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Des ambulances encore détournées de l’urgence de l'Hôpital de Hull vendredi soir

Quatre ambulances sont stationnées à l'urgence.

Les ambulances se sont succédées à l'urgence de l'Hôpital de Hull la nuit dernière.

Photo : SB

Radio-Canada

L’urgence de l'Hôpital de Hull doit encore détourner des ambulances vers l'Hôpital de Papineau, vendredi soir.

C'est ce qu'a confirmé la cheffe aux opérations intérimaire des communications de la Coopérative des paramédics de l’Outaouais (CPO), par courriel, vendredi soir.

Selon les informations qu'elle a obtenues de ses chefs aux opérations sur le terrain, un avis de détournement de l’Hôpital de Hull vers l’Hôpital de Papineau, pour les usagers stables et qui ne répondent pas à une vocation spécifique de l’Hôpital de Hull, a été annoncé, de 20 h à 22 h, vendredi, explique Laurie Vaillancourt.

Nous avons deux ambulances additionnelles, cette nuit, pour assurer un service à la population de qualité, a-t-elle ajouté.

Déjà dans la nuit de jeudi à vendredi

La situation avait été la même dans la nuit de jeudi à vendredi, de 23 h 50 à 4 h.

Selon la cheffe aux opérations intérimaire des communications de la CPO, la raison évoquée par l'Hôpital de Hull aurait été une surcapacité [de l'urgence].

L'urgence de l'Hôpital de Gatineau n'étant rouverte qu'entre 8 h et 18 h, les ambulances ont là aussi été détournées vers l'Hôpital de Papineau, dans le secteur de Buckingham. Le Centre intégré de santé et de services sociaux (CISSS) de l'Outaouais a indiqué que cinq ambulances ont été détournées, dans la nuit de jeudi à vendredi.

Il n'y a pas eu d'impact. La situation s'est rétablie rapidement, a assuré le CISSS de l'Outaouais dans un courriel envoyé vendredi matin à ICI Ottawa-Gatineau. Il arrive parfois que nous ayons à faire un détournement lorsque la situation l'exige. Présentement, tout est revenu à la normale.

Les détournements ne sont pas hors du commun, a expliqué la CPO.

Les détournements d'ambulances, c'est pour les patients qui sont stables, explique Mme Vaillancourt en entrevue à Radio-Canada. Lorsqu'il y a un détournement [...] cet hôpital-là [...] continue de prendre certains patients [...] qui sont instables, par exemple les patients avec une condition particulière – que ce soit des traumatismes, des infarctus. Ce sont tous des patients que, malgré le détournement, on va pouvoir apporter à l'Hôpital de Hull.

Les paramédicaux touchés par la situation dans les urgences

Le milieu paramédical subit les soubresauts de la situation qui sévit dans les salles d'urgence en Outaouais.

On fait face à des délais intrahospitaliers plus grands qu'à l'habitude. On a des [paramédicaux] qui passent un petit peu plus de temps en attente dans les centres hospitaliers, rapporte Laurie Vaillancourt.

Depuis le début de la crise sanitaire, le mot d'ordre de la CPO est l'adaptation. Pour tenter de diminuer les répercussions, un projet pilote a été mis en place en milieu hospitalier afin de libérer les civières des ambulanciers paramédicaux.

On a une équipe de [paramédicaux] qui se déplace à même l'hôpital et qui surveille des patients, poursuit Mme Vaillancourt. [Ils] prennent en charge des patients stables qui arrivent en ambulances, et ce, en attendant que l'hôpital ait un lit à leur offrir.

Selon la CPO, le projet s'est même montré très concluant jusqu'à présent.

La Coopérative a par ailleurs procédé au recrutement de 14 ambulanciers paramédicaux au début de la saison estivale, et tente actuellement d'en recruter du côté de l'Ontario.

Une situation inacceptable, selon Action santé Outaouais

Le président d'Action santé Outaouais estime de son côté que la situation est inacceptable.

J'espère qu'on va se souvenir qu'il faut investir dans notre système de santé, incluant le système de [paramédicaux] pour que ça fonctionne, s'exclame-t-il. Couper, couper, couper, comme on a coupé pendant des années, on en arrive à ce qu'on connaît maintenant. Ce n'est juste pas acceptable.

Denis Marcheterre, président d'Action santé Outaouais.

Denis Marcheterre, président d'Action santé Outaouais (archives)

Photo : Radio-Canada / Simon Lasalle

Si l'idée d'un projet pilote est intéressante, M. Marcheterre espère que celui-ci soit mis en place assez longtemps afin d'en arriver à des résultats probants.

La mauvaise habitude qu'on a, c'est qu'on met en place des projets pilotes qui durent quelques mois et ensuite, on abandonne, croit-il. Tant qu'à faire des projets pilotes potentiellement intéressants, allons-y jusqu'au bout.

M. Marcheterre insiste aussi sur le fait que les ambulanciers paramédicaux n'ont pas de formation semblable à celle du personnel des urgences, comme des infirmières.

Pendant que les [paramédicaux] font un travail de [paramédicaux] dans les corridors des hôpitaux, ils ne font pas leur job de transport de patients. On essaie de régler un problème en en créant un autre, estime-t-il.

Le SPSO réitère ses appels au ministre Dubé

Déplacer le problème, c'est aussi le constat que fait Karine D'Auteuil, présidente par intérim du Syndicat des professionnelles en soins de l'Outaouais (SPSO).

Tant que le ministre Dubé ne va faire que déplacer le problème et non le régler, on ne verra pas le bout du tunnel, dit-elle.

Vendredi, le syndicat a interpellé le CISSS de l'Outaouais dans l'espoir d'attirer l'attention du ministre de la Santé et des Services sociaux, Christian Dubé.

[La direction du CISSS de l'Outaouais] est la seule qui a le pouvoir d’aller au ministre Dubé, mais c’est vraiment le ministre Dubé qui a le pouvoir de venir donner un souffle aux professionnelles en soins. On le sait, tous les étés, à cause des vacances estivales, ça augmente la pénurie. Mais avant les vacances, on était déjà dans une pénurie assez grande, note Mme D'Auteuil.

Une prime estivale, ce n’est pas un luxe à ce temps-ci, c’est une nécessité.

Une citation de :Karine D'Auteuil, présidente par intérim du Syndicat des professionnelles en soins de l'Outaouais

Ses membres de l'Hôpital de Hull sont inquiets, dit-elle, surtout à l'approche de la fin de semaine.

Ils sont très inquiets de savoir : est-ce qu’on va avoir les effectifs nécessaires [pour cette fin de semaine]. Le portrait qui est là, présentement, c’est qu’ils sont en sous-effectif. [...] Tous les moyens ont déjà été utilisés : le réaménagement d’horaires, le déplacement volontaire, le temps supplémentaire volontaire… Ils sont à bout de solution, donc il faut que le ministre Dubé vienne à accepter qu’on est devant l’inévitable, il faut instaurer une prime incitative pour passer à travers la crise estivale, pour ne pas avoir davantage de départs en maladie ou de départs du CISSS.

La femme accorde une entrevue à Radio-Canada, devant l'hôpital de Gatineau.

Karine D’Auteuil, la présidente par intérim, le Syndicat des professionnelles en soins de l’Outaouais (archives)

Photo : Radio-Canada / Patrick Louiseize

Dans une réponse écrite envoyée à ICI Ottawa-Gatineau, le CISSS de l'Outaouais reconnaît que la situation dans nos urgences est fragile.

Plusieurs actions ont été posées afin de s’assurer que nous avons tous le personnel en place en fin de semaine. Ainsi, nous avons réorganisé les équipes de travail en plus d'ajouter du personnel pour maintenir les services. Comme toujours, nous devons nous ajuster à l’affluence de la clientèle, il s’agit là d’une réalité quotidienne, peut-on lire.

Le CISSS de l'Outaouais précise ne pas être autorisé à offrir des primes supplémentaires. Nous respectons donc les ententes prévues à la convention collective, ajoute-t-il.

Avec les informations d'Estelle Côté-Sroka, de Laurie Trudel et de Nicole Chiasson

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