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Origine de la COVID-19 : la Chine dénonce « l'arrogance » de l'OMS

Des policiers devant l'Institut de virologie de Wuhan, en Chine.

Les autorités chinoises martèlent qu'il est impensable qu'une fuite de laboratoire soit à l'origine de la pandémie de COVID-19.

Photo : Thomas Peter/Reuters

Agence France-Presse

« Arrogance » et « manque de respect ». La Chine a vivement critiqué jeudi la demande de l'OMS de poursuivre sur son sol l'enquête sur les origines de la COVID-19, s'attirant une réplique véhémente de Washington sur son attitude jugée « irresponsable ».

Les premiers malades du coronavirus ont été répertoriés à la fin de 2019 dans la ville chinoise de Wuhan. Le virus s'est depuis répandu à la surface du globe, faisant plus de 4 millions de victimes à ce jour.

Plus d'un an et demi après le début de la pandémie, les scientifiques peinent toujours à en retracer l'origine, et le sujet est devenu un énième point de contentieux dans les relations déjà bien tendues entre la Chine et les États-Unis.

La Chine a révélé le 31 décembre 2019 à l'Organisation mondiale de la santé (OMS) l'existence d'un foyer de pneumonie virale inconnue sur son sol.

Mais Pékin n'admet pas pour autant que le coronavirus soit d'origine chinoise et a même laissé entendre qu'il aurait pu être importé dans le pays.

Le régime du président Xi Jinping combat aussi farouchement la théorie selon laquelle le coronavirus responsable de la COVID-19 aurait pu s'échapper d'un de ses laboratoires, en particulier de ceux de l'Institut de virologie de Wuhan, pointé du doigt par l'ex-administration Trump (2017-2021).

Une hypothèse qui revient en force

Longtemps balayée du revers de la main par la plupart des experts, cette hypothèse revient cependant en force ces derniers mois.

Le chef de l'Organisation mondiale de la santé, Tedros Adhanom Ghebreyesus, a lui-même demandé la semaine dernière un audit des laboratoires dans les régions où les premiers cas de coronavirus ont été détectés – une référence à Wuhan.

Jeudi, Pékin a rejeté en bloc cette proposition et s'est dit extrêmement surpris.

Elle révèle un manque de respect pour le bon sens et une arrogance envers la science, a estimé devant la presse le vice ministre chinois de la Santé, Zeng Yixin.

M. Zeng a par ailleurs récusé la théorie de la fuite de laboratoire, qualifiée de rumeur.

L'Institut de virologie de Wuhan n'a jamais mené de recherches sur les coronavirus, a-t-il assuré aux journalistes.

Les États-Unis critiquent la position chinoise

La réponse des États-Unis, engagés dans un bras de fer tous azimuts avec le géant asiatique, ne s'est pas fait attendre longtemps.

La position chinoise est irresponsable et dangereuse, a lancé jeudi la porte-parole de la Maison-Blanche. Jen Psaki. Ce n'est pas le moment de faire obstruction, a-t-elle critiqué.

Le chef de l'OMS, longtemps accusé d'être trop complaisant envers Pékin, avait déjà créé la surprise en mars en demandant des enquêtes supplémentaires.

Quelques semaines plus tôt, des experts internationaux dépêchés à Wuhan par l'OMS avaient pourtant jugé extrêmement improbable que le virus provienne d'un laboratoire, privilégiant la piste d'une contamination naturelle par des animaux.

Cette conclusion est cependant mise en doute par Washington.

L'administration américaine a souligné à plusieurs reprises que l'équipe de l'OMS ne comportait pas de spécialistes capables d'évaluer la sécurité des laboratoires.

Le Dr Tedros a lui évoqué la semaine dernière un manque de partage par Pékin de données brutes sur le virus, ce qui constitue un problème pour déterminer l'origine de l'épidémie.

La Chine s'en défend et critique à son tour un manque de transparence des États-Unis.

Responsables chinois comme médias d'État ciblent en particulier le laboratoire de Fort Detrick, près de Washington, comme étant à l'origine de la COVID-19.

Ce laboratoire est au cœur de la recherche américaine contre le bioterrorisme.

Selon le Global Times, quotidien chinois au ton résolument nationaliste, cinq millions d'internautes avaient signé mercredi une pétition pour l'ouverture d'une enquête sur Fort Detrick.

La controverse risque d'être au menu des discussions qu'aura en Chine à partir de dimanche la vice-secrétaire d'État Wendy Sherman, la plus haute responsable américaine à se rendre dans le pays depuis l'arrivée de Joe Biden à la Maison-Blanche.

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