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Gatineau et Ottawa attendent impatiemment le retour des fonctionnaires

Deux îlots, aménagés dans deux cubes géants ouverts sur l'extérieur, dans lesquels se trouvent une table et un fauteuil ou des chaises. Deux hommes sont assis sur l'un des cubes.

Un îlot de fraîcheur aménagé pour le cotravail dans le centre-ville de Hull, à Gatineau.

Photo : Radio-Canada / Jérémie Bergeron

Radio-Canada

Gatineau mise sur une nouvelle attraction pour ramener les fonctionnaires au centre-ville. La Municipalité de Gatineau a inauguré, jeudi, un espace de travail collaboratif unique en son genre.

Trente-quatre îlots ont été aménagés sur le toit d’un stationnement municipal de six étages, en plein centre-ville de Hull, sur la rue Leduc. Chacun des îlots offre un environnement différent. Des terrasses colorées et ombragées sont aménagées. Les visiteurs pourront, dès vendredi, y relaxer, manger ou y faire du télétravail.

Ce projet, mis sur pied par Vision Centre-Ville, vise à donner envie aux fonctionnaires de quitter le confort de leur maison et de revenir dans le cœur de Hull, comme ils le faisaient avant le confinement.

La Ville a octroyé 200 000 $ et Québec 40 000 $ pour permettre la réalisation de ce projet dans lequel se sont investis plusieurs artistes locaux.

Le maire de Gatineau, Maxime Pedneaud-Jobin, affirme que le retour des fonctionnaires est une bataille importante pour la Ville, car les commerces ont beaucoup de difficultés.

Il faut, à moyen terme, ramener les travailleurs de façon permanente, dit-il.

On a besoin de ça. Notre centre-ville est attaqué dans son cœur parce que la présence de ses principaux consommateurs ne reviendra pas comme c’était avant, peut-être même jamais. Donc, il faut se réinventer.

Une citation de :Maxime Pedneaud-Jobin, maire de Gatineau
Portrait du maire devant des édifices au centre-ville de Gatineau.

Le maire de Gatineau, Maxime Pedneaud-Jobin (archives)

Photo : Radio-Canada / Simon Lasalle

Et pour faire revivre le centre-ville, il faut séduire une foule beaucoup plus vaste que simplement les employés du gouvernement.

Maxime Pedneaud-Jobin estime que la diversité de la clientèle est la clé de la survie de ce quartier. Il faut qu’il y ait des gens qui viennent ici pour d’autres raisons que le travail, qu’ils viennent pour visiter le quartier des musées, le sentier culturel, illustre-t-il.

Trouver des projets accrocheurs

Même cri du cœur de la part de Vision Centre-Ville. Le retour des fonctionnaires tarde et la directrice générale de l’organisme, Annie-Pier Caron-Daviault, s’en désole. Il faut donc trouver des projets accrocheurs.

La femme d’affaires martèle qu’à court terme, le quartier a besoin de fonctionnaires municipaux, provinciaux et fédéraux, le jour.

On place nos pions pour que la dépendance à la fonction publique ne soit plus aussi grande dans 5-10 ans, sauf que ça ne se revire pas aussi vite que ça, un gros bateau. Nous, ça nous prend un retour assez rapide de nos fonctionnaires pour contribuer à relancer l’économie locale.

Une citation de :Annie-Pier Caron-Daviault, directrice générale de Vision Centre-Ville

Avec le télétravail qui sera offert par de plus en plus d’employeurs, le député de Gatineau, Robert Bussière, déclare que pour attirer les gens, il faut offrir une nouvelle expérience.

Il renchérit : On se doit de créer quelque chose pour venir en aide aux commerces, pour stimuler l'économie, surtout dans le centre-ville.

Il est même convaincu que cette initiative fera des petits ailleurs au pays.

La PDG de Tourisme Outaouais espère que ce nouvel espace de travail collaboratif attirera même les fonctionnaires d’Ottawa. C’est une belle façon de les faire traverser la rivière.

Pas de retour tout de suite

Mais il faudra de la patience. L’Alliance de la fonction publique du Canada (AFPC) affirme qu’aucune date n’est prévue pour un retour des fonctionnaires au bureau.

Des consultations sont en cours avec le gouvernement sur la façon dont les services gouvernementaux seront offerts après la pandémie.

Le vice-président exécutif régional pour l’AFPC dans la région de la capitale nationale, Alex Silas, estime que les opinions sur un éventuel retour au bureau varient chez les quelque 215 000 membres.

Alex Silas en vidéoconférence, derrière lui un drapeau de l'AFPC.

Alex Silas, vice-président exécutif régional de la région de la capitale nationale à l'Alliance de la fonction publique du Canada (AFPC) (archives)

Photo : Radio-Canada

Le syndicaliste insiste : La santé des travailleurs est notre priorité.

Il prédit qu’il n’y aura pas de retour massif dans les bureaux. Nous, on pressent que le télétravail va continuer à être la réalité, qu’il va y avoir cette flexibilité-là, et beaucoup du travail de la fonction publique fédérale sera fait à distance, souligne M. Silas.

Il ajoute que le Conseil du Trésor prévoit que 35 à 50 % sera fait à distance, au moins à temps partiel.

Dans un courriel, le Secrétariat du Conseil du Trésor du Canada confirme que les autorités de santé publique ont fait savoir que les exigences en matière d’éloignement physique doivent demeurer en place. Cela veut dire que bon nombre d’employés continueront à travailler à distance, et de façon efficace, pour l’instant.

Les commerçants ont besoin des fonctionnaires

Ce scénario angoisse les commerçants, comme Jasmine Eladnani, propriétaire d'un Presse Café dans le centre-ville d’Ottawa.

C'est très difficile maintenant. Je fonctionne quasiment à 80 % de pertes. J'ai absolument besoin de fonctionnaires qui reviennent pour que je puisse survivre, dit-elle.

C’est très difficile mentalement, pour nous les propriétaires, de se lever tous les matins, sachant qu’on va travailler pendant 10-12 heures parce qu’on n'a pas assez d’employés, et qu’en même temps, tu ne fais même pas de profit. C’est une situation inacceptable.

Une citation de :Jasmine Eladnani, propriétaire d’un Presse Café à Ottawa

La perspective que les tours du centre-ville demeurent vides pendant encore de longs mois, peut-être même jusqu’en 2022, amplifie un stress déjà vif chez les petits commerçants qui luttent pour conserver leur gagne-pain.

La restauratrice conclut qu’elle a absolument besoin des fonctionnaires pour survivre.

Avec les informations de Jérémie Bergeron et de Mama Afou

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