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Joe Biden sanctionne un ministre cubain et dit que ce n’est « qu’un début »

Le président américain Joe Biden

Le président Joe Biden à la Maison-Blanche

Photo : Reuters / JONATHAN ERNST

Agence France-Presse

Les États-Unis ont imposé jeudi des sanctions financières avant tout symboliques au ministre cubain de la Défense pour la « répression » des récentes « manifestations pacifiques et prodémocratie » à Cuba, tout en menaçant de nouvelles mesures punitives.

Ce n'est qu'un début. Les États-Unis vont continuer à sanctionner les responsables de l'oppression contre le peuple cubain.

Une citation de :Le président Joe Biden

Le président américain a condamné sans ambiguïté les arrestations massives et les simulacres de procès visant ceux qui osent parler.

Il a promis de faire pression sur le régime pour qu'il libère immédiatement les prisonniers politiques injustement détenus, rétablisse l'accès à Internet et permette aux Cubains de jouir de leurs droits fondamentaux.

Aux cris de nous avons faim ou à bas la dictature, des manifestations ont eu lieu le 11 juillet sur l'île communiste et se sont poursuivies sporadiquement le lendemain. À l'issue de ces rassemblements, qui ont fait un mort et des dizaines de blessés, une centaine de personnes ont été arrêtées, selon diverses organisations de l'opposition.

Washington avait immédiatement condamné fermement cette répression et apporté son soutien aux manifestants, promettant d'aider les Cubains. Mais le président Biden s'est trouvé sous une pression croissante de la part du Congrès américain et de l'importante communauté des Américains d'origine cubaine pour prendre des mesures plus concrètes.

Le Trésor a donc annoncé jeudi des sanctions financières ciblées contre le ministre cubain de la Défense Alvaro Lopez Miera et les bérets noirs, une unité spéciale du ministère de l'Intérieur déployée lors des manifestations pour réprimer ou attaquer les participants. Leurs éventuels avoirs aux États-Unis seront gelés et l'accès au système financier américain leur est dorénavant barré.

Un message, dit Washington

Des manifestants à La Havane.

Des milliers de Cubains ont manifesté contre les nombreuses pénuries qui affligent le pays.

Photo : Reuters / Alexnadre Meneghini

L'impact de ces sanctions, qui viennent s'ajouter à celles, beaucoup plus générales, qui visent déjà l'île des Caraïbes depuis des décennies, est très limité, d'autant que le ministère de l'Intérieur dans sa globalité était déjà sur la liste noire américaine.

Interrogé sur cette portée symbolique, le porte-parole de la diplomatie américaine Ned Price a reconnu qu'il s'agissait en grande partie d'envoyer un message. Et, comme Joe Biden, il a répété que les États-Unis allaient continuer à examiner les mesures pour faire rendre des comptes aux responsables de la répression.

Le peuple cubain manifeste pour les droits fondamentaux et universels que leur gouvernement doit leur garantir, a déclaré pour sa part la secrétaire américaine au Trésor Janet Yellen, affirmant qu'elle continuerait à appliquer les sanctions contre l'île pour soutenir leur quête de démocratie.

Le transfert d’argent des Cubains à leurs proches toujours interdit

Cuba a dénoncé des sanctions infondées et calomnieuses. Les autorités américaines devraient se préoccuper davantage des actes quotidiens de répression et de violence policière qui ont coûté 1021 vies en 2020 aux États-Unis, a tweeté le ministre cubain des Affaires étrangères, Bruno Rodriguez.

Au-delà des sanctions, et pour tendre la main aux Cubains, Joe Biden a confirmé que son gouvernement envisageait d'autoriser les transferts d'argent de particuliers vers Cuba et s'est engagé à accroître les effectifs de l'ambassade des États-Unis à La Havane pour fournir des services consulaires aux Cubains. Cela pourrait se traduire à terme par des visas américains pour ceux qui souhaitent quitter le pays. Mais ces deux mesures butent sur des obstacles épineux.

Une dizaine de personnes faisant la queue sur le trottoir d'une rue de la capitale cubaine.

Des Cubains font la file pour acheter de la nourriture à La Havane.

Photo : AFP / Yamil Lage

Les remesas, ces envois d'argent aux Cubains par leurs proches aux États-Unis, ne seront ainsi autorisés que si Washington trouve les outils, tactiques et procédures permettant d'éviter que les fonds aillent dans les coffres du gouvernement cubain, a prévenu Ned Price, en reconnaissant qu'une telle solution n'allait pas de soi. Aucun calendrier n'a été fixé au groupe de travail chargé de réfléchir sur la question.

Quant aux renforts diplomatiques, une priorité, le département d'État a également refusé de fournir une échéance, car il faut d'abord s'assurer de leur sécurité, dans un pays où est apparu en premier le syndrome de La Havane, de mystérieux incidents de santé visant des diplomates américains.

Ces phénomènes encore inexpliqués, initialement présentés comme des attaques acoustiques, avaient déclenché le rappel de l'essentiel des diplomates américains sous la présidence de Donald Trump.

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