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Assurance-emploi : plusieurs travailleuses de Fredericton victimes de vol d’identité

Une personne travaille à l'ordinateur.

Des travailleuses en éducation ont été victimes de vol d'identité dans la région de Fredericton.

Photo : Radio-Canada

Pascal Raiche-Nogue

Plusieurs travailleuses en éducation de la région de Fredericton ont été victimes de vol d'identité au cours des derniers mois. De fausses déclarations à l'assurance-emploi ont été faites en leur nom, ce qui leur occasionne d'importants problèmes.

Les personnes touchées travaillent entre autres comme assistantes en éducation et comme adjointes administratives dans des écoles francophones de la région de la capitale. Une quinzaine de travailleuses sont touchées, selon leur syndicat.

Il s’agit d’employées du District scolaire francophone sud (DSFS) qui reçoivent des prestations de l’assurance-emploi lorsque les écoles ferment leurs portes, notamment lors de congés et de vacances.

Radio-Canada a pu s'entretenir avec huit d’entre elles mercredi.

Mélanie Gosselin en entrevue.

Des fraudeurs ont changé le numéro de compte bancaire de Mélanie Gosselin.

Photo : Radio-Canada

Elles ont expliqué comment des malfaiteurs ont eu accès à leur dossier à Service Canada pour changer divers renseignements personnels et demander des prestations en leur nom.

C’est le cas de Mélanie Gosselin, qui travaille à l’école des bâtisseurs, à Fredericton. Elle a eu vent de problèmes à son dossier il y a deux semaines.

Il y a cinq ou six demandes qui ont été faites à mon nom. Ils ont changé mon numéro de compte bancaire, ils ont changé ma demande de langue. Moi, c’est toujours en français, ils ont demandé d’être servis en anglais.

Une citation de :Mélanie Gosselin, victime

Elle explique que son compte a été bloqué et qu’elle a passé des heures au téléphone avec des agents de Service Canada. Elle attend toujours ses prestations.

Une expérience pour le moins frustrante et qui ressemble à celle de plusieurs autres personnes à qui nous avons parlé.

C’est toujours des attentes interminables pour te faire dire au bout d’une heure "ouin, t’as été fraudée, je ne peux rien faire à mon niveau, je transfère ça au département des fraudes", dit-elle.

Mélanie Gosselin consulte son dossier en ligne tous les jours pour voir si le problème est réglé, mais a déjà perdu espoir de recevoir l’argent qui lui est dû avant la rentrée.

Marie-Claude Lambert, qui travaille à l'école Sainte-Anne, est dans le même bateau. Elle a appris en mars – lorsqu’elle a demandé des prestations pour la semaine de relâche – que son compte avait été piraté.

Lorsque je me suis aperçue que je n’avais aucun paiement qui entrait dans mon compte, je me suis posé des questions. (...) C’est là que j’ai su qu’il y avait du monde qui avait changé le nom de ma mère, qui avait changé mon adresse et qui avait toutes mes informations en leur possession, raconte-t-elle.

Marie-Claude Lambert en entrevue.

Marie-Claude Lambert a été victime de vol d'identité.

Photo : Radio-Canada

Elle a récemment demandé des prestations pour le congé estival, mais n’a pas encore reçu de versement. La situation ne lui plaît pas du tout.

C'est un stress à savoir qui a mes informations en main. C'est un stress de ne pas savoir si je vais recevoir ces sous-là un moment donné, ou si c'est quelqu'un d'autre qui va les recevoir à ma place. C’est un stress à ne pas dormir des fois la nuit, dit-elle.

Marie-Claude Lambert rapporte aussi que des malfaiteurs ont demandé – sans succès – des cartes de crédit en son nom. Elle s’est abonnée à des services de surveillance du crédit, à ses frais.

Tout cela lui cause énormément d’angoisse. C’est comme mon identité qui vient de disparaître. Et je me dis, est-ce qu’à un moment donné, ça va finir tout ça?

Radio-Canada a demandé des renseignements sur ces vols d’identité à Emploi et développement social Canada qui administre le régime d’assurance-emploi. Nous n’avons pas eu de réponse qui permet de mieux comprendre ce qui s’est passé.

Le bureau de relation avec les médias de ce ministère explique par courriel que la protection des renseignements personnels des citoyens canadiens demeure une priorité absolue et que le ministère a des mesures solides en place pour détecter toute activité suspecte impliquant des comptes de clients.

Quant à la directrice générale du District scolaire francophone sud (DSFS), Monique Boudreau, elle a dit avoir de l’empathie pour les travailleuses touchées.

On trouve que c'est une situation malheureuse pour nos employés. On voudrait bien les aider, mais ce n'est pas une situation qui est en notre contrôle.

Une citation de :Monique Boudreau, DSFS

Elle a tenté de relativiser les choses en faisant remarquer qu’une infime partie des employés du DSFS semblent avoir été visés par les fraudeurs.

On a quand même environ 400 assistants en éducation et on a d’autres employés aussi dans notre organisation qui ont des prestations d’assurance-emploi pendant l’été et ils ne semblent pas avoir été affectés par la situation.

Monique Boudreau dit d’ailleurs croire que l’infrastructure informatique utilisée par le DSFS n’est pas du tout mise en cause.

Les données de nos employés sont protégées et sont sur un réseau provincial. Ce n’est pas notre réseau, ici à l’intérieur du District. Ça relève du ministère de l’Éducation. Ce sont des réseaux qui sont sécurisés.

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