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Opération séduction pour attirer des travailleurs dans Charlevoix

Village de Baie-Saint-Paul en été

Baie-Saint-Paul regorge de petits commerces et de producteurs locaux misant sur la saison estivale pour assurer leur rentabilité.

Photo : Radio-Canada

Pendant que le gouvernement annonçait au compte-gouttes les étapes de déconfinement en prévision de l'été, les commerçants de Baie-Saint-Paul lançaient « un petit cri d'alerte » aux autorités locales afin qu'elles les aident à recruter du personnel, rare dans la région. L'Association des gens d'affaires a rapidement accouché d'un projet pilote digne de la grande séduction.

Logement fourni, billet du Festif! à la clé, balade dans le Train de Charlevoix : l'Association des gens d'affaires de Baie-Saint-Paul a mobilisé ses partenaires pour offrir une véritable lune de miel aux travailleurs de l'extérieur intéressés à s'établir dans Charlevoix, du moins pour la saison chaude.

Le problème de main-d'œuvre dans la région est récurrent, ça revient chaque année. Et particulièrement cette année, la transition de la reprise [économique] n'a pas été menée aussi rondement comme on l'aurait souhaité, explique Pierre-Laurent Salin de l'Étoile, coordonnateur de l'Association des gens d'affaires de Baie-Saint-Paul.

Pierre-Laurent Salin de l'Étoile est coordonnateur de l'Association des gens d'affaires de Baie-Saint-Paul

Pierre-Laurent Salin de l'Étoile est coordonnateur de l'Association des gens d'affaires de Baie-Saint-Paul

Photo : Radio-Canada

À la demande de ses membres, l'organisation a cogité sur le meilleur moyen d'attirer rapidement du personnel pour éviter de rater une partie de la manne.

Un projet pilote est ainsi né et a permis d'attirer huit travailleurs cet été sur un objectif d'une vingtaine. Le chiffre peut sembler petit, mais M. Salin de l'Étoile assure que chacun d'eux a un impact sur les commerçants, qui en profitent.

Il mentionne également que le projet a été lancé un peu tard dans les circonstances de la pandémie.

Retenir les travailleurs

Les bases sont cependant jetées et le concept est en voie d'être pérennisé. D'autres volets seront ajoutés au cours des prochains mois, prévoit l'Association des gens d'affaires. En plus d'une contribution de ses membres, l'organisme a pu compter sur le soutien de la Ville de Baie-Saint-Paul, de la MRC de Charlevoix, la Société d'aide au développement de la collectivité et d'Emploi Québec.

L'objectif est non seulement de trouver des travailleurs qualifiés dans divers domaines pour la saison estivale, mais aussi de les garder toute l'année. Et dans ce contexte, poursuit M. Salin de l'Étoile, le plan est d'offrir éventuellement de la formation dans un autre secteur d'activité ou du perfectionnement pour convaincre les personnes de rester durant les périodes creuses.

Pourquoi pas devenir un petit centre de formation vivant, qui permettrait aux gens de passer d'un secteur à l'autre?

Une citation de :Pierre-Laurent Salin de l'Étoile, coordonnateur de l'Association des gens d'affaires de Baie-Saint-Paul

Il cite l'exemple d'un cuisinier qui pourrait profiter d'une période plus tranquille pour apprendre la boucherie, ou d'une serveuse qui voudrait maîtriser les rudiments de la sommellerie. L'association veut exploiter le volet agroalimentaire, l'une des forces de la région à son avis. On est un garde-manger du Québec. On a tout ce qu'il faut.

La bonne idée de l'association fait déjà du bruit ailleurs dans la province. Des commerçants de la Gaspésie ont déjà approché l'équipe de Baie-Saint-Paul pour en apprendre davantage sur leur stratégie, qui sera partagée avec plaisir, assure M. Salin de l'Étoile.

Isabelle Quenneville s'est laissée convaincre par l'offre de l'Association des gens d'affaires de Baie-Saint-Paul

Isabelle Quenneville s'est laissée convaincre par l'offre de l'Association des gens d'affaires de Baie-Saint-Paul.

Photo : Radio-Canada

Manque de logements

Nomade dans l'âme, Isabelle Quenneville a décidé de poser ses pénates dans Charlevoix cet été après avoir pris connaissance de l'offre de l'Association des gens d'affaires de Baie-Saint-Paul. Je suis tombée sur l'annonce sur Facebook. C'est une belle offre pour une employée comme moi, raconte la résidente de Sainte-Thérèse, dans les Laurentides.

Outre les cadeaux, c'est en grande partie la possibilité d'avoir un logement, offert par l'organisme Maison mère de Baie-Saint-Paul, qui a fait la différence. J'ai déjà passé trois étés ici à Baie-Saint-Paul. [...] Ce qui arrive, c'est que c'est un peu compliqué ces jours-ci avec le manque de logements, explique-t-elle.

C'était attrayant, c'était facile, c'était un bel ensemble.

Une citation de :Isabelle Quenneville, serveuse dans un restaurant de Baie-Saint-Paul

Les activités proposées gratuitement ont aussi joué dans sa décision. La travailleuse y voit une plus-value intéressante pour découvrir et connaître encore davantage la région. Elle note également l'accompagnement fourni par l'association pour la recherche d'emploi des candidats.

Isabelle Quenneville a pu assister à un spectacle du Festif! de Baie-Saint-Paul grâce au projet de l'Association des gens d'affaires

Isabelle Quenneville a pu assister à un spectacle du Festif! de Baie-Saint-Paul grâce au projet de l'Association des gens d'affaires.

Photo : Radio-Canada / Guylaine Bussière

Selon des données de l'Association des gens d'affaires, chaque recrutement d'employé suppose un investissement de quelque 3500 $.

Employeurs comblés

Les employeurs ne sont pas en reste. Louis Vignola, président du conseil d'administration de la coopérative de solidarité Mousse Café, était heureux de faire un pas en avant pour avoir du personnel qualifié et en quantité suffisante pour l'été.

Le programme a permis de recruter de nouveaux membres, dit-il avec satisfaction. À son avis, le programme permet de bien expliquer et vendre l'écosystème dans lequel vient s'établir l'employé. On trouve que ça donne un beau portrait de la région, de l'emploi et de l'entreprise.

Autre avantage : il croit que cette initiative pourra attirer du personnel en dehors de la clientèle étudiante, qui ne retournera pas sur les bancs d'école à la mi-août. On peut avoir des employés qui sont des travailleurs qui peuvent rester plus longtemps et qui peuvent rester jusqu'à la fin de la saison, jusqu'à octobre, espère-t-il.

Il aimerait que le programme se poursuive dans les prochaines années.

Avec les informations de Guylaine Bussière

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