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Le centre de munitions de Dundurn va détruire son stock de fusées d'attaque CRV7

Un avion militaire CF-18 sur le tarmac d'une base militaire.

Le CF-18 était l'un des aéronefs qui étaient équipés de roquettes CRV7, qui ont été retirées de la circulation depuis. (archives)

Photo : La Presse canadienne / Jason Franson

Radio-Canada

Les fusées CRV7 stockées dans le centre de munitions seront retirées durant les six prochaines années. Le centre se trouve au sud de Saskatoon, dans les plaines de la province.

Le détachement des Forces armées canadiennes de Dundurn est relativement petit. Mais, situé juste à l'est, le Dépôt de munitions des Forces canadiennes de Dundurn est le plus important du genre en matière de soldats déployés et de superficie, selon le ministère de la Défense nationale.

Dundurn détient environ 60 % de l'inventaire des munitions de l'armée canadienne. Et il reste plus de 83 000 véhicules-fusées CRV7 qui vont être éliminés les prochaines années.

Le centre sert de centre de distribution pour les soldats déployés dans tout le pays et dans le monde entier. Le ministère de la Défense nationale estime à près de 2 milliards de dollars la valeur des équipements présents sur place.

Un système de fusée autrefois populaire

Seuls les amateurs de jeux de simulation militaire ou les passionnés d'histoire militaire sont susceptibles d'avoir eu connaissance de ce système de fusée, qui a été adopté par l'armée canadienne dans les années 1970.

Toutefois, ce sont ceux qui ont utilisé l'arme lorsqu'elle a été mise au point qui s’en souviennent le mieux.

André Deschamps, lieutenant-général à la retraite, était l'un d'eux. Avant de devenir chef d'état-major de la Force aérienne, puis commandant de l'Aviation royale du Canada, il était pilote. Il a été aux commandes d'avions de chasse comme le C-104 Starfighter, qui étaient équipés pour transporter des CRV7.

Pour les années 1980, [la CRV7] a certainement été un pas en avant pour nous dans la Force aérienne, raconte M. Deschamps.

Photo d'archive de l'ancien lieutenant-général, Joseph Paul André Deschamps en train de faire un salut militaire.

Selon André Deschamps, ancien lieutenant-général, la CRV7 était certainement un pas en avant pour l'armée de l'air.

Photo : Radio-Canada / Fournie par Joseph Paul André Deschamps

Ces armes ont été conçues pendant la guerre froide et constituent un rare exemple de matériel militaire qui a été créé au Canada avant d'être largement adopté par les alliés de l'Organisation du Traité de l'Atlantique Nord (OTAN).

Il s'agissait d'une augmentation significative de la portée et de la létalité en raison de la vitesse supplémentaire de la fusée, et l'impact de l'ogive avait un effet assez dévastateur sur ce qu'elle visait, explique M. Deschamps.

Un déploiement européen

Ces roquettes ont été déployées avec les pilotes de chasse canadiens en Europe pendant la guerre froide. Le Royaume-Uni, la France, l'Allemagne et la République tchèque figurent parmi les pays qui les ont utilisées.

L'utilisation de la CRV7 chez ses alliés a également donné aux militaires canadiens un sentiment de fierté, dit le major à la retraite Harold Skaarup, ancien officier de renseignement.

Des photos de fusées CRV7 calcinées.

Des photos de fusées CRV7 calcinées figuraient dans un document d'appel d'offres fédéral.

Photo : Radio-Canada / Fournie par le Ministère de la Défense nationale / Documents d'appel d'offres

Le système de fusée était, et reste, un excellent exemple d'innovation et de collaboration canadienne. Nous ne serons pas en mesure d'arrêter une guerre mondiale par nous-mêmes. Nous devons travailler avec nos amis, dit Harold Skaarup.

Nous nous parlons donc les uns les autres. Nous travaillons les uns avec les autres. Et quand quelqu'un a une bonne idée, nous la partageons. L'un des exemples de cela est cette fusée particulière, précise Harold Skaarup.

Une fusée tombée dans l'oubli

Peu à peu, la CRV7 est tombée dans l'oubli. La fusée a été déclarée excédentaire, car de nouvelles armes et technologies plus rentables et plus performantes ont été élaborées.

Selon M. Deschamps, tout cela fait partie de l'évolution de la guerre. Au fur et à mesure que les systèmes et les technologies s'améliorent, on trouve de nouveaux moyens de produire des effets de combat efficaces.

La CRV7 était une arme efficace et bien conçue dans le sens où elle était rentable. Elle pouvait être utilisée par une grande variété d'aéronefs, sur des avions à voilure fixe, des chasseurs et des avions d'attaque légers, précise-t-il.

Elle était aussi utilisée sur des navires d'attaque héliportés. Elle était donc suffisamment polyvalente pour que vous puissiez l'adapter à pratiquement tout ce qui vole, ajoute le lieutenant-général à la retraite.

Un appel d’offres pour l’élimination des fusées

Selon un porte-parole du ministère de la Défense, les 83 000 dernières CRV7 encore en service au CFAD de Dundurn ont été achetées en 1987 ou en 1988.

Et c'est là qu'elles se trouvent depuis que les militaires ont cessé d'utiliser ces fusées, entre 2005 et 2007.

Un appel d'offres récemment lancé par le gouvernement fédéral permettra de désarmer et d'éliminer les dernières roquettes.

L'objectif est de terminer le travail dans les six ans suivant l'attribution du contrat.

Avec les informations d'Alexander Quon

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