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Un camp pour perpétuer les savoirs autochtones

Hayden Blackbird avec des tipis derrière.

Hayden Blackbird, 13 ans, est l'un des jeunes participants du camp de la Nation crie Beardy's et Okemasis. Il a notamment appris à débiter un orignal.

Photo : CBC/Guy Quenneville

Radio-Canada

La Nation crie Beardy’s et Okemasis, une Première Nation située près de la petite ville de Duck Lake, à environ 85 kilomètres au nord de Saskatoon, a organisé la semaine dernière un camp où les jeunes pouvaient développer des savoir-faire traditionnels.

Jeudi dernier, Ryan Caron, l’un des organisateurs, était ému de voir une douzaine de jeunes de la Première Nation apprendre par exemple à débiter un orignal ou à ériger un tipi.

Ryan Caron travaille en soutien aux parents pour les Services de santé Willow Cree, où il cherche à donner aux jeunes des occasions d’apprendre, en vertu du principe de Jordan.

Nommé en mémoire de Jordan River Anderson, le principe de Jordan vise à assurer que les enfants autochtones reçoivent des soins et une éducation de la même qualité que les autres enfants au pays.

Chaque année, le gouvernement fédéral finance des activités et des projets qui répondent au principe de Jordan. Le camp de la Nation crie Beardy’s et Okemasis est l'un d'entre eux.

Les leçons du camp visent à renforcer l’esprit d’équipe et le sens de la filiation des jeunes autochtones, et à assurer la passation des habiletés et savoirs ancestraux d’une génération à l’autre.

Des tipis dans un champ.

Les familles pouvaient passer la nuit dans un tipi qu'elles avaient elles-mêmes appris à construire.

Photo : CBC/Guy Quenneville

Ryan Caron souligne que lui-même, après avoir vécu en ville pendant des années, en connaissait bien peu sur sa propre culture. C’est lorsque ses enfants ont montré de l’intérêt pour les savoirs traditionnels qu’il a réalisé l’importance de la préserver, raconte-t-il.

Une culture à se réapproprier et à transmettre

Pour la première fois en trois ans, la communauté a pu tenir un camp de ce type. Celui de cette année se déroulait dans un large champ, propriété de la famille de Hal Anderson, agent de soutien aux ressources culturelles qui a aidé à organiser l’événement.

Nous voulons vraiment reconnaître notre terre et mettre l’accent sur sa beauté, a souligné Hal Anderson jeudi, en ajoutant que certaines personnes habitent à seulement cinq minutes d’ici, et étaient ébahies de voir ce genre de paysage.

Jeudi, Janelle Sutherland, co-organisatrice du camp et coordonnatrice pour le Programme d'action communautaire pour les enfants, cueillait des baies et distribuait des glaçons afin de rafraîchir les participants sous un soleil de plomb.

Une main contenant des petits fruits.

La cueillette fait partie de la vie en nature au camp.

Photo : CBC/Guy Quenneville

Se disant émue de pouvoir embrasser librement sa culture, elle était ravie de la partager avec les plus jeunes. Ce sont eux qui perpétueront toutes ces traditions, a-t-elle souligné.

Le jeune Hayden Blackbird, 13 ans, suivait les instructions du chasseur Conway Katcheech pour découper un orignal abattu le matin même.

C’était une première expérience pour le jeune garçon, qui a ensuite indiqué combien il avait désormais plus confiance en lui. Je suis vraiment fier de pouvoir faire ce genre de choses, a-t-il déclaré.

Plus tard, ce même orignal serait utilisé pour enseigner aux jeunes à couper et à préparer des bandes de viande séchée, sous l’oeil avisé de l’instructrice en sécurité alimentaire Jennifer Cameron. Elle-même a été initiée à ces connaissances par un aîné d’une autre Première Nation.

J’ai certains élèves de 11 ans qui le font maintenant régulièrement, se félicite-t-elle.

L’un des tipis était réservé à des mentors plus âgés qui, par exemple, montraient aux jeunes des jeux traditionnels.

Leo Gamble, assis, un jeune devant lui.

Les jeunes ont pu découvrir des jeux traditionnels.

Photo : CBC/Guy Quenneville

Leo Gamble, 54 ans, était l’un de ceux-là. Lui-même fils d’anciens élèves du pensionnat pour Autochtones St. Michael, près de Duck Lake, il raconte avoir dû renouer avec sa culture autrement que par ses parents, qui n’avaient que très peu de connaissances au sujet de leurs traditions, voire pas du tout.

Maintenant, il cherche à transmettre cet enseignement.

Ce que nous faisons au camp aujourd’hui est une preuve de la résilience de notre culture, souligne-t-il.

Avec les informations de Guy Quenneville

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