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Une Première Nation veut des excuses pour les expulsions dans le parc Wood Buffalo

Le plus grand barrage de castors du monde dans le parc national de Wood Buffalo, en 2018.

Le parc national de Wood Buffalo est un site du patrimoine de l'UNESCO (2018).

Photo : Courtoisie Parcs Canada

Radio-Canada

De 1922 à 1944, les administrateurs du parc national Wood Buffalo ont expulsé des familles dénées du territoire et ont systématiquement violé le Traité no 8, révèle un nouveau rapport commandé par la Première Nation Chipewyan d’Athabasca. Celle-ci réclame des excuses officielles et des réparations d’Ottawa.

Le parc national Wood Buffalo, dans le nord de l’Alberta, a été créé en 1922, puis agrandi en 1926. En 1944, les administrateurs ont forcé des membres de Premières Nations à changer de communauté pour faciliter sa gestion.

Selon un nouveau rapport de la firme Willow Springs Strategic Solutions (Nouvelle fenêtre) (en anglais), commandé par la Première Nation Chipewyan d’Athabasca, chacune de ces étapes s’est accompagnée de violations systématiques des droits des Dénés.

La recherche confirme que plus d’une centaine de personnes ont été expulsées de leurs maisons et de leurs terres en 1944. Dans certains cas, les autorités du parc ont même mis le feu au domicile de ceux qui refusaient de partir.

C’est ce qui est arrivé à Helen Bruno, qui habitait Birch River à l’époque, et qui est la grand-mère du chef actuel de la Première Nation Chipewyan d’Athabasca, Allan Adam.

Cette histoire me met en colère. Nos gens n’ont pas cessé de souffrir depuis.

Une citation de :Allan Adam, chef de la Première Nation Chipewyan d'Athabasca

Il affirme que, si Parcs Canada souhaite réellement coopérer avec les Premières Nations pour mieux gérer les aires naturelles sur leurs territoires traditionnels, Ottawa doit d’abord s’excuser pour ces exactions et offrir une certaine forme de compensation.

Nous demandons que les vrais peuples originaires de ces terres soient reconnus.

Une citation de :Allan Adam, chef de la Première Nation Chipewyan d'Athabasca

Le rapport publié cette semaine est le résultat de deux ans de travail, de dizaines d’entrevues et de plusieurs documents historiques.

Selon sa principale auteure, Sabina Trimble, il a permis de déterminer un fait sans équivoque : La création du parc national Wood Buffalo [...] a violé le Traité no 8, qui promettait de protéger les droits des peuples dénés.

Le parc national Wood Buffalo.

Les autorités ont systématiquement empêché ces peuples de pratiquer leurs droits de chasse et de récolte qui étaient pourtant garantis sur papier, soutient ce rapport. (archives 2018)

Photo : Radio-Canada / Lennard Plantz

Les autorités ont systématiquement empêché ces peuples de pratiquer leurs droits de chasse et de récolte, qui étaient pourtant garantis sur papier, soutient le rapport. En 1944, elles ont forcé des centaines de membres de la nation dénée à abandonner leurs terres et leur communauté pour rejoindre une nation crie. Des familles ont été séparées, et plusieurs membres, entièrement coupés de leur communauté.

Alice Rigney, une aînée chipewyan, dit que c’était le cas de sa grand-mère, qui vivait à House River et qui a dû abandonner à peu près tout.

Dans les années 1930, se rappelle-t-elle, son père a reçu une contravention pour avoir chassé le canard dans le parc. Elle dit que cet événement lui a fait l’effet d’une gifle, car il essayait seulement de nourrir sa famille.

Alice Rigney croit, que dans un monde idéal, le parc devrait être redonné à la Première Nation Chipewyan d’Athabasca, mais elle aimerait au moins que la lumière soit faite sur son histoire. Je pense qu’il est grand temps que ce soit reconnu, dit-elle.

Vue d'oiseau sur un troupeau de bisons qui marche dans la neige.

Le bison des bois, vu ici en hiver dans le parc Wood Buffalo, est une espèce importante pour l'alimentation et la culture des communautés autochtones en Alberta.

Photo : Gouvernement de l'Alberta

Le gouvernement canadien a créé le parc pour essayer de préserver les hardes de bisons qui rétrécissaient à vue d'œil dans la région.

Dans une déclaration par courriel, le ministère de l’Environnement et des Parcs dit reconnaître les nombreuses épreuves et l’aliénation passée qu’ont subies les personnes et les communautés autochtones en raison de sa création.

Le ministre dit d’ailleurs avoir déjà exprimé son regret à ce sujet aux leaders autochtones concernés et au comité de gestion coopératif du parc national Wood Buffalo.

Avec des informations de Jamie Malbeuf

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