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Le fruit rugueux de la tomate sème l'inquiétude chez les producteurs en serre

Des tomates.

Le virus pourrait décimer des productions complètes de tomates.

Photo : Radio-Canada / Martin Bilodeau

Radio-Canada

Un nouveau virus, le fruit rugueux de la tomate, a fait son entrée dans des serres du Québec. Cette maladie fort contagieuse fait craindre le pire aux producteurs, car elle pourrait détruire des récoltes complètes.

Ce virus n'a aucun effet sur l'humain. Toutefois, il rend les tomates, poivrons et aubergines non commercialisables. Des taches jaunes ou brunes peuvent apparaître sur les légumes. Ils peuvent aussi être déformés et leur grosseur peut être réduite.

Les producteurs en serre sont très préoccupés par cette maladie qui a fait son entrée en sol canadien par des produits d'importation. C'est un peu comme le cancer généralisé d'une culture de tomates, illustre le propriétaire de l'Abri végétal de Compton, Frédéric Jobin-Lawler. C'est une culture que l'on peut perdre dans un espace de trois mois. On pourrait dire que c'est un petit COVID de la tomate.

Frédéric Jobin-Lawler dans sa serre de tomates

Frédéric Jobin-Lawler, un producteur de légumes en serre, compare le fruit rugueux de la tomate à un cancer généralisé.

Photo : Radio-Canada / Thomas Deshaies

Virus contrôlé, dit le fédéral

Le ministère de l'Agriculture, des Pêcheries et de l'Alimentation (MAPAQ) a confirmé à Radio-Canada que la maladie a été détectée dans quatre serres du Québec. Il a toutefois été impossible de connaître les régions touchées.

Le MAPAQ soutient que l’éradication est quasi impossible en serre, puisque sa présence est assez persistante dans l’environnement. Ce virus est très stable en dehors des plantes hôtes et peut survivre des mois et des années sur les surfaces en l’absence de plantes hôtes.

De son côté, la ministre fédérale de l'Agriculture et députée de Compton-Stanstead, Marie-Claude Bibeau, assure prendre la situation au sérieux. C'est un travail qui doit se faire en collaboration avec l'Agence canadienne d'inspection des aliments et les producteurs. Ils ont une responsabilité de s'assurer de s'approvisionner auprès de fournisseurs qui sont fiables.

Selon Mme Bibeau, le virus est en voie d'être éradiqué dans les serres concernées.

Incertitude

Caroline Provost, chercheuse au Centre de recherche agroalimentaire de Mirabel, soutient toutefois que le portrait de la situation n'est pas clair. Elle ajoute que les méthodes de détection et d'éradication ne sont pas optimales.

Il pourrait y avoir d'autres producteurs qui sont touchés sans que nous soyons au courant. On a certaines méthodes de laboratoire pour le détecter, mais il y a probablement plusieurs variants qu'on ne connaît pas.

La chercheuse estime que les producteurs ont raison de craindre ce nouveau virus. Il n'y a pas de produit qui peut le tuer. Ce n'est pas comme un champignon que l'on peut contrôler avec un pesticide ou un autre produit. Quand un plant est contaminé, il faut vraiment l'arracher. Il faut ensuite faire une décontamination complète des installations de serre.

Les producteurs en serre du Québec sont invités à exercer un contrôle strict des visiteurs dans leurs installations pour circonscrire la propagation.

Avec les informations de Thomas Deshaies

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