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Les travaux à la chute Montmorency font enrager les pêcheurs de saumons

Six hommes posent devant la chute Montmorency.

Un groupe de pêcheurs dénonce l'installation d'une passerelle dans le bassin au pied de la chute Montmorency.

Photo : Radio-Canada / Colin Côté-Paulette

Des pêcheurs s’inquiètent des conséquences de la construction d’une passerelle d’observation au pied de la chute Montmorency. Ils craignent des effets irréversibles sur l’habitat des espèces de poissons, en particulier sur celui du saumon.

Voulant bonifier l’expérience des visiteurs de la chute Montmorency, la Société des établissements de plein air du Québec (SEPAQ) compte aménager quatre tronçons pour mettre en valeur les différents éléments naturels de la chute. C’est pour que les gens puissent bien saisir tout le potentiel de cet environnement-là, explique le porte-parole de la société, Simon Boivin.

Ces jours-ci, la SEPAQ travaille plus particulièrement sur un des éléments phares de ce réaménagement : la construction d’une passerelle semi-submersible près de la chute. Pour réaliser le projet d'un peu plus de 15 millions de dollars, les ouvriers doivent creuser dans le lit de la rivière.

 Passerelle semi-submersible dans le bassin au pied de la chute Montmorency.

Une passerelle semi-submersible sera aménagée dans le bassin au pied de la chute Montmorency.

Photo : Courtoisie SEPAQ

La construction a officiellement commencé l’année dernière. La passerelle devrait être inaugurée à l’été 2022.

Mais tous ne sont pas heureux de voir ces travaux être effectués. Plusieurs pêcheurs habitués de l’endroit s’inquiètent particulièrement pour l’habitat des saumons, qui sont nombreux à s’être installés au pied de la chute, même si la rivière Montmorency n’est pas officiellement considérée comme une rivière à saumons.

Christian Doiron est l’un d’eux. Il s’indigne de voir les modifications apportées au pied de la chute depuis l’an dernier. Lorsque la rivière est à bas niveau, les saumons s’en vont là pour profiter de l’oxygène de la chute. Là, ils ont creusé exactement à cette place-là. Les poissons n’iront plus jamais là, craint-il.

Christian Doiron devant la chute Montmorency.

L'amateur de pêche Christian Doiron se désole de voir le dragage effectué au pied de la chute.

Photo : Radio-Canada / Colin Côté-Paulette

Respect des espèces

Selon la directrice générale de la Fédération québécoise pour le saumon Atlantique, Myriam Bergeron, des impacts sont inévitables lorsqu’une pelle mécanique vient modifier l’habitat d’un poisson. Toutefois, ceux-ci peuvent être limités si les travaux ont bien été réfléchis.

Vous savez, la nature est forte. Si on fait juste penser aux crues printanières, imaginez le nombre de sédiments aussi que ça apporte dans le système. Il suffit de vraiment faire les travaux de la bonne façon, avec un bon suivi, et généralement, les choses se passent bien, explique-t-elle.

Et c’est exactement ce que la SEPAQ assure qu’elle fait. Les travaux ont été autorisés par les autorités environnementales compétentes, souligne Simon Boivin. On fait des travaux qui s’inscrivent à l’intérieur non seulement des méthodes approuvées, mais aussi des calendriers qui font en sorte que l’impact est le plus petit possible, ajoute-t-il.

L’an dernier, au début des travaux, le groupe de pêcheurs avait effectué une plainte similaire. Les travaux avaient été suspendus pour quelques jours, puis avaient repris après que les autorités se sont assurées de leur légitimité.

Aucune consultation

Déjà, depuis le début des travaux, les pêcheurs disent avoir remarqué une différence dans la présence des poissons.

Il y a moins de saumons, moins d'achigans, moins de truites arc-en-ciel, moins de truites de mer, note Gilles Caudal.

Gilles Caudal pose devant la chute Montmorency.

Gilles Caudal pêche au pied de la chute Montmorency depuis son adolescence.

Photo : Radio-Canada / Colin Côté-Paulette

Gilles Caudal pêche au pied de la chute depuis maintenant une cinquantaine d'années. Il estime donc qu'il connaît le secteur comme le fond de sa poche et que lui et les autres pêcheurs auraient dû être consultés par la SEPAQ avant que les travaux ne débutent. On sait où est le poisson, on connaît les fosses. On marche dans la rivière depuis des années. On aurait pu suggérer des tracés peut-être, se désole-t-il.

Avec des informations de Colin Côté-Paulette et Camille Carpentier

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