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Pensionnats pour Autochtones : des archéologues veulent aider des familles du Labrador

Lisa Rankin.

Lisa Rankin, professeure d'archéologie à l'Université Memorial

Photo : Radio-Canada / Mike Simms

Des archéologues de l’Université Memorial forment une équipe pour aider les gouvernements autochtones du Labrador qui songent à fouiller les sites d’anciens pensionnats.

C’est une mesure préparatoire. Je ne sais même pas si ça veut dire qu’il y aura des fouilles, mais je pense qu’il est très probable que les communautés autochtones aient beaucoup de questions à l’heure actuelle sur la technologie archéologique et sur la façon dont elle pourrait leur être utile, explique Lisa Rankin, professeure d'archéologie qui a aidé à créer le regroupement d'experts.

À ce moment-ci, nous voulons être prêts à répondre aux questions et à les aider dans leurs recherches.

Une citation de :Lisa Rankin, chaire de recherche en archéologie autochtone communautaire

Un pas dans la bonne direction

Le groupe de travail est composé de huit personnes, dont plusieurs membres de la Faculté d’archéologie de l’Université Memorial. Il compte aussi deux représentants de la Nation innue et du Conseil communautaire du NunatuKavut, ce dernier représentant les Inuit du sud du Labrador. Pour le moment, le Nunatsiavut, le gouvernement inuit du nord du Labrador, ne participe pas au comité.

Rien qu’une génération nous sépare [des pensionnats] et il y a eu des répercussions à long terme sur notre communauté et d’autres communautés. Nous n’avons qu'effleuré le sujet, donc il est temps de passer à l'action, mais il faut le faire de façon respectueuse et suivre les meilleures pratiques.

Une citation de :Bryn Wood, représentant du NunataKavut au sein du comité

À mon avis, ce comité est un pas dans la bonne direction, ajoute le directeur de la Recherche, de l'Éducation et de la Culture du NunatuKavut.

Radio-Canada a contacté la Nation innue et le gouvernement du Nunatsiavut, mais n’a pas réussi à faire d’entrevue sur le nouveau groupe de travail.

Lisa Rankin a indiqué jeudi dernier que le groupe n'a tenu qu'une seule rencontre et a précisé que la création du comité ne doit pas laisser entendre que des fouilles s'annoncent bientôt.

Si les communautés décident qu’elles veulent plus d’informations sur un cimetière où il pourrait y avoir des tombes, par exemple, nous sommes prêts à les aider. Cependant, ce sont des questions très lourdes. Il faut qu'elles soient discutées et bien comprises par les communautés. C’est un processus qui est en cours.

Bryn Wood ajoute qu’il faut d’abord aller dans nos communautés. [...] Il nous reste beaucoup de travail à faire avant de déterminer les prochaines étapes.

Pensionnaires et patients

Des élèves inuit et innus ont dû fréquenter cinq pensionnats autochtones à Terre-Neuve-et-Labrador, dont le dernier a fermé ses portes en 1980. Les établissements étaient dirigés par l’église morave et l'International Grenfell Association.

En 2016, le gouvernement fédéral a conclu un accord de 50 millions de dollars avec les anciens pensionnaires. Un an plus tard, le premier ministre, Justin Trudeau, s’est rendu au Labrador pour présenter ses excuses aux pensionnaires pour les agressions subies dans ces établissements.

Lisa Rankin rappelle que les recherches des groupes autochtones concernent non seulement d'anciens pensionnaires, mais aussi des patients envoyés aux hôpitaux du sud de la province.

La question la plus importante pour les communautés autochtones de Terre-Neuve-et-Labrador pourrait bien être les proches qui ont été envoyés à l’hôpital, dans le sud, à St. Anthony, par exemple.

Une citation de :Lisa Rankin, chaire de recherche en archéologie autochtone communautaire

Le gouvernement du Nunatsiavut participe déjà au programme Nanilavut (Nouvelle fenêtre), un mot inuktitut qui signifie Retrouvons-les, pour chercher les tombes des Inuit envoyés dans d'autres régions afin de recevoir des traitements médicaux contre la tuberculose entre 1940 et 1960.

Une équipe d'experts et de techniciens

Vaughan Grimes, professeur adjoint en archéologie et membre du groupe de travail, explique que les experts de l’Université Memorial sont formés pour utiliser plusieurs pièces d'équipement qui pourraient servir à retrouver des restes, dont un radar à pénétration de sol.

Les outils proviennent de la géophysique, mais dans un contexte archéologique, un des premiers exemples de l’utilisation d’un radar à pénétration de sol a été au début des années 1980, à Red Bay, au Labrador, même si ce n’était pas dans le même contexte qu’aujourd’hui, indique Vaughan Grimes.

[Le radar] est un des outils qui pourraient être utilisés, après toute la recherche qui doit être faite, pour déterminer si quelque chose a été enterré dans un secteur en particulier.

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