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Thunder Bay commence les démarches pour bannir les thérapies de conversion

Le drapeau de la communauté LGBTQIA+.

Plus de 50 000 Canadiens de la communauté LGBTQIA+ ont été exposés à la thérapie de conversion.

Photo : Jane Robertson/CBC

Marianne Depelteau

La Ville de Thunder Bay s’apprête à faire un pas de plus vers l’élimination de pratiques dénoncées par la communauté LGBTQ2SIA+. La Municipalité a commencé les démarches afin de bannir la thérapie de conversion.

Une motion visant à étudier les recours dont dispose la ville pour mettre fin à ces pratiques sera déposée lundi.

Shelby Ch’ng, conseillère municipale de Thunder Bay, souhaite tout mettre de l’avant pour bannir cette pratique. En ce moment, nous faisons de la recherche pour cibler ce que la municipalité peut offrir.

D’autres villes ont commencé ce même processus, note Mme Ch'ng. J’ai hâte d’avoir cette conversation, car je crois qu’elle est importante, même si elle ne sera pas facile à cause des extrêmes qui existent des deux côtés.

Thunder Bay est souvent vue comme étant isolée et presque arriérée. Ça prend un effort collectif pour assurer que tout le monde se sente inclus dans la ville et qu’aucune personne ne se fasse dire qu’elle est inférieure ou qu’elle n’a pas sa place à cause de la façon dont elle est née.

Une citation de :Shelby Ch’ng, conseillère municipale de Thunder Bay

En 2015, l’Ontario a adopté une loi interdisant la thérapie de conversion pour les personnes de 18 ans et moins, ainsi que le remboursement de cette thérapie par les assurances.

Aujourd’hui, il est toujours possible aux personnes adultes de faire recours à ce genre de pratique.

Les villes qui entament le processus d’interdiction pourraient, par exemple, refuser de donner des permis commerciaux aux entreprises qui offrent ces thérapies.

Une loi fédérale pourrait également être adoptée à l’automne.

Jason Veltri, président du Rainbow Collective Thunder Bay, exprime que nous ne cherchons pas à réinventer quoi que ce soit, mais à tirer parti de ce qui se passe déjà dans d'autres villes et provinces.

Jason Veltri, le président de l’association Thunder Pride, parle en public. (archives)

Jason Veltri affirme que les thérapies de conversion sont de la maltraitance.

Photo : CBC/Matt Vis

Les circonstances sont de notre côté maintenant : il y a une conversation nationale et même internationale autour de ces pratiques nuisibles, ajoute-t-il.

Ailleurs au pays, Vancouver, Kingston et Saskatoon l’ont déjà interdite et les provinces de l’Ontario, du Manitoba et de la Nouvelle-Écosse ont adopté des lois pour restreindre l’accès.

Ce qu’est la thérapie de conversion

Les gens finissent par y aller, car ils croient qu'il y a quelque chose de fondamentalement mauvais à être LGBTQIA+, que c'est une maladie ou un péché. On intériorise la phobie et on apprend à se détester, explique le professeur spécialisé dans les questions LGBTQ à l'Université McEwan, Kristopher Wells.

La thérapie de conversion inclut de nombreuses techniques. Selon M. Wells, ça peut aller d’association de pensées homosexuelles à la douleur, jusqu’au traitement par électrochocs.

Cette pratique n’est aucunement reconnue par les communautés scientifique et médicale. Ces dernières l’ont même clairement réfutée, dit-il.

Dr. Wells rappelle aussi qu’il est scientifiquement impossible de convertir le genre ou la sexualité d’une personne.

Selon Alex Tétreault, président de Fierté Sudbury, la communauté LGBTQIA+ est encore mal vue par plusieurs.

Alex Tétreault pose pour une photo.

Alex Tétreault, président de Fierté Sudbury. (archives)

Photo : Radio-Canada

Il est d’avis que l’interdiction de la thérapie de conversion assurerait une protection de toute identité, orientation et expression sexuelles et de genre par les instances gouvernementales.

C’est surtout important pour les jeunes LGBTQIA+, qui sont en période de questionnement et qui sont assujettis à la volonté de leurs parents, précise-t-il.

Chiffres du Centre de recherche communautaire :

  • Plus de 50 000 Canadiens de la communauté LGBTQIA+ ont été exposés à la thérapie de conversion
  • Parmi 9 214 participants (hommes gais, bisexuels, trans et queer, ainsi que les personnes bispirituelles et non binaires), 10 % ont été victimes de cette pratique néfaste
  • Parmi ces personnes, 72 % ont commencé une thérapie de conversion avant l'âge de 20 ans

Selon Dr. Wells, aujourd’hui au Canada, c'est beaucoup plus clandestin et subtil et l’organisation se fait surtout par du bouche-à-oreille. C'est pourquoi il est si important que la législation fédérale soit mise en place, pour criminaliser ces pratiques, dit-il.

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