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La confusion sur la frontière canado-américaine, un obstacle à la relance du tourisme

Un homme regarde au loin sur un belvédère.

Le belvédère de Nipigon est une attraction touristique importante dans la région.

Photo : Suzanne Kukko

De nombreuses entreprises touristiques du Nord de l’Ontario qui comptaient bientôt retrouver leurs clients américains habituels disent avoir du mal à les attirer à nouveau. Plusieurs d’entre eux sont incertains en raison des règles qui seront en vigueur à la frontière dès le 9 août, car même si le Canada admettra les Américains entièrement vaccinés, la mesure n’a pas été suivie par la réciproque par les États-Unis.

Ryan Runge, propriétaire de camps de chasse et de pêche dans la région de Sioux Lookout, dit avoir appris avec grande joie la semaine dernière que les touristes américains entièrement vaccinés pourraient de nouveau venir au Canada.

La fermeture de la frontière en mars 2020 l’a privé de plus de 90 % de sa clientèle habituelle. 

Il mesure maintenant l’ampleur du défi.

En temps normal, nous commençons notre planification à partir de l’automne jusqu’en mai. On a tout ce temps pour préparer ce dont les visiteurs auront besoin [...], mais là, j’ai trois semaines pour m’assurer que mes 10 pavillons soient prêts, indique-t-il. 

Plusieurs des clients qui n’avaient pas encore annulé leur réservation veulent toujours venir, ajoute Ryan Runge, qui dit toutefois se heurter à un problème qu’il n’avait pas prévu dans le recrutement de touristes américains.  

Si le Canada a choisi d’assouplir les restrictions à la frontière terrestre dès le 9 août, les États-Unis, eux, les ont prolongées jusqu’au 21 août

J’ai reçu plein d’appels de clients qui ne pensent pas qu’ils ont le droit de venir. Il y a beaucoup de confusion. C’est un énorme obstacle, déplore-t-il.

Une femme en entrevue

Laurie Marcil est la directrice générale de l'organisme Nature and Outdoor Tourism Ontario.

Photo : Radio-Canada / Mathieu Grégoire

La directrice générale de l’organisme de promotion du tourisme Nature and Outdoor Tourism Ontario, Laurie Marcil, confirme que de nombreuses pourvoiries dans le Nord de l’Ontario sont confrontées au même problème.

Certains Américains ont d’ailleurs déjà annulé leur réservation dans des établissements canadiens, après avoir appris que les États-Unis n’assoupliraient pas leurs mesures à la frontière.

Nous avons besoin d’une meilleure communication au sujet de la frontière. Que ce soit le gouvernement américain et ou canadien, on a besoin de clarté des deux côtés [...], explique Mme Marcil.

Nous avons besoin que [les Américains entièrement vaccinés] comprennent que notre frontière canadienne sera ouverte pour eux pourvu qu’ils remplissent toutes les conditions et suivent toutes les consignes. Ce sont les Canadiens qui ne pourront toujours pas entrer aux États-Unis.

Une citation de :Laurie Marcil, directrice générale de Nature and Outdoor Tourism Ontario

L’organisme multiplie d’ailleurs les communications à cet effet sur les réseaux sociaux.

Plusieurs touristes américains posent aussi de nombreuses questions notamment sur les tests de dépistage qui seront menés de façon aléatoire sur des passagers aux douanes, relatent Ryan Runge et Laurie Marcil, qui souhaitent que le gouvernement canadien apporte plus de précisions à ce sujet.

Le personnel difficile à recruter

Certaines entreprises touristiques disent aussi avoir du mal à recruter du personnel pour reprendre pleinement leurs activités. 

Susan Crane, propriétaire de la pourvoirie Crane’s Lochaven Lodge, dans la région de Rivière des Français, avait réduit son personnel l’an dernier pour éviter d’avoir plus d’employés qu’elle n’en avait besoin étant donné le faible nombre de clients.

[Le recrutement] est notre priorité en ce moment. Ce n’est pas facile.

Une citation de :Susan Crane, propriétaire de Crane’s Lochaven Lodge

Nature and Outdoor Tourism Ontario ainsi que d’autres organismes du secteur touristique ont créé un programme de formation accéléré du personnel qui devrait permettre, selon Laurie Marcil, de combler la demande de main-d'œuvre, qui se faisait déjà beaucoup sentir même avant la pandémie.

Les programmes d’aide financière du gouvernement comme la Subvention salariale d’urgence ont été une bouée de sauvetage pour plusieurs entreprises l’an dernier, mais maintenant, les employés qui revenaient chaque année ont fini par aller chercher autre chose. C’est un vrai défi, fait-elle savoir. 

À cause des informations qui circulent sur les gros défis qu’éprouve le secteur touristique, certains anciens employés se sont réorientés vers d’autres domaines.

Une citation de :Laurie Marcil, directrice générale de Nature and Outdoor Tourism Ontario

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