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Les traiteurs du Québec tapent du pied

Les limites de clients dans les salles de réception les empêchent de faire de bonnes affaires.

Un buffet.

Les traiteurs du Québec craignent pour leur survie.

Photo : iStock

Radio-Canada

Des traiteurs du Québec estiment que les règles sanitaires qui s'appliquent dans le cadre de leurs activités sont injustes parce qu'elles sont plus restrictives que celles en vigueur dans d'autres milieux comme les restaurants. Ils craignent pour la survie de leurs entreprises si la capacité d'accueil des clients n'est pas bientôt revue à la hausse.

Selon les règles de la santé publique, un maximum de 25 personnes peuvent se rassembler dans une salle intérieure pour participer par exemple à une réception de mariage, alors que dans les restaurants, la capacité d'accueil peut être plus importante en fonction de la superficie. De ce fait, les réservations sont au ralenti.

C'est injuste, dit Chantal Dufort, propriétaire de DuFort Traiteur à Repentigny. On dirait que c'est toujours nous autres, le bouc émissaire!, déplore-t-elle. Ça nous choque un peu. On sait très bien que nous, les traiteurs, on va être les derniers à pouvoir opérer de façon normale.

Avec les règles actuelles, la pérennité de son entreprise est en jeu. C'est sûr que de recevoir 25 personnes ici, ce n'est pas rentable. Quand j'ai calculé le personnel, les denrées, l'emplacement… c'est vraiment pas rentable, conclut-elle. Mme Dufort demande à Québec de lâcher du lest. Selon elle, la capacité d'accueil dans les salles de traiteurs devrait être au moins de 50 personnes, comme l'été dernier.

Moi, mon inquiétude, c'est qu'on a encore des réservations pour le mois d'août et le mois de septembre […] Ça fait que là, si ça continue, je vais devoir tout canceller tous ces gens-là.

Une citation de :Chantal Dufort, propriétaire de DuFort Traiteur

Ginette Lanoue, cheffe propriétaire d'Artoun Traiteur, à Candiac, partage les mêmes inquiétudes.

Je vois l'automne qui s'en vient, je vois les Fêtes qui s'en viennent… On a déjà perdu le temps des Fêtes l'année dernière, il ne faudrait pas qu'on en perde une deuxième, prévient-elle. Parce que moi, novembre et décembre, c'est 40 % de mon chiffre d'affaires annuel.

Par ailleurs, les deux traiteurs, comme bien d'autres, sont confrontés à une pénurie de main-d'oeuvre.

Des événements plus propices aux rapprochements

Dans un courriel, le ministère de la Santé et des Services sociaux affirme comprendre l'impatience des traiteurs et explique que les groupes sont limités à 25 personnes à l'intérieur parce que les événements privés à caractère social ou événementiel dans les salles louées sont plus propices aux rapprochements.

Professeure au Département de biochimie et médecine moléculaire à l'Université de Montréal, Nathalie Grandvaux croit que la nature des événements soulignés dans ces salles joue contre les traiteurs,

Dans le cas des mariages, illustre-t-elle, les gens vont vouloir se féliciter, se prendre dans les bras […] Les gens ne sont pas statiques et sans contact, donc ça fait une différence dans la capacité de transmission, et je pense que c'est cet élément-là qui a été déterminant pour la santé publique, explique-t-elle.

Les traiteurs devront encore attendre. Leur capacité augmentera peut-être à partir du 1er septembre, date à laquelle le gouvernement envisage d'avoir recours au passeport vaccinal.

D'après les reportages de Mélissa François et Éric Plouffe

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