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Les États-Unis menacent les talibans de poursuivre leurs frappes aériennes en Afghanistan

Le général McKenzie devant des drapeaux américain, afghan, anglais, et turque.

Le général Kenneth McKenzie a pris la parole en conférence de presse dimanche, à Kaboul.

Photo : AFP / SAJJAD HUSSAIN

Agence France-Presse

Les États-Unis vont continuer leurs frappes aériennes contre les talibans, si ceux-ci poursuivent l'offensive qu'ils mènent depuis début mai en Afghanistan, a averti dimanche le chef des opérations militaires américaines à Kaboul.

Les États-Unis ont intensifié leurs frappes aériennes en soutien aux forces afghanes ces derniers jours et nous sommes prêts à continuer ce haut niveau de soutien dans les jours à venir, si les talibans continuent leurs attaques, a déclaré le général Kenneth McKenzie, patron du Commandement central de l'armée américaine (Centcom).

Les talibans se sont emparés depuis presque trois mois de vastes portions rurales de l'Afghanistan, à la faveur d'une offensive tous azimuts contre les forces afghanes, coïncidant avec le début du retrait définitif des forces internationales du pays, désormais quasiment achevé.

Les forces afghanes n'ont offert jusqu'ici qu'une faible résistance et ne maîtrisent plus pour l'essentiel que les capitales provinciales et les principaux grands axes.

Le gouvernement d'Afghanistan sera soumis à rude épreuve dans les jours à venir, les talibans tentent de donner un caractère inéluctable à leur campagne. Ils se trompent […] La victoire des talibans n'est pas inévitable

Une citation de :Kenneth McKenzie, patron du Commandement central de l'armée américaine

Nous allons continuer à soutenir les forces afghanes, même après le 31 août, date-butoir annoncée de la fin du retrait des forces américaines, cela se fera généralement depuis l'extérieur du pays. Et cela sera un changement significatif, a poursuivi le général McKenzie.

Il a aussi annoncé qu'après cette date, les États-Unis continueraient de fournir un important soutien logistique, en particulier à l'aviation afghane, en Afghanistan ou sur des bases du Centcom.

En tant que chef du Centcom, qui supervise les activités militaires américaines dans 20 pays du Moyen-Orient et d'Asie centrale et du Sud, le général McKenzie dirige les opérations militaires en Afghanistan depuis la fin des fonctions du commandant des forces américaines dans le pays, le général Austin Scott Miller, le 12 juillet.

Des jeunes enfants afghans regardant l'objectif.

Des enfants de familles afghanes déplacées, provenant des districts de Khan Abad, Ali Abad et Imam Sahib, qui ont fui en raison des combats entre talibans et forces de sécurité afghanes

Photo : AFP

Les États-Unis ont signé en février 2020 à Doha, au Qatar, un accord historique avec les talibans prévoyant le retrait de tous les soldats étrangers d'Afghanistan en échange de la fin des attaques contre les troupes internationales et l'ouverture de négociations directes entre insurgés et autorités de Kaboul.

Un porte-parole des talibans, Zabihullah Mujahid, avait dénoncé vendredi des bombardements aériens barbares menés par les forces d'occupation américaines. Il avait qualifié ces frappes de claire violation de l'accord signé [à Doha] qui aura des conséquences.

Entamés en septembre dernier au Qatar, les pourparlers interafghans n'ont connu aucune avancée, les deux camps s'accusant mutuellement de ne pas vouloir la paix.

Le général McKenzie a toutefois estimé qu'il y a une voie pouvant conduire à une solution politique à cette guerre.

Quelque 150 000 personnes ont fui les combats près de Kandahar

Environ 22 000 familles ont fui leur domicile en raison des combats dans les faubourgs de Kandahar, la grande ville du sud de l'Afghanistan, berceau des talibans qui mènent une vaste offensive dans le pays depuis près de trois mois.

Ces familles ont toutes fui des districts instables des faubourgs ouest, nord et sud de Kandahar, vers des zones plus sûres du centre-ville, a expliqué dimanche Dost Mohammad Daryab, directeur provincial du service des réfugiés, qui dépend du ministère du même nom.

Nous n'avons pu construire que quatre camps pour accueillir ces déplacés dans la ville […] Des hommes d'affaires afghans nous aident pour la nourriture, a souligné M. Daryab.

Ces 22 000 familles représentent environ 150 000 personnes, le bureau national des statistiques estimant qu'en Afghanistan une famille est en moyenne composée de sept personnes.

Quand les combats ont éclaté, mes cousins et moi avons fui avec nos femmes et nos enfants vers le centre de la ville, raconte à l'AFP Hafiz Mohammad Akbar.

Nous vivons désormais à 20 personnes de la même famille dans un endroit qui n'a même pas de toilettes. Je n'ai aucune idée de combien de temps nous allons rester là.

Une citation de :Hafiz Mohammad Akbar, réfugié déplacé

Dans les combats, deux membres de la famille de Khan Mohammed ont été blessés et sont à l'hôpital.

Je n'aurais jamais imaginé que cela puisse nous arriver. Si [les forces afghanes et les talibans] veulent se battre, qu'ils aillent dans le désert. Ils ne devraient pas détruire la ville. Celui qui gagnera ne peut pas régner sur une ville fantôme, s'insurge-t-il.

Un homme est posté derrière une mitrailleuse au sommet d'une colline.

Un combattant d'une milice afghane surveille l'avancée des talibans dans le district de Charkint, dans le nord-est de l'Afghanistan.

Photo : Getty Images / Farshad Usyan / AFP

Selon le vice-gouverneur de la province de Kandahar, Lalai Dastageeri, les combats continuent dans les faubourgs sud, nord et ouest de Kandahar.

La négligence de certaines forces de sécurité […] a ouvert la voie aux talibans, leur permettant de s'approcher aussi près, a-t-il accusé, indiquant que les autorités provinciales étaient en train de réorganiser l'ensemble des forces de sécurité.

Les talibans enhardis par le retrait des Américains

Kandahar, qui compte plus de 650 000 habitants, est la deuxième ville du pays, loin derrière Kaboul. Les talibans en avaient fait l'épicentre de leur pouvoir lorsque leur régime, basé sur une interprétation ultrarigoriste de l'islam, a régné sur l'Afghanistan entre 1996 et 2001.

Chassés du pouvoir par une coalition internationale menée par les États-Unis après leur refus de livrer Oussama ben Laden, chef d'Al-Qaïda, dans la foulée des attentats du 11 septembre 2001, ils mènent depuis 20 ans une insurrection contre les autorités de Kaboul soutenues par la communauté internationale.

En mai, ils ont lancé une offensive contre les forces afghanes, à la faveur du retrait des forces internationales du pays, et se sont emparés de vastes territoires ruraux, se rapprochant de plusieurs capitales provinciales.

Une mère et son fils passent devant une file d'hommes attendant de demander leur passeport.

La file d'attente s'allonge pour soumettre sa demande de passeport, devant les bureaux de l'immigration, à Kaboul.

Photo : AFP / Sajjad Hussain

Après une accalmie relative sur le terrain durant les trois jours de l'Aïd el-Adha, la fête musulmane du Sacrifice commencée le 20 juillet, les autorités afghanes ont annoncé avoir lancé de multiples opérations militaires depuis vendredi dans une quinzaine de provinces pour tenter de reprendre du terrain.

Un correspondant de l'AFP a signalé samedi que des opérations de l'armée étaient en cours dans la province septentrionale de Kunduz.

Roquettes et couvre-feu

Le ministère de la Défense a annoncé vendredi que l'armée avait repris un important district de la province occidentale d'Hérat, frontalière de l'Iran.

Les autorités afghanes ont décrété samedi un couvre-feu nocturne sur l'ensemble du territoire, à l'exception de trois provinces, dont celle de Kaboul.

Parallèlement, elles ont annoncé dimanche l'arrestation de quatre personnes, présentées comme des talibans impliqués dans l'attaque à la roquette contre le palais présidentiel, le 20 juillet, dont le cerveau de l'opération.

Trois roquettes avaient été tirées pendant que le chef de l'État et des hauts responsables priaient dans le jardin du palais, au premier jour de l'Aïd el-Adha.

Les roquettes, dont une n'a pas explosé, avaient atterri dans un rayon d'un km de la présidence, sans la toucher.

Un commandant taliban, nommé Momin, est l'un des principaux organisateurs de l'attaque à la roquette […] Il a été arrêté avec trois de ses hommes. Tous appartiennent aux talibans, a indiqué dimanche le porte-parole du ministère de l'Intérieur, Mirwais Stanikzai.

Le groupe État islamique (EI), rival des talibans, avait revendiqué ces tirs, mais le gouvernement afghan attribue régulièrement aux talibans des attaques revendiquées par l'organisation djihadiste.

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