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La peur de l'endettement est palpable en Saskatchewan et au Manitoba

Une tirelire qui plonge dans l'eau.

Beaucoup devront faire face aux nouvelles dettes qu'ils ont accumulées, même après avoir réintégré le marché du travail. (archives)

Photo : iStockphoto

Radio-Canada

Un récent sondage montre que 4 résidents sur 10 en Saskatchewan et au Manitoba ont des doutes quant à leur capacité à joindre les deux bouts. Ils pensent qu’ils s’endetteront davantage.

Ce sondage trimestriel mené par Ipsos pour le compte de MNP LTD révèle que quatre ménages sondés sur dix (43 %, pourcentage inchangé depuis mars) ne sont pas convaincus de pouvoir couvrir toutes les dépenses de la vie et de la famille au cours des 12 prochains mois sans dépenser à crédit.

La proportion de résidents de la Saskatchewan et du Manitoba qui déclarent être insolvables et incapables de payer leurs factures mensuelles et leurs dettes se situe au niveau le plus élevé depuis septembre 2019, avec 31 % des personnes interrogées.

La moitié (50 %, en hausse de 2 points par rapport à mars) se disent plus préoccupés par leur capacité à rembourser leurs dettes qu'auparavant.

Sans surprise

Selon le président-directeur général de l'Association des constructeurs d’habitations de Saskatoon et de sa région, Jason Yochim, le constat n’est pas inattendu. Les gens demeurent inquiets après la fermeture de nombreux secteurs d’activités [...] et de tout ce qui affecte l’industrie touristique : hôtels, restaurants, explique-t-il.

Cette crainte peut encore durer un ou deux ans, indique-t-il, le temps pour l’économie de repartir et pour les ménages de retrouver un emploi.

Jason Yochim parle aussi des personnes qui sont le plus touchées, comme ceux qui ont perdu leur emploi, ceux qui ont investi dans des produits récréatifs, comme les équipements sportifs, l’automobile, ainsi que ceux qui ont investi dans un bien immobilier, analyse-t-il.

Il dit s'attendre à des changements dans les dépenses pour les prochains mois.

Par communiqué, Pamela Meger, mandataire d'insolvabilité agréée chez MNP LTD à Regina, prévient elle aussi que les dommages financiers de la pandémie persisteront probablement pendant des années.

Certains seront confrontés à des saisies et des banqueroutes. Il y aura notamment des effets sur les commerces de détails et l’immobilier. À ce moment-là, on verra les conséquences de la pandémie depuis l'année dernière, précise M. Yochim.

Les propriétaires de maison plus vulnérables

Le sondage réalisé pour le compte MNP LTD met en lumière la fragilité ressentie par les propriétaires. Ainsi, quatre résidents interrogés sur dix (37 %) de la Saskatchewan et du Manitoba qui sont propriétaires d'une maison disent avoir un faible pouvoir d'achat, soit le pourcentage le plus élevé par rapport aux autres provinces.

Au total, environ 500 000 propriétaires de la Saskatchewan et du Manitoba n'ont pas beaucoup d'argent après avoir payé les factures liées à leur maison.

Il n'est donc pas surprenant que 2 propriétaires sur 10 (20 %) disent regretter le montant de la dette qu'ils ont contractée pour acheter leur maison.

Une lueur d’espoir pour certains

Le sondage montre aussi que certains habitants s’en sortent mieux.

L'enquête a révélé qu'environ la moitié (47 %) des résidents de la Saskatchewan et du Manitoba sondés estiment que leur situation d'endettement est meilleure maintenant qu'avant le début de la pandémie.

Et ils sont 4 sur 10 (42 %, en baisse de 2 points depuis mars) à déclarer être plus détendus qu'à l'habitude à l'égard de l'endettement.

Méthodologie

Pour cette enquête, un échantillon de 2002 Canadiens âgés de 18 ans et plus a été interrogé. Une pondération a ensuite été utilisée pour équilibrer les données démographiques afin d'assurer que la composition de l'échantillon reflète celle de la population adulte selon les données du recensement et de fournir des résultats destinés à se rapprocher de l'univers de l'échantillon. La précision des sondages en ligne d'Ipsos est mesurée à l'aide d'un intervalle de crédibilité. Dans ce cas, le sondage est précis à plus ou moins 2,5 points de pourcentage, 19 fois sur 20, si tous les adultes canadiens avaient été interrogés.

Avec les informations de Charles Le Bourgeois

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