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Une longue route attend Toronto avant une reprise complète du secteur touristique

Vue sur la silhouette des gratte-ciel de Toronto. Tour CN et Centre Rogers.

Les pertes économiques liées au secteur touristique s'élèvent déjà à plus de 8 milliards de dollars à Toronto.

Photo : Radio-Canada / Matéo Garcia-Tremblay

Les activités de loisir reprennent enfin dans la Ville Reine, après des mois de fermeture. Avec elles, la saison touristique peut aussi se remettre en marche. Mais le rétablissement de l'industrie, lui, sera long.

Après la réouverture en grande pompe de la célèbre Tour CN de Toronto, c'était au tour de l'aquarium de Ripley de rouvrir ses portes samedi, après huit mois de fermeture. On espère que les résidents de l'aquarium sont aussi excités que nous à l'idée de recevoir à nouveau des visiteurs, dit le directeur général Peter Doyle.

Ça fait du bien, on se sent normaux à nouveau... Pas vrai les garçons, on peut enfin refaire des activités ensemble?, s'exclament Jam et Mary Strapovoulos en se tournant vers leurs deux petits-fils.

Ils vont faire le tour des activités touristiques de la Ville Reine cette fin de semaine pour se donner un léger sentiment d'être touriste dans leur propre ville.

Un couple avec deux petits garçons.

Jam et Mary Strapovoulos et leurs deux petits-fils.

Photo : Radio-Canada

Cette année, c'est un tourisme intérieur qui vient profiter de la métropole ontarienne. La reprise est bel et bien amorcée, mais elle est lente, rappelle Frédéric Dimanche, directeur de l’École Ted Rogers en gestion du tourisme et de l'hôtellerie à l’Université Ryerson.

D'une part, les gens ont besoin de reprendre confiance avec le fait de voyager, de se retrouver dans des milieux urbains où il y a plus de monde, que ce soit dans des restaurants ou des attractions. D'autre part, il y a aussi encore des contraintes pour les voyages, même au Canada.

Une citation de :Frédéric Dimanche, directeur de l’École Ted Rogers en gestion du tourisme et de l'hôtellerie à l’Université Ryerson

L'ouverture prochaine des frontières aux Américains viendra bientôt donner un coup de pouce non négligeable au secteur touristique.

Frédéric Dimanche, dans un couloir avec des étudiants assis à des tables en arrière-plan.

Frédéric Dimanche, directeur de l'École de Tourisme de l'Université Ryerson

Photo : Radio-Canada

Les touristes américains sont ceux qui ont le plus gros impact financier; ils viennent, ils sont nombreux, ils dépensent, plus que ne le feraient les touristes canadiens à Toronto, souligne-t-il.

Près de 70 % des arrivées provenaient des États-Unis avant la pandémie.

Nous comptons sur cette frontière pour le tourisme, car il y a beaucoup de gens d’affaires américains qui viennent ici.

Une citation de :Christopher Bloore de l'Association de l'industrie touristique de l'Ontario
Christopher Bloore de l'Association de l'industrie touristique de l'Ontario

Christopher Bloore de l'Association de l'industrie touristique de l'Ontario

Photo : Radio-Canada

Toronto accueille aussi de nombreux touristes venus rendre visite à leur famille et à leurs amis. Il ne faut pas oublier que Toronto est une ville très multiculturelle, plus de 50 % des gens ici sont nés à l’étranger et tout ça, ça génère un tourisme de diaspora, d’amis, de familles qui viennent pour rendre visite à leurs proches, rappelle M. Dimanche.

Les voyages d'affaires, grand atout torontois

Mais Toronto est surtout connue pour être l'une des destinations phares pour les voyages d'affaires. Il y a des réunions, des congrès, des conférences ici, et c'est une part très importante de l'économie globale du tourisme dans la ville, indique Andrew Weir, de Destination Toronto.

Même si le gouvernement fédéral a annoncé l'ouverture des frontières aux touristes étrangers pleinement vaccinés en septembre, pour le moment ces voyages d'affaires n'ont pas repris, et ne semblent pas près de reprendre rapidement. Si on devait avoir des conférences l'an prochain, le travail aurait déjà commencé maintenant, les réservations aussi, et ce n'est pas le cas, souligne-t-il.

Vue aérienne de l'aquarium de Ripley au centre-ville de Toronto.

L'aquarium de Ripley à Toronto

Photo : Radio-Canada / Marjorie April

Pour le moment, la reprise s’annonce difficile jusqu’en 2022. Nous n’avons pas été en mesure d’encourager les gens à organiser des événements et sans ces voyages d’affaires ça va être très difficile pour Toronto de retrouver ces chiffres prépandémie, indique de son côté Christopher Bloore.

L'industrie a déjà perdu huit milliards de dollars en un an, et il faudra probablement quatre ans pour retrouver les niveaux prépandémie. Je soupçonne que les pertes économiques dépasseront les 10 milliards de dollars au moment où nous quitterons la troisième étape de déconfinement, ajoute M. Bloore.

Un plus long rétablissement pour les grandes villes

Pour les grands centres urbains, le rétablissement sera probablement encore long, estime Andrew Weir, de Destination Toronto.

Nous avons remarqué que les gens préfèrent aller vers les zones plus rurales, dans des centres de villégiature, faire des escapades dans la nature et s'éloigner de la ville, constate-t-il.

La Tour CN et l'aquarium de Ripley sont des attractions touristiques très populaires à Toronto.

La Tour CN et l'aquarium de Ripley sont des attractions touristiques très populaires à Toronto.

Photo : Radio-Canada / Marie-Hélène Ratel

D'ordinaire, c'est l'effervescence d'une ville comme Toronto qui vend. Le charme d'une métropole, ce sont les salles de concert, les spectacles, les restaurants. Et donc, des espaces souvent plus restreints, ajoute M. Weir.

Même si ces loisirs rouvrent petit à petit, c'est de façon bien différente. Il ne faut pas oublier qu’il y a encore des limites d’accueil dans les espaces fermés, qui empêchent certains secteurs de reprendre totalement, pointe Christopher Bloore.

En chiffres

  • L'industrie du tourisme et de l'hôtellerie a perdu 8 milliards de dollars en 15 mois
  • Elle continue de perdre 650 millions de dollars chaque mois, tant qu'il y a des restrictions
  • En 2019, Toronto a accueilli environ 28 millions de visiteurs

Source : Destination Toronto

Un tourisme plus local

Selon Frédéric Dimanche, il ne fait aucun doute que le tourisme va ressortir fondamentalement changé de cette pandémie.

La façon dont on voyage représente beaucoup d'inconnus présentement : est-ce que mon vol de retour va être annulé, est-ce que je vais pouvoir faire un test PCR dans le pays dans lequel je suis, etc. Tout ça, ça met des contraintes qui sont difficiles à gérer et qui vont peut-être ralentir les ardeurs pour voyager, tout en profitant au tourisme intérieur.

Les Canadiens vont sans doute voyager un peu plus au sein de leur propre pays, en attendant que les voyages à l’international deviennent plus simples. L'appétit pour le voyage, même lointain, ne disparaîtra pas, mais cette motivation à chercher l'ailleurs est mitigée pour le moment, dit-il.

Andrew Weir de Destination Toronto

Andrew Weir de Destination Toronto

Photo : Radio-Canada

Destination Toronto s’affaire donc à promouvoir le tourisme local. Mais on restera loin des 28 millions de visiteurs qu’on a d’habitude, prévient M. Bloore.

Il estime toutefois que dès que la troisième étape de déconfinement sera terminée, les réservations dans les installations touristiques reprendront de plus belle.

Cet été, la métropole ontarienne devra beaucoup miser sur le tourisme intérieur pour se remettre d'aplomb.

Et ça commence par nous, dit M. Weir. Selon lui, il ne fait nul doute que les Torontois sont les meilleurs ambassadeurs de leur ville.

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