•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Les feux de forêt menacent la faune, selon des scientifiques

Des arbres de la forêt boréale.

Certaines espèces d'oiseaux préfèrent les forêts boréales plus âgées alors que d'autres ont plus de facilité à vivre dans les forêts immédiatement après un feu.

Photo : offerte par Claire Farrell

Radio-Canada

Certains scientifiques ont des craintes sur la capacité d’adaptation des animaux à l’intensité et à la fréquence accrues des feux de forêt en Ontario.

Plusieurs feux de forêt sont en activité dans le Nord de l’Ontario. L’été 2021 est l'un des pires de la dernière décennie.

Les animaux s’adaptent aux feux de forêt. Certains se réfugient près de plans d’eau et d'autres s'échappent, a déclaré Connie O'Connor, directrice du programme boréal du Nord de l'Ontario pour la Wildlife Conservation Society (WCS) du Canada.

Les étés dans le nord-ouest de l'Ontario deviennent plus chauds et plus secs. Les incendies y sont plus fréquents, plus étendus et plus intenses. Ma crainte, en tant que scientifique de la faune, est que ces incendies atteignent un stade où les animaux ne pourront plus s’y adapter.

L'eau

Selon Mme O'Connor, scientifique aquatique de formation, les poissons doivent eux aussi s’adapter aux feux de forêt.

Les cendres qui vont dans l'eau peuvent même être à long terme un avantage pour les poissons, car elles peuvent augmenter les nutriments dans l'eau.

Cependant, comme les activités industrielles et la construction de nouvelles routes et de barrages continuent de remodeler certaines parties de la forêt boréale et que des températures plus chaudes peuvent faire baisser le niveau de l'eau, il pourrait y avoir une augmentation des mortalités aiguës de poissons, selon Mme O'Connor.

La lutte contre les feux de forêt pourrait également nuire aux poissons, parce que les produits ignifuges sont souvent toxiques et que ces produits en mousse [qui flottent] sur l'eau peuvent bloquer l’entrée d'oxygène [dans le plan d’eau].

La terre

Avant de travailler en recherche sur les feux de forêt, Matt Scrafford était pompier forestier.

Lorsqu’il combattait les feux, il voyait fréquemment des animaux fuir. Des lièvres d'Amérique qui couraient, des cerfs, des tamias, des écureuils... On les voyait fuir les incendies.

Le portrait d'un homme dans la forêt.

Matt Scrafford affirme que les carcajous se livrent une dure bataille pour les territoires habitables.

Photo : offerte par Matt Scrafford

Lorsque des animaux fuient les feux de forêt, ils doivent trouver un nouvel endroit où vivre. Il n'y a vraiment pas beaucoup d'endroits où ces animaux peuvent aller puisque les [environnements en santé] sont déjà occupés par des animaux. Il n'y a pas de territoires vacants.

Si l'on ajoute à cela les perturbations de la forêt boréale causées par l'exploitation forestière, l'exploitation minière et d'autres activités humaines, on obtient des niveaux de perturbation très élevés, ajoute M. Scrafford. Cela crée une concurrence accrue pour des ressources limitées, dit-il.

Par exemple, nous voyons énormément de cas de carcajous avec des yeux manquants, des oreilles manquantes et des côtés du crâne manquants... ils se battent vraiment entre eux [...] pour l'habitat.

Il y a manifestement une relation entre la fréquence accrue des feux de forêt, la gravité de ces feux et certains effets négatifs sur les carcajous, selon lui.

L’air

Selon Claire Farrell, chercheuse associée en conservation à la Wildlife Conservation Society du Canada, la situation est aussi inquiétante pour les oiseaux.

Certaines espèces construisent leurs nids dans des forêts plus vieilles. C’est le cas de la paruline couronnée.

D’autres espèces sont plus prospères sur les terrains qui restent après la fin d’un incendie de forêt, par exemple l'engoulevent, selon Mme Farrell. Elle explique que les engoulevents utilisent les grandes parcelles de forêt brûlées pour y attraper les gros insectes dont ils se nourrissent.

Comme le changement climatique augmente l'intensité et la gravité des incendies de forêt, théoriquement, cela devrait créer plus de peuplements ouverts pour eux, explique-t-elle.

Selon la chercheuse, les habitants des Premières Nations du Nord de l'Ontario ont signalé que de nouvelles espèces ont modifié leur aire de répartition en s'adaptant ou en trouvant de nouveaux habitats et qu'ils ont cessé de voir certaines espèces dont la présence était connue depuis toujours.

Les trois scientifiques s’entendent pour dire qu'il y a encore beaucoup d'inconnues sur la façon dont les changements climatiques, les incendies de forêt et les autres perturbations causées par l'homme affecteront cumulativement la faune de la forêt boréale du Nord de l'Ontario.

C'est quelque chose que nous surveillons de près , ajoute Mme Farrell.

Avec les informations de CBC News

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !