidente du syndicat des Infirmières unies de l'Alberta, affirme que plusieurs employés sont déjà partis trouver du travail dans d'autres provinces.

Photo : CBC

Les infirmières albertaines ne sont pas prêtes à faire face au manque de respect qu’elles ressentent ici.

Cette frustration d’une profession qui n’a pas eu d’augmentation salariale ces cinq dernières années monte en flèche, ajoute Heather Smith, qui compare les tensions actuelles à celles qui ont donné lieu à une grande grève en 1988.

Elle affirme d'ailleurs que de plus en plus d’employés soutiennent l’organisation d’un tel mouvement.

Le gouvernement persiste

Malgré la grogne, le premier ministre albertain ne cède pas. M. Kenney affirme apprécier le travail des infirmières lors de la pandémie et réitère l’argument de son gouvernement, soit que la profession gagne en moyenne 5,6 % de plus qu’ailleurs au pays.

Selon lui, cette réduction est nécessaire. Le déficit albertain est de 16 milliards de dollars. Nous avons un déficit énorme depuis 10 ans et nous ne pouvons pas continuer comme cela indéfiniment.

Il ajoute qu'il refuse d’augmenter les taxes pour ne pas punir les employés du secteur privé, déjà durement touchés ces derniers mois.

Jason Kenney.

Le premier ministre albertain, Jason Kenney, dit apprécier le travail des infirmières, mais répète que celles-ci gagnent en moyenne 5,6 % de plus que dans les autres provinces.

Photo : La Presse canadienne / Jeff McIntosh

Lori Williams, professeure agrégée en études politiques à l’Université Mount Royal, évoque pour sa part une tactique qui pourrait être vue comme inutilement agressive.

De façon générale, il semble y avoir plus de soutien pour les travailleurs du domaine de la santé que pour la réponse du gouvernement envers ces mêmes employés, croit-elle, faisait référence à la mauvaise relation de la province avec ses médecins, après qu’elle a décidé de mettre un terme à l’accord-cadre et annoncé vouloir mettre à pied jusqu'à 11 000 employés de Services de Santé Alberta (AHS) et privatiser leurs services.

Les négociations entre les infirmières et la province doivent reprendre le 4 août.

Avec les informations de Jennifer Lee

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