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Une sécheresse qui fait mal aux producteurs agricoles québécois

Un champ sec et une ferme.

La sécheresse est à l'origine de nombreuses pertes cette année parmi les agriculteurs québécois.

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

La sécheresse frappe durement les producteurs agricoles cette année. Depuis le début de la saison, près de 4100  avis de dommages ont été enregistrés à la Financière agricole du Québec, soit 1000 de plus qu'à pareille date l'an dernier.

Ces sécheresses ont affecté les récoltes de blé et de soya, une situation similaire à celle vécue dans l'ouest du pays.

Alain Gervais est producteur de grains en Montérégie. Il fait partie de ceux dont les champs ont été touchés par le manque d’eau. Il a perdu son blé.

C’est la première fois que ça m'arrive en 40 ans de carrière, de détruire du blé au mois de juin. Depuis l'année 2000, je n'avais rien réclamé, jusqu'à l'an passé, explique le producteur étonné et inquiet de ses récoltes à venir.

Des sécheresses du mois de juillet et du mois d'août, on est habitué, mais une sécheresse qui commence aux semis et qui perdure dans le temps...

Un homme devant l'étendue d'un champ et de sa ferme.

La sécheresse fait la vie dure aux agriculteurs

Photo : Radio-Canada

À la Financière agricole du Québec, on reçoit un nombre plus important qu'à l'habitude de demandes.

Il y a eu un bon déficit hydrique en début de saison. Présentement, c'est en train de se résorber. L'ouest de la province et le centre sont encore touchés, je dirais Montérégie, Estrie, Outaouais. Mais on a des précipitations qui font en sorte que ça va s'améliorer, explique Annie Flamand, directrice des programmes à la Financière.

À l'Union des producteurs agricoles (UPA), Jérémie Letellier a vu l'ampleur des dommages en Montérégie.

Un homme répond aux questions devant un micro.

Jérémie Letellier, président de la Fédération de l’UPA de la Montérégie.

Photo : Radio-Canada

Voir des champs qui ont poussé tout croche, c'est des conditions qu'on n'a pas souvent à gérer ici. On voit plus cela dans l'Ouest canadien ou le Midwest américain, explique le président de la Fédération de l’UPA de la Montérégie.

Jérémie Letellier n'hésite pas à évoquer les répercussions du réchauffement climatique sur les cultures.

Ça fait longtemps que la science nous dit qu'on va avoir des épisodes climatiques extrêmes. On commence à les vivre, et ce qu'on perçoit actuellement sur le terrain, c'est ce qu'on nous annonçait il y a 10 ou 15 ans. Il faut commencer à s'adapter parce qu'il va y avoir des conséquences à ce qui s'en vient.

Un champ de blé sec.

Le champ de blé sec d'Alain Gervais.

Photo : Radio-Canada

L'ouest du pays aussi durement touché

Dans l'ouest du pays, les producteurs font face à des canicules et à des sécheresses extrêmes.

Au Manitoba, la productrice de sarrasin Anastasia Fyk est aux premières loges pour mesurer l’ampleur du problème. Ce n'est pas juste la sécheresse de cette année, c'est celles de toutes les années précédentes avec cette année. C'est la totalité de tout qui est le plus grave.

Des compensations financières et des modifications au programme d'assurance-récolte ont d'ailleurs été récemment annoncées par le gouvernement fédéral.

Mais il en faudra plus dans les prochaines années pour composer avec les aléas climatiques.

Si la production va en descendant, la couverture ne sera pas adéquate. Oui, il va falloir certaines modifications au cours des ans pour aller chercher une couverture adéquate, remarque Jérémie Letellier.

Quant à Alain Gervais, il a ensemencé un nouveau champ, et il regarde pousser sa future récolte. Un agriculteur est un éternel optimiste... parce que si tu n'es pas optimiste, tu lâches.

Avec les informations de Marie-Isabelle Rochon

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