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Des fermiers manitobains jugent l’aide fédérale annoncée insuffisante

Un tracteur dans un champ asséché.

La sécheresse nuit à la production agricole au Manitoba.

Photo :  CBC / Cameron MacIntosh

Radio-Canada

L’aide financière gouvernementale annoncée aux agriculteurs aux prises avec la sécheresse ne sera pas suffisante pour éviter aux producteurs de bétail de vendre leur troupeau, selon un couple de fermiers manitobain.

Je ne pensais jamais que ça deviendrait si difficile que ça ici, mais c’est une situation catastrophique, indique Aaron Osioway.

En conférence de presse à Winnipeg jeudi, la ministre fédérale de l’Agriculture, Marie-Claude Bibeau, a annoncé un certain nombre de programmes destinés à aider les agriculteurs, notamment un report de l’impôt lié à la vente des bêtes des producteurs qui sont obligés de vendre une partie de leur troupeau en raison de la sécheresse.

Les producteurs d’aliments pour bétail qui sont assurés pourront aussi recevoir 44 $ supplémentaires par tonne pour compenser le coût des aliments qu’ils doivent acheter et du transport.

Selon April Osioway, ces annonces ne se traduisent pas en aides nouvelles pour les fermiers, mais sont seulement des ajustements à certains programmes existants.

C’est une solution de fortune à un vieux programme. Ça n’aide pas tous les fermiers. Les gens n’assurent typiquement pas leurs terres à fourrage, parce que ça coûte trop cher et que les dédommagements ne sont pas assez élevés, explique-t-elle.

Son mari ajoute que le plus gros défi des producteurs de bétail réside dans les coûts de transport pour acheminer du fourrage des autres provinces, à plus forte raison parce que la Saskatchewan est aussi touchée par la sécheresse.

Mercredi, le marché aux enchères d’Ashern a tenu une vente de bétail d’urgence, un événement exceptionnel aussi tôt dans l’année, selon le président de Keystone Agricultural Producers, Bill Campbell.

Des agriculteurs avaient les larmes aux yeux, raconte April Osioway.

Des options limitées

Selon Bill Campbell, les options pour venir en aide aux fermiers luttant pour nourrir leur troupeau sont limitées. Il ajoute que l’avantage majeur de la visite de la ministre Bibeau est de lui avoir permis de constater de ses propres yeux la situation à laquelle les fermiers font face.

De son côté, Matthew Atkinson, un producteur de bovins de Neepawa qui siège au conseil d’administration du regroupement de producteurs Manitoba Beef Producers, se réjouit que la ministre ait fait le voyage dans la province, mais il souligne que les problèmes des fermiers ne sont pas récents.

Il explique que le fourrage qu’il récolte de ses champs est en déclin depuis des années. Ce qui n’est pas compromis par la sécheresse est dévoré par des colonies de sauterelles, précise-t-il.

Je m’attends généralement à récolter de 275 à 350 ballots, en moyenne, par année. Ces dernières années, j’en suis à une moyenne d’environ 140 ballots. Une année comme celle-ci, j’en ai 52.

Cette récolte réduite lui coûte plus cher à produire, ce qui le force à augmenter ses prix aux fermiers ayant désespérément besoin de se procurer du fourrage.

Habituellement, à ce moment de l’année, la famille Osioway est occupée à couper le foin, à le mettre en ballots et à ratisser la terre. Cette année, les Osioway passent leurs journées à apporter de l’eau à leurs bêtes, le marais au milieu de leur terrain s’étant asséché.

Bill Campbell fait remarquer que la seule chose qui aiderait véritablement les agriculteurs est hors du contrôle des humains : la pluie.

Avec des informations de Cameron MacLean

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