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Affaires Pegasus : le Maroc poursuit Amnistie internationale

Une femme portant un masque regarde un écran d'ordinateur.

Une femme regarde la page d'accueil du site de la compagnie israélienne NSO qui a conçu le logiciel d'espionnage Pegasus.

Photo : afp via getty images / MARIO GOLDMAN

Radio-Canada

L’onde de choc des révélations de la gigantesque opération d’espionnage mondiale du logiciel israélien Pegasus continue de provoquer des réactions diverses dans plusieurs pays.

Accusé de s’être servi du logiciel pour espionner des journalistes, des défenseurs des droits de la personne et plusieurs dirigeants du voisin algérien, le Royaume du Maroc a annoncé jeudi qu’il poursuivait pour diffamation Amnistie internationale et Forbiden Stories, qui sont à l’origine des révélations, devant le tribunal correctionnel de Paris.

Une première audience est prévue pour le 8 octobre devant la chambre spécialisée en droit de la presse, mais le procès ne devrait pas avoir lieu avant environ deux ans.

L'État marocain entend immédiatement saisir la justice française, car il souhaite que toute la lumière soit faite sur les allégations mensongères de ces deux organisations qui avancent des éléments sans la moindre preuve concrète et démontrée, a indiqué Me Olivier Baratelli, mandaté par le Maroc.

Lundi, le Maroc avait démenti avoir acquis des logiciels pour infiltrer des appareils de communication. Dans la foulée, le parquet général du Maroc avait annoncé l'ouverture d'une enquête judiciaire sur ces fausses allégations et accusations.

Démentis des monarchies du Golfe

De son côté, l'Arabie saoudite a aussi rejeté les accusations d'espionnage à l’aide du logiciel israélien Pegasus.

Un responsable a démenti les allégations parues dans la presse selon lesquelles une entité du royaume [d'Arabie saoudite] aurait utilisé un logiciel pour surveiller les communications, a écrit l'agence de presse officielle saoudienne SPA mercredi, sans préciser le nom du logiciel en question.

Selon le journal Le Monde, le royaume saoudien a espionné le téléphone de Nasser Al Khelaïfi, le puissant propriétaire qatari du club de soccer français le Paris Saint-Germain, et le réseau de télévision beIN SPORTS.

L'opération d'espionnage du patron qatari a eu lieu à une période où Riyad, Dubaï et le Qatar étaient en froid en raison de différends politiques et commerciaux.

Mohamed ben Zayed.

Mohamed ben Zayed, le prince héritier des Émirats arabes unis, est devenu depuis quelques années un acteur géopolitique et économique influent au Moyen-Orient.

Photo : afp via getty images / ODD ANDERSEN

Les Émirats arabes unis, qui ont comme le Maroc officiellement normalisé leurs relations avec Israël, ont également rejeté les accusations d'espionnage.

Les allégations faites récemment par des médias prétendant que les Émirats font partie d'un certain nombre de pays accusés de surveillance ciblant des journalistes et des particuliers sont dénuées de preuves et catégoriquement fausses, a déclaré le ministère émirati des Affaires étrangères.

Selon les révélations du consortium des médias, dont Le Monde, la petite monarchie du Golfe persique aurait sélectionné 10 000 numéros de téléphone.

En plus de ses citoyens, les Émirats arabes unis auraient espionné des dirigeants libanais, irakiens et yéménites.

Pour sa part, le Parlement israélien a mis en place une commission pour enquêter sur des allégations selon lesquelles Pegasus a été utilisé à mauvais escient par certains États pour espionner des personnalités, a révélé jeudi un député.

En Europe, Emmanuel Macron a demandé, au cours d'un Conseil de défense exceptionnel, un renforcement de la sécurité des moyens de communication sensibles, au moment où les investigations sont en cours pour savoir si le téléphone du président français a été ciblé par le logiciel conçu par la société israélienne NSO. La chancelière allemande Angela Merkel a appelé à davantage de restrictions sur la vente de logiciels espions.

Des milliers de téléphones ciblés

En Hongrie, une enquête judiciaire a été ordonnée sur la collecte potentielle non autorisée d'informations confidentielles.

Les investigations visent à établir les faits et à déterminer si un crime, et le cas échéant lequel, a été commis, a indiqué la justice hongroise.

Dans ce pays, 300 téléphones de journalistes, avocats, élus ou hommes d’affaires ont été ciblés par le gouvernement hongrois.

Au Mexique, où au moins 15 000 numéros de téléphone ont été enregistrés par le logiciel, la justice a ouvert une enquête.

Par ailleurs, toutes les agences de sécurité fédérales et étatiques ont reçu l'ordre de protéger toutes leurs données en lien avec la passation d'un contrat de licence pour l'équipement Pegasus et d'autres [équipements] similaires, selon les autorités.

Les organisations Forbidden Stories et Amnistie internationale ont obtenu une liste de 50 000 numéros de téléphone, sélectionnés par les clients de la société israélienne depuis 2016 pour être potentiellement surveillés, et l'ont partagée avec un consortium de 17 médias qui ont révélé son existence dimanche.

Avec les informations de Agence France-Presse, et Le Monde

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