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Des ours affamés à l’assaut des ruches de producteurs de miel au Manitoba

Des ruches en morceaux sur le sol.

Des ruches de l'apiculteur Osee Podolsky renversées par un ours

Photo : Osee Podolsky

Radio-Canada

Un apiculteur manitobain, Osee Podolsky, affirme que des ours affamés ont détruit plus de 200 de ses ruches cette année.

Osee Podolsky, de la ferme de miel Podolski Honey Farms à Ethelbert, situé à 290 km au nord-ouest de Winnipeg, dit que les producteurs de miel sont de plus en plus préoccupés par la présence accrue d’ours dans la région.

La présence d’ours devient incontrôlable , lance-t-il. Le monde les voit beaucoup. Les fermiers s’inquiètent pour leur bétail, surtout pour leurs veaux.

Lors d’une année normale, indique Osee Podolsky, les ours détruisent entre 15 et 20 de ses ruches. Cette année, ce nombre est bien au-dessus de 200. Osee Podolsky compte environ 3000 colonies d’abeilles.

C’est une quantité significative de destruction. Les ruches sont une perte totale à ce moment-là et il n’y a rien à sauver. Ça nous coûte très cher, poursuit le producteur de miel.

La destruction d’une seule ruche coûte plus de 2000 $ au fermier, qui doit remplacer la ruche en plus de perdre sa production ainsi que la possibilité de diviser une ruche.

Environ 80 % des pertes sont couvertes par un programme d’assurance du gouvernement provincial.

Osee Podolsky prend ses propres mesures pour limiter les pertes. Ce qu’on fait principalement, c’est de construire des clôtures, d'abandonner des sites et de travailler avec des agents de conservation pour capturer des ours, dit-il.

Le producteur précise qu’il est trop cher de constamment construire des clôtures et qu’il a dû abandonner certains excellents lieux de production de miel.

Winnie l’ourson n’avait pas tout à fait raison, fait-il remarquer. Bien que les ours mangent le miel, ils s’intéressent plus aux larves, parce qu’il s’agit d'une source très, très riche en protéines.

Hausse d’interactions avec les ours

La biologiste de la province spécialisée en conflits entre les humains et les animaux Janine Wilmot affirme que lors d’une année typique, la province enregistre 1500 interactions entre les ours et les personnes.

En 2021, la province en a déjà enregistré environ 1400. Il est probable que ce soit une année supérieure à la moyenne en ce qui concerne les signalements d’interactions, affirme la biologiste.

Quant aux apiculteurs, la province indique qu’elle a capturé neuf ours en réponse à des conflits de ruche cette année. Il s’agit du même nombre que pour l’entièreté de 2020 et plus que le bilan total de 2019 (7) et de 2018 (5).

Osee Podolsky soupçonne que l’interdiction de voyages de loisir entre le Canada et les États-Unis soit responsable de nombre accru d’incidents, les chasseurs américains ne pouvant pas venir chasser l’ours au Manitoba.

Le nombre de permis de chasse à l’ours délivrés par la province a effectivement baissé pendant la pandémie. Aucun permis n’a été délivré à un étranger cette année et l’année dernière. Avant la pandémie, la province donnait un peu moins de 2000 permis à des étrangers chaque année.

Janine Wilmot reconnaît que la baisse de la chasse pourrait être un facteur de l'augmentation des signalements d’ours dans certains secteurs locaux de la province où plus d’étrangers vont chasser.

Cependant, la sécheresse actuelle pourrait aussi jouer un rôle, dit-elle.

Avec les conditions de sécheresse […], il y a très peu de nourriture pour les ours noirs cette année. Ils se déplacent plus loin pour essayer de trouver des sources de nourriture. C’est probablement un facteur important dans la hausse de signalements, explique Janine Wilmot.

Le dernier facteur, poursuit-elle, est la pandémie qui pousse les Manitobains à explorer la province. Plus de personnes au pays des ours égale une plus forte chance de rencontrer des ours.

Avec les informations de Thibault Jourdan et de Renée Lilley

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