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Cette vie qui fait rire Alain Stanké

Alain Stanké en compagnie de Danielle Ouimet et France Castel en 1974.

Alain Stanké a depuis plusieurs décennies fait rire mais aussi réfléchir les Canadiens.

Photo : Radio-Canada / Jean-Pierre Karsenty

Radio-Canada

Alain Stanké est depuis plusieurs décennies un acteur important du monde du journalisme, de la télévision et de l’édition au Canada. S’il est connu pour son sens de l’humour, sait-on pourquoi Alain Stanké rit autant et tente de faire rire les autres?

Un visage drôle et insolent…

C’est tellement beau de voir les gens dans leur réaction naturelle. Y a pas un comédien qui est capable de jouer les rôles que ces gens-là jouent parce que ce sont leurs vies qu’ils jouent.

Une citation de :Alain Stanké, 1986

Alain Stanké a été le premier journaliste à interviewer en exclusivité l’ex-président américain Richard Nixon après sa démission en 1978.

Il a succédé à René Lévesque comme correspondant canadien du quotidien France-Soir et a été le correspondant du quotidien Le Figaro. Ses articles ont été diffusés à travers la planète par le groupe qui publie le New York Times.

Il a réalisé de multiples documentaires et écrit une trentaine de livres.

En tant qu’éditeur, il a publié plus de 2000 ouvrages dont plusieurs ont connu un franc succès.

Mais chez le public canadien, Alain Stanké est surtout célèbre pour une série d’émissions humoristiques mythique.

Les Insolences d’une caméra (1961, 1963-1967, 1985-1987) sont devenues un classique de la télévision canadienne.

Ce soir ou jamais, 22 septembre 1962

Le 22 septembre 1962, l’émission Ce soir ou jamais diffuse une entrevue d’Alain Stanké qu’interviewe Andréanne Lafond.

Alain Stanké est alors déjà très connu par Les Insolences d’une caméra diffusées depuis un an.

Il explique que c’est son intérêt pour le journalisme vécu qui inspire cette série. Il veut savoir comment les gens réagissent face à une situation donnée.

Il s’est aussi inspiré d’une émission américaine The Candid Camera, qui a connu un vif succès aux États-Unis.

On voit durant cette entrevue quelques extraits de scènes tournées en 1961 pour Les Insolences d’une caméra.

On y observe notamment Alain Stanké qui joue le rôle d’un aveugle et qui provoque diverses réactions des gens qui veulent l’aider. Certains gestes font bien rire les téléspectateurs.

Alain Stanké reprend la formule dans les années 1980.

Vidéo Club, 6 octobre 1986

Dans cette entrevue qu’il accorde au journaliste Jean-Pierre Perrault et diffusée à l’émission Vidéo Club le 6 octobre 1986, Alain Stanké explique certaines différences entre la mouture des années 1960 et celle des années 1980.

Il y a d’abord les améliorations techniques qui permettent de mieux dissimuler les caméras aux gens.

Ces derniers ont donc plus de difficulté à réaliser qu’ils sont piégés pour une émission de télévision.

Par ailleurs, Alain Stanké observe une évolution dans le sens de l’humour des gens.

Dans les années 1960, beaucoup de gens filmés formulaient des réticences à se voir à la télévision par peur du ridicule.

Cette peur s’était beaucoup estompée dans les années 1980. Plusieurs exprimaient plutôt leur hâte de se voir au petit écran.

… qui cache un début de vie tragique

À la dernière seconde, ils avaient chargé. Il y a un haut gradé qui a couru et qui a dit « attendez ». C’est le premier mot que j’ai appris en russe et l’on a été épargnés.

Une citation de :Alain Stanké, 2010

Alain Stanké est connu pour son optimisme et son sens de l’humour.

Mais sous ce visage souriant se cache une vie qui a commencé de manière tragique.

Saviez-vous qu’Alain Stanké, à cinq ans, s’est retrouvé acculé au bord d’un ravin pour qu’un peloton d’exécution le fusille?

Sa vie, il ne la doit qu’à un ordre d’un officier soviétique qui, in extremis, a demandé à ses soldats d’attendre pour tirer.

Second regard, 14 mars 2010

Cette anecdote, Alain Stanké l’a partagée avec l’animateur de l’émission Second regard, Alain Crevier, lors d’une passionnante entrevue réalisée par Stéphane Gravel et diffusée le 14 mars 2010.

Retournons en 1939.

Alain Stanké, né en Lituanie en 1934, est alors enfant dans un pays qui vient d’être envahi par les soldats allemands et soviétiques.

Durant tout le temps de la Seconde Guerre mondiale, la famille d’Alain Stanké côtoie la mort.

En 1944, ils se retrouvent dans un camp de travail en Allemagne. On y pratique d’horribles expériences médicales.

Les Stanké connaissent aussi les privations et la faim.

Alain Stanké passe probablement à un doigt de la mort quand un jour il s’échappe du camp pour aller chercher de la nourriture.

Puis à la fin de la guerre, la maison qui abrite sa famille est bombardée par les Alliés. Alain Stanké et les siens réussissent à sortir indemnes des décombres.

Comment dans ce contexte peut-on encore rire ?

Alain Stanké se rappelle que son père et sa mère, une battante qui refusait de tomber dans la dépression, riaient beaucoup et encore plus si la situation était vraiment dramatique.

Pour Alain Stanké, le rire est salvateur

Pouvoir tourner en dérision certains événements dramatiques lui a sauvé la vie, ainsi qu’à sa famille.

Le rire rend la vie plus douce, conclut Alain Stanké.

À la fin de la guerre, Alain Stanké arrive à immigrer en France et débarque à Montréal en 1951.

En 1958-1959, il propose ses premiers sketches filmés à l’aide d’une caméra cachée présentés à l’émission Carrefour de Radio-Canada.

Puis en 1961, il se lance dans la production de l’émission Les Insolences d’une caméra.

Depuis plus de 60 ans, Alain Stanké s’efforce de nous faire rire, de prendre la vie du bon côté, mais aussi de réfléchir et d’apprécier ce qu’elle a de merveilleux.

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