•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Achalandage et pénurie de personnel : des salles d'accouchement débordées

Du personnel médical

Une équipe de médecins et d’infirmières avec un bébé naissant après un accouchement

Photo : Avec la gracieuseté de Mélanie Provencher

Plusieurs départements d'obstétriques du Québec souffrent d’un manque important de personnel. Et depuis le début de l’été, certaines salles d'accouchement ont vu leur achalandage augmenter, ce qui, ajouté à la pénurie de personnel, fait craindre des ruptures de services, même dans les grands centres.

On observe une très significative hausse du nombre d'accouchements par semaine, lance la Dre Frédérique Latraverse, chef de l'obstétrique à l'Hôpital Cité de la Santé de Laval.

La moyenne d'accouchement par semaine chez nous, c'est à peu près 70 étalés sur 52 semaines, et depuis 3 semaines, on frôle le 90, explique-t-elle.

Et ce n'est pas le seul établissement de santé qui note une augmentation des activités obstétriques depuis quelques semaines.

Notre salle d'accouchement est pleine tout le temps. Et on voit beaucoup de premières visites de grossesse, affirme la Dre Diane Francoeur, obstétricienne au CHU Sainte-Justine.

Projections des accouchements de la mi-juin à la mi-août 2021 par rapport à 2020

CHU de Québec-Université Laval : hausse de 14,60 %

(Deux centres d'obstétrique : CHUL et l'hôpital Saint-François d'Assise)

Projections des accouchements de la mi-juin à la mi-juillet 2021 par rapport à 2020

CHU-Sainte-Justine : hausse de 10 à 12 %

Projections des accouchements de la mi-juillet à la mi-août 2021 par rapport à 2020

Laval : hausse de 14,78 %

Sources : CISSS et CIUSS

Trop tôt pour une tendance à la hausse

À la fin de 2020 et au début de 2021, l'Institut de la statistique du Québec enregistrait une légère baisse des naissances au Québec, ce qui correspondait aux conceptions qui ont eu lieu au début de la pandémie.

Toutefois, le ministère de la Santé indique maintenant que des informations qui nous sont rapportées du terrain nous confirment une augmentation d'activité en obstétrique, mais les données officielles sur le sujet seront disponibles ultérieurement. Des données préliminaires nous indiquent une augmentation d'environ 500 naissances en juin 2021 par rapport à juin 2020.

En revanche, il est trop tôt pour parler d'une tendance à la hausse, précise le démographe Frédéric Fleur-Payeur. Sur la base seulement de données régionales, et d'un seul mois, vraiment pour moi ça me semble un peu tôt pour se prononcer.

Pénurie de personnel

Néanmoins, avec la pénurie de personnel, dont les infirmières spécialisées en obstétrique qui se font rares, l'impact se fait sentir dans les salles d'accouchement.

C'est un challenge, affirme la Dre Latraverse.

Ce n'est pas l'incapacité d'accoucher les gens. C'est une situation où, par manque de personnel, on est à la frontière du bris de service. Et les gens nous appellent des autres hôpitaux pour qu'on accouche de leurs patientes, relate-t-elle.

Transférer des patientes d'un centre d'accouchement à l'autre, c'est le genre de situations qu'on voit parfois dans des régions éloignées comme Chibougamau ou la Gaspésie. Mais c'est devenu une réalité pour la Dre Martine Bernard, obstétricienne à l'Hôpital Maisonneuve-Rosemont et secrétaire de l'Association des gynécologues obstétriciens du Québec, qui pratique depuis 20 ans.

Je fais beaucoup de remplacements, je vais aller aider énormément dans d'autres régions. Mais être obligée de dire dans mon centre : à l'aide, je ne peux pas vous accueillir madame, je vais vous envoyer ailleurs, je n'ai jamais vu ça!

Infirmières à bout de souffle

Devant l'Hôpital Honoré-Mercier à Sainte-Hyacinthe, parmi les quatre infirmières qui vont entamer leur quart de travail, Valérie Hébert, infirmière en obstétrique depuis 15 ans et assistante-cheffe de son département, explique la situation.

J'ai ma vocation, j'adore mon métier, je suis dévouée, mais c'est la première fois vraiment pour moi que je rentre avec la peur et l'angoisse.

Avec la surcharge de travail, les heures supplémentaires volontaires ou obligatoires, elle s'inquiète pour la qualité des soins. Au niveau des soins des patients, c'est plate, mais on y va au minimum.

Devant cette autre crise, il est grand temps, disent des professionnels en santé, de valoriser les infirmières spécialisées en obstétrique qui font tout pour garder le cap. Leur cas est comme celui des urgences, il est impossible de reporter les accouchements.

On va au plus urgent, mais on ne va pas abandonner aucune femme enceinte. Parfois, il faut prendre des décisions difficiles, mais les décisions sont prises, et la sécurité reste le critère numéro un. Je pense qu'il faut rassurer tout le monde, conclut la Dre Francoeur.

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !