•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

La berce du Caucase perd du terrain dans Chaudière-Appalaches

Un homme en combinaison blanche, avec des gants aux mains et une visière en plexiglas est au milieu d'un fossé très touffu et tient un plant de berce du Caucase dans ses mains.

Pour arracher un plant de berce du Caucase, il est essentiel de prendre beaucoup de précautions afin d'éviter tout contact avec la sève.

Photo : Radio-Canada / Vincent Pichard

L’offensive contre la berce du Caucase dans Chaudière-Appalaches porte ses fruits, mais la lutte n’est pas terminée. Cette plante nocive et envahissante est toujours présente dans la région.

La guerre contre la berce du Caucase dans Chaudière-Appalaches a débuté en 2014, dans le secteur des Etchemins. Elle s’est intensifiée il y a trois ans, lorsque les neuf bassins versants de la région ont lancé une opération commune.

Leur plan d’action consistait (et consiste encore) à repérer les zones les plus infestées, à se rendre sur place et à déterrer chaque plant avant qu’il ne produise de nouvelles graines qui, une fois en terre, se développeront.

Grâce à l'implication de la population

Ce procédé a permis de localiser les endroits où prolifère cette espèce exotique, mais il a ses limites.

Nous fonctionnons à partir des signalements qui nous proviennent des municipalités et des citoyens. Nous avons donc un portrait social, et non scientifique, de la présence de la berce du Caucase dans Chaudière-Appalaches, admet Véronique Brochu, la directrice du Comité de bassin de la rivière Chaudière (COBARIC).

Néanmoins, tous ces efforts n’ont pas été vains.

Depuis 2018, nous avons arraché 200 000 plants de berce du Caucase. Et depuis 2018, la berce du Caucase décroît dans la région, révèle Mathieu Provost, chargé de projets au COBARIC.

Mois de floraison

Les signalements affluent en ce moment au comité. Juillet est le mois de l’année où la plante est en fleur et où elle est la plus reconnaissable. Malgré tout, tous les signalements ne sont pas pertinents.

Un signalement sur 10, 15, voire 20, est réellement de la berce du Caucase. Les gens la connaissent de plus en plus et sont sensibilisés à ses dangers. Maintenant, il faut les sensibiliser à ce qui n’est pas de la berce du Caucase, souligne Mathieu Provost.

Celui-ci indique que la plante est toujours concentrée au sud de L’Islet, le long de la rivière Boyer, et dans la ville de Lévis en plus d’être disséminée ici et là sur le territoire, majoritairement dans les endroits frais et humides.

Une carte de la région Chaudière-Appalaches avec des points rouges ici et là.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Le Comité de bassin de la rivière de Chaudière a recensé les endroits où la berce du Caucase a été repérée dans Chaudière-Appalaches.

Photo : Gracieuseté COBARIC

La sève de la berce du Caucase est néfaste pour l’homme et pour les animaux. Elle contient des toxines qui annihilent la protection naturelle de la peau contre les rayons UV du soleil, provoquant ainsi, dans le pire des cas, des brûlures au 3e degré, met en garde Véronique Brochu.

La plante est aussi préjudiciable pour l’environnement.

Elle pousse en premier, avant les herbacés et quand elle meurt, à l’automne, elle laisse le sol à nu. En bordure des cours d’eau, elle favorise donc l’érosion avec les crues automnales et printanières, informe la directrice du COBARIC.

Envahissante et résistante

S’il est si difficile de venir à bout de cette espèce, c’est parce que ses graines peuvent survivre jusqu'à sept ans enfouies dans le sol avant de germer.

Avoir un seul plant chez soi peut virer au cauchemar. Sylvain Pelletier en sait quelque chose. À la fin des années 1990, il était agriculteur à Saint-Pamphile et il en avait reçu une graine en cadeau.

Je trouvais la berce du Caucase très belle, elle était peu connue à l’époque. Je l’ai laissée fleurir. Au fil des années, j’en ai eu de plus en plus, raconte-t-il.

Gros plan sur les fleurs en ombrelle d'un plan de berce du Caucase.

La berce du Caucase séduit les amateurs de belles plantes par ses fleurs en ombrelle. Mais celles et ceux qui en connaissent les dangers savent qu'il faut s'en tenir éloigné.

Photo : Radio-Canada / Carl Poitvin

L’invasion avait commencé, au point d’en avoir partout, dans son jardin, au milieu de ses terres cultivables, et même chez ses voisins...

Au début des années 2000, j’ai appris que c'était une plante plutôt dangereuse. On a essayé de s’en débarrasser, mais il y en avait tellement que le découragement nous pognait. Je l’ai laissée aller, j’étais trop épuisé, confie-t-il.

Mathieu Provost a pris le relais et redonné le sourire à l’agriculteur, aujourd’hui retraité.

Là, je commence à respirer un peu plus. Je n’en ai quasiment plus sur mes terres. D’après moi, c’est la dernière année que les gens du COBARIC viennent en enlever.

Éradiquer la berce du Caucase prend du temps et demande de la patience, mais c’est possible, assure Mathieu Provost.

En environnement, travailler sur une vingtaine d’années, c’est finalement peu.

Surtout, ça en vaut la peine.

Il y a deux ans, à Saint-Ephrem, une petite fille est allée chercher des fleurs pour sa mère. Elle s’est trompée de fleurs et a cueilli de la berce du Caucase. J’ai aussi entendu parler d’enfants qui se sont servis des tiges vides de berce du Caucase comme des sarbacanes ou comme des longues-vues. Je vous laisse imaginer les dommages que ça peut faire.

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !