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« L'anxiété de séparation » provoque des abandons de chiens récemment adoptés

Un chien dans une cage

Ce chien a récemment été ramené au refuge 4Champ Animal Rescue de Sudbury après avoir manifesté un comportement agressif.

Photo : Radio-Canada / Bienvenu Senga

Des refuges d’animaux domestiques s’inquiètent du nombre élevé de chiens qui leur sont confiés ces jours-ci par des citoyens qui se plaignent de récents changements de leur comportement à mesure que progresse le déconfinement.

Les responsables du refuge 4Champ Animal Rescue de Sudbury sont très occupés. Depuis une semaine, on y reçoit en moyenne cinq demandes par jour de citoyens souhaitant se départir de leurs chiens, alors qu'auparavant, il pouvait passer facilement deux semaines sans en recevoir.

Ce sont des chiens qui aboient beaucoup, qui hurlent, qui paniquent et qui causent beaucoup de dégâts dans la maison et quand on vit dans un appartement par exemple, c’est difficile, relate la fondatrice du refuge Heather Watling.

Ces comportements sont symptomatiques de l’anxiété causée par la séparation de leurs maîtres qui commencent de plus en plus à vaquer à d’autres occupations.

Pendant longtemps, les gens restaient à la maison avec leurs chiens toute la journée, et soudainement, il y a une grande transition et les chiens sont laissés seuls pendant huit heures par jour. Les chiens paniquent complètement, explique Heather Watling.

Heather Watling porte un t-shirt rouge

Heather Watling est la fondatrice du refuge 4Champ Animal Rescue dans le Grand Sudbury.

Photo : Radio-Canada / Bienvenu Senga

À Nipissing Ouest, le refuge Pets Need Love 2 remarque la même situation.

Sa fondatrice, Nancy Jennings, avait constaté une nette hausse des adoptions de chiens au début de la pandémie, mais elle craint maintenant que les gens n’aient pas la patience de s’occuper de chiens qui manifestent des changements de comportement.

Ça ne fait que commencer et la situation va certainement empirer.

Une citation de :Nancy Jennings, fondatrice du refuge Pets Need Love 2
Nancy Jennings tient un chat blanc dans ses mains

Nancy Jennings est la fondatrice du refuge Pets Need Love 2 de Nipissing Ouest, qui s'occupe de chats et de chiens.

Photo : Radio-Canada / Bienvenu Senga

Convaincue que certains résidents ne fournissent pas assez d’efforts pour répondre aux besoins de leurs chiens, Mme Jennings croit que si la tendance se maintient, les refuges seront rapidement débordés et le nombre de chiens en situation d’errance augmentera.

Ajuster la routine

La porte-parole de la Société ontarienne de prévention de la cruauté envers les animaux, Kallie Milleman, indique que la meilleure manière d’apaiser les chiens pendant la transition vers le déconfinement, est d’établir une routine.

Elle recommande à leurs maîtres de les initier le plut tôt possible à leurs nouvelle habitudes.

Peut-être parce qu’on est à la maison, on va faire une marche avec le chien six à sept fois par jour alors qu’en réalité, quand on va au travail, on ne le fait que le matin et le soir. Donc il faut penser à ces moments importants et routiniers dans la vie de votre chien et ajustez-les maintenant avant de retourner au travail, fait-elle savoir.

Mélodie Dubuc et la chatte Cléo!

La technicienne vétérinaire Mélodie Dubuc demande aux gens d'établir une routine avec leurs animaux domestiques.

Photo : Radio-Canada / Frédéric Projean

La technicienne vétérinaire Mélodie Dubuc, qui travaille beaucoup avec des chiens manifestant des troubles du comportement, abonde dans le même sens.

Quand on est capable de mettre une routine en place, [...] les animaux vont s’habituer. On peut [par exemple] prendre le temps d’aller prendre une marche sans votre animal, de petites sorties de 15 à 20 minutes graduellement pour habituer l’animal qui n’a jamais été tout seul de sa vie à rester seul.

Une citation de :Mélodie Dubuc, technicienne vétérinaire

Elle propose aussi le recours aux jouets pour garder les chiens stimulés pendant l’absence de leurs maîtres et de leur fournir notamment des objets empreints d’une odeur à laquelle ils sont habitués, comme des vêtements.

Mme Dubuc lance également un appel aux maîtres de chiens à prendre aux sérieux leurs responsabilités.

Souvent, les gens pensent que s’occuper d’un animal, c’est simple. Moi, quand les gens me disent qu’ils ont un nouvel animal, je leur dis : "Félicitations, vous avez un nouvel enfant!" C’est le même niveau de responsabilités. C’est important de regarder si on a le temps et les ressources, note Mme Dubuc.

Pour Mme Jennings, les maîtres de chiens qui éprouvent des difficultés en ce moment devraient reconnaître le réconfort qu’ils leur ont apporté pendant la pandémie, surtout s’ils les ont adoptés récemment.

Ce chien a besoin de vous tout autant que vous aviez besoin de lui. Si vous ne comptez pas garder votre chien pour la vie, n’en cherchez tout simplement pas, ou n’importe quel autre animal, d’ailleurs.

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