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Les producteurs de pommes de Portneuf affligés par la grêle

Une main avec des grêlons.

Une averse de grêle a déferlé hier sur Portneuf.

Photo : Gracieuseté : Facebook

Une violente averse de grêle a causé de lourds dommages jeudi à des vergers de Deschambault-Grondines, dans le comté de Portneuf. Une partie importante des récoltes de pommes est carrément perdue, au grand dam des producteurs maraîchers de ce secteur.

Pamela Groleau des Jardins D'Eschambault était sur la route au moment où l'épisode de grêle a frappé son verger. Elle s'est rapidement doutée que la pire des hantises des maraîchers venait alors de se produire chez elle.

Ç’a été un choc sur le coup. Ensuite ça a été les larmes de découragement, lance-t-elle au lendemain de cette mauvaise surprise de Dame nature qui a pourtant duré quelques minutes à peine.

Une pomme avec des blessures.

C'est comme si la pomme était tombée plusieurs fois par terre.

Photo : Radio-Canada / Cimon Leblanc

Constater les dégâts

Mme Groleau consacre d'ailleurs une partie de sa journée, vendredi, à constater les dégâts. Déjà, elle sait que l'inévitable s'est produit en raison du piètre état de milliers de pommes.

Ça ne paraît pratiquement pas sur les arbres, c'est les fruits qui ont eu le plus gros impact. C'est comme si vous preniez votre pomme et que vous l'échappiez à plusieurs reprises par terre.

Une citation de :Pamela Groleau des Jardins D'Eschambault

Les grêlons ont eu des impacts sur les fruits, ils ont causé de nombreuses blessures. Pour la pomme d'été, c'est une perte totale, elle ne pourra pas être vendue. Pour les pommes plus tardives, on verra comment ça va évoluer, mais ça pourrait aussi être une perte totale, observe Mme Groleau.

Maladies et insectes

Également affligée, Geneviève Mayrand des Jardins de la Chevrotière, craint aussi que ces grêlons apportent avec eux des maladies ou des invasions d'insectes.

Les dégâts sont principalement visibles actuellement sur les feuillages et certains fruits en formation : les courges, les melons, déplore-t-elle. Et en agriculture biologique, les trous dans les feuillages, c'est la porte d'entrée pour la maladie : les champignons, maladies fongiques, donc c'est à voir comment vont se développer ces plants-là.

Une personne filme dans son auto la grêle qui est tombée à Deschambault jeudi après-midi.

De la grêle est tombée à Deschambault

Photo : Facebook @Lesjardinsdeschambault

Entre autres producteur de cidre de pommes, Christian Hébert du Domaine Hébert est pour sa part résiliant.

Il faut voir vers le futur, mais c'est une très grosse perte qu'on vient de subir, explique-t-il. On vient seulement de passer la mi-juillet, il nous reste encore quelques semaines pour pouvoir les amener à maturité, mais dans tout ce qui est variété précoce, ça va se mettre à pourrir [avant] qu'on ait le sucre suffisant dans les fruits [pour la fermentation].

Impacts à long terme

Les impacts de ces indésirables grêlons pourraient même se faire sentir à moyen et long terme, craint M. Hébert.

Même le feuillage, à plusieurs endroits, a été déchiqueté, ça va même affecter la santé des pommiers, souligne le producteur. Puis, dans les variétés tardives, on va avoir du tri à faire, ça va être deux fois plus d'ouvrage pour les mêmes volumes de pommes qu'on presse.

Une citation de :Christian Hébert, du Domaine Hébert

Les pertes que devront encaisser ces maraîchers sont ainsi estimées à plusieurs milliers de dollars.

Pamela Groleau, propriétaire d'environ 500 arbres, compte néanmoins trouver quelques débouchés pour ses fruits.

Si les pommes se rendent à maturité, on va être obligé de les cueillir pour éviter les maladies. On va espérer récupérer la pomme, soit la vendre pour la transformation soit pour les chasseurs de chevreuil. Il y a quand même une forte demande de ce côté-là, ce qui nous permettrait un peu d'éponger les dettes, espère-t-elle.

Des programmes inadaptés

Présidente de l'Union des producteurs agricoles (UPA) de la Capitale-Nationale, Jacynthe Gagnon, se désole d'autant plus pour les producteurs de Portneuf qu'ils ne sont pas admissibles aux programmes d'aide de la Financière agricole.

Elle critique le fait qu'on veut encourager l'éclosion de producteurs émergents, mais que les programmes ne sont pas adaptés pour les cultivateurs de proximité ou en démarrage. Le risque financier est énorme dans un contexte où les changements climatiques entraînent de plus en plus d'instabilité dans les prévisions météorologiques.

On fait beaucoup de promotion pour les circuits courts et les productions émergentes, mais il y a énormément de travail à faire pour améliorer les programmes, regrette-t-elle.

On a 50 % des producteurs de la Capitale-Nationale Côte-Nord qui font moins de 100 000 $ par année. Souvent pour les dommages comme la grêle, les superficies ne sont pas assez grandes pour couvrir ce genre de dommages là, conclut-elle.

Avec les informations de Marie-Audrey Houle, Hadi Hassin et Marc-Antoine Lavoie

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