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Le grand mal du télétravail

Une femme masquée malaxe le dos d'une personne allongée sur une table de consultation.

Élise Lechasseur assure qu’à la longue, les douleurs que provoque le télétravail agissent sur la santé mentale et le niveau d’énergie de celles et ceux qui en souffrent.

Photo : Radio-Canada

Les physiothérapeutes, chiropraticiens et ostéopathes de la Capitale-Nationale reçoivent beaucoup de clients depuis le début de la pandémie qui se plaignent de douleurs liées au télétravail. Et les cas s'enchaînent.

Comme bon nombre d’employés lors de l'avènement de la pandémie en mars 2020, Isabelle Vézina a commencé à travailler de chez elle. Ce qui devait être temporaire s’est prolongé. Aujourd’hui encore, cette adjointe administrative de Québec est en télétravail.

Quotidiennement, elle s’installe au bureau qu’elle s’est aménagé, allume son ordinateur et passe ses journées les yeux rivés sur l’écran pour remplir ses obligations professionnelles. Une nouvelle routine à laquelle elle s’est bon gré, mal gré accoutumée, et qui n'a pas été sans effet néfaste.

Je suis une personne qui, à la base, a une certaine sensibilité au niveau des cervicales et dans les épaules, confie-t-elle.

Une femme répond aux questions d'un journaliste.

Cela fait plus de 15 mois qu'Isabelle Vézina travaille de chez elle et elle s'est rendu compte qu'elle bougeait nettement moins qu'avant, ce qui n'est pas sans lui occasionner des douleurs.

Photo : Radio-Canada

Avec le temps, elle a ressenti de désagréables sensations dans le cou et le haut du dos, qui se sont intensifiées au point de devenir insupportables.

Je n’étais plus capable de lever mon bras droit. C’était devenu impossible pour moi de faire mon ménage et mon yoga. C’était une douleur continue.

Après avoir consommé beaucoup, beaucoup, beaucoup d’antidouleurs qui n'ont eu qu'un effet limité, elle s’est résolue à prendre rendez-vous chez sa physiothérapeute, dans Beauport.

Élise Lechasseur n’a pas été surprise de la recevoir pour cette raison. Comme bon nombre d’employés, Isabelle Vézina a développé des douleurs liées au télétravail.

Rester assis n'est pas bon pour le dos

Depuis plus d’un an, la praticienne note une évolution dans les motifs de consultation. Fini les entorses de cheville, de genou ou les fractures dues à une blessure de sport, place aux lombalgies et aux tensions dans les deltoïdes, la nuque ou entre les omoplates.

La Dre Marie-Hélène Grenier, chiropraticienne dans le quartier de Limoilou, a fait le même constat au cours des 15 derniers mois. La faute aux mauvaises postures que les travailleurs reclus à domicile adoptent.

Une femme répond aux questions d'un journaliste.

La chiropraticienne Marie-Hélène Grenier a le sentiment que les employés en télétravail sont maintenant mieux équipés en chaise et en bureau ergonomiques.

Photo : Radio-Canada

S’installer sur un coin de sa table de cuisine ou sur le canapé avec le portable sur ses genoux, ce n’est pas si grave si c’est à court terme. Mais si ça perdure… La position assise est celle qui met le plus de pression sur nos disques intervertébraux, rappelle-t-elle.

Mauvaises habitudes

Les bureaux faits maison ne sont pas seulement la cause de tous ces maux. Mmes Lechasseur et Grenier désignent aussi un changement dans les habitudes de vie.

Beaucoup de monde allait au gym, participait à des cours de groupe ou encore pratiquait des sports d’équipe. Ç’a été des activités qui ont été extrêmement touchées par les mesures sanitaires. Donc, les gens ont moins bougé en complément de leur travail, explique la physiothérapeute.

Les vacances estivales vont faire du bien à tout le monde pour se dégourdir, pour bouger.

Une citation de :Dre Marie-Hélène Grenier, chiropraticienne

Se faire soigner et se reprendre en main, c'est la méthode qu’a suivie Isabelle Vézina. C’est aussi celle que préconisent les deux expertes. Concrètement, cela signifie réaménager son espace de travail pour le rendre le plus ergonomique possible et s’octroyer régulièrement des pauses.

Se lever ne serait-ce que 30 secondes, faire quelques exercices d’étirement ou de mobilité, ça n’a l’air de rien, mais ça peut faire énormément, souligne Élise Lechasseur.

Une femme cheveux attachés prend la pose devant l'objectif de l'appareil photo, tout sourire.

Élise Lechasseur, physiothérapeute à Beauport, est de plus en plus sollicitée pour soigner des douleurs liées au télétravail, depuis le début de la pandémie en mars 2020.

Photo : Radio-Canada / Nicole Germain

Des rappels

Isabelle Vézina s’est programmé des rappels pour l’obliger à bouger au moins une fois toutes les heures. Elle a aussi modifié ses horaires de travail pour allonger son temps de repas les midis.

Ça me permet d’aller courir ou marcher. Mon employeur a été très compréhensif.

Marie-Hélène Grenier est optimiste quant à l’avenir. Elle a le sentiment que les personnes concernées par le télétravail ont pris le problème au sérieux.

Selon moi, le pire des troubles est derrière nous parce qu’avec le temps, les gens se sont équipé des coins bureau beaucoup mieux adaptés.

Pendant ce temps, Isabelle Vézina profite de son bien-être retrouvé.

Maintenant, je fais attention et, aujourd’hui, ça va super bien, confirme l’adjointe administrative.

Avec les informations de Nicole Germain

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