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Le Conseil des Innus de Pessamit se dit trahi par Hydro-Québec

Le réservoir Manicouagan vu depuis la crête du barrage Daniel-Johnson.

Hydro-Québec souhaite revoir le niveau du réservoir Manicouagan et pourrait ainsi augmenter sa capacité de stockage d'énergie (archives).

Photo : Radio-Canada

Félix Lebel

La communauté de Pessamit reproche au gouvernement du Québec et à Hydro-Québec de vouloir rehausser le niveau du réservoir Manicouagan, sans tenir compte de ses préoccupations.

Des locataires de terrains situés dans le secteur visé par le rehaussement ont récemment été informés de la révocation à venir de leurs baux de villégiature.

Hydro-Québec prépare ainsi le terrain à un rehaussement du niveau du réservoir de près de quatre mètres. Il passera éventuellement de 352 mètres à 355,95 mètres, un niveau jamais atteint depuis 1984.

Par voie de communiqué, les représentants innus soutiennent qu'ils n'ont pas été mis au courant de la décision de la société d'État, alors qu'un processus de consultation était toujours en cours, selon eux.

Alors qu'on était en période de consultation avec Hydro-Québec, on apprend qu'ils sont en train d'exproprier les villégiateurs autour du réservoir. Ça donne l'impression que leur décision était prise depuis longtemps et que cette consultation n'était qu'une façade, soutient le vice-chef de Pessamit, Gérald Hervieux.

Le Conseil des Innus de Pessamit admet qu'en décembre 2020, une ordonnance de la Cour supérieure permettait à Hydro-Québec de rehausser le réservoir Manicouagan.

Une pêcheuse lance sa ligne à l'eau.

Les berges du réservoir sont utilisées par les membres de la communauté ainsi que par plusieurs villégiateurs, pour la chasse et la pêche (archives).

Photo : Radio-Canada

Pessamit, qui dit s'être engagée de bonne foi dans le processus de consultation, estime qu'Hydro-Québec n'a pas pris en compte les craintes de la communauté. Ses membres redoutent des conséquences dramatiques sur la faune locale du réservoir, fréquenté par les membres de la communauté.

La moindre des choses aurait été d'être mis au courant. On participe à une consultation, mais en procédant de la sorte, c'est comme si la décision avait déjà été prise de leur côté sans se soucier de nos préoccupations, ajoute Gérald Hervieux du Conseil des Innus de Pessamit.

Ouvert au dialogue

De son côté, Hydro-Québec assure vouloir poursuivre la discussion avec les représentants de la communauté de Pessamit.

On rappelle qu'un jugement qui a été émis par un tribunal nous donne cette autorisation-là. Cette démarche-là a été obtenue à la suite d'une procédure judiciaire entamée par Pessamit. S’il y a des préoccupations, on invite la communauté à se joindre à nous et à discuter là-dessus. C'est la première chose à faire, explique le porte-parole d'Hydro-Québec, Francis Labbé.

Ce dernier ajoute que la présidente et cheffe de la direction d'Hydro-Québec, Sophie Brochu, pourrait se rendre sur place pour discuter avec les chefs de la communauté.

En attendant un retour au dialogue, des procédures judiciaires contre la société d'État pourraient être intentées par le conseil de bande, qui se dit indigné.

Avec les informations de La Presse canadienne

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