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En mal de main-d'œuvre, les entrepreneurs beaucerons lancent un cri du cœur

Un travailleur entretient des cèdres.

Il manque plusieurs travailleurs étrangers à l'entreprise Cèdres de Beauce, même si les contrats ont été signés il y a plusieurs mois.

Photo : Radio-Canada / Marc-André Turgeon

Une cinquantaine d’entrepreneurs de la Beauce lancent un cri du cœur. Aux prises avec une pénurie de main-d'œuvre criante, ils réclament des assouplissements d'Ottawa pour accélérer l'octroi de permis de travail saisonniers aux employés étrangers.

En pleine haute saison, les affaires pourraient certainement mieux aller chez Cèdres de Beauce à Saint-Isidore. Seulement 9 des 15 travailleurs étrangers attendus par l’entreprise sont arrivés. Le gouvernement fédéral tarde à allouer aux travailleurs les permis nécessaires pour entrer au Canada.

Cette entreprise de production de cèdres à haie produit généralement 350 000 cèdres sur une période de 6 ans. La présence des travailleurs étrangers est donc essentielle pour assurer l’exécution des commandes, mais aussi l’entretien de la cédrière (plantation, désherbage, fertilisation, etc.).

Si ces choses-là ne sont pas faites au bon moment, ça va affecter nos inventaires pour les prochaines années, affirme le propriétaire, Alain Jacques.

Sa fille, Noémie Jacques, souhaite reprendre l’entreprise paternelle avec son frère dans les prochaines années. Mais chaque jour depuis son arrivée au sein de l’entreprise, elle s’inquiète de voir les conséquences néfastes de la pénurie de main-d'œuvre.

Quand on est la relève et qu’on reprend quelque chose, on a l’intention de faire encore mieux que ce qui était avant. Ça va être une impossibilité, dans notre cas, parce qu’une entreprise ne peut pas prendre de l’expansion sans avoir d’employés pour faire le travail.

Une citation de :Noémie Jacques

Chez Cèdres de Beauce, le manque de main-d'œuvre entraîne, cette année, une perte estimée à 30 % du chiffre d'affaires. Alain et Noémie Jacques ne sont pas les seuls à vivre cette situation.

Alain Jacques pose devant des plantations de cèdre.

Alain Jacques doit composer depuis plusieurs années avec un important manque de main-d'oeuvre qui l'empêche de développer son entreprise.

Photo : Radio-Canada / Marc-André Turgeon

Au Groupe Ferti à Sainte-Marie, Rémi Breton a fait une demande en juillet 2020 pour accueillir 21 travailleurs étrangers cet été. Les travailleurs arrivent finalement au compte-goutte et seulement 16 d’entre eux sont aujourd’hui sur place. On se sent désorganisés. On ne travaille pas en planification, on travaille toujours en réaction, déplore le propriétaire Rémi Breton.

Des solutions

Les propriétaires de Cèdres de Beauce et du Groupe Ferti font partie des 50 entrepreneurs beaucerons signataires d'une lettre ouverte destinée au premier ministre, Justin Trudeau. Ils exigent qu'Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada (IRCC) accélère le dossier des travailleurs étrangers.

Selon la directrice générale de la Chambre de commerce et d'industrie de Nouvelle-Beauce, le faible taux de chômage de la région n'aide pas. Avec un taux de chômage de 3,8 %, tous ceux qui peuvent travailler le font, affirme Nancy Labbé.

Nancy Labbé assise à son bureau d'ordinateur.

Nancy Labbé est directrice générale de la Chambre de commerce de la Nouvelle-Beauce.

Photo : Radio-Canada / Nicole Germain

La chambre de commerce croit donc que le recours à l’aide extérieure est nécessaire. Nancy Labbé estime que l’amélioration du processus d’octroi des permis pour les travailleurs étrangers est une des solutions à privilégier pour contrer la pénurie de main-d'œuvre.

Problème avant la pandémie

Selon le député conservateur de la Beauce, Richard Lehoux, les délais d’attente pour l’obtention des permis existaient bien avant la pandémie.

Il affirme avoir interpellé le gouvernement à plusieurs reprises à ce propos. Le député estime que plusieurs entreprises risquent de se perdre et de disparaître dans la complexité du processus d'embauche de la main-d'œuvre étrangère.

Richard Lehoux en entrevue à Radio-Canada.

Le député conservateur Richard Lehoux estime que les problèmes de traitement des demandes pour des travailleurs étrangers datent de plusieurs années.

Photo : Radio-Canada

Il y en a qui pensent à déménager de l’autre côté de la frontière. Faut pas oublier qu’ici, en Beauce, on est limitrophe aux États-Unis. Qu’est-ce que le gouvernement attend pour faire quelque chose dans ce dossier-là?, s’inquiète-t-il.

Il souhaite donc des actions rapides pour éviter un exode des petites et moyennes entreprises du secteur.

Par communiqué, le cabinet du ministre de l’Immigration, des Réfugiés et de la Citoyenneté maintient avoir autorisé la venue de 14 000 travailleurs étrangers temporaires au Québec depuis le début de l'année. Nous sommes en voie d'atteindre un nombre record d’ici la fin de l’année, précise l'IRCC.

Nous avons récemment introduit [sic] une nouvelle voie à la résidence permanente pour les travailleurs essentiels [...] ce qui les aidera à apporter des contributions encore plus importantes aux entreprises du Canada, indique le communiqué. La porte est ouverte, Québec souhaite y participer.

Avec des informations de Marie-Pier Mercier et Camille Carpentier

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