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Colombie : timide réforme de la police dans un pays en ébullition

Une petite fille sur les épaules d'une adulte portant un masque et brandissant un drapeau au milieu de manifestants.

Une manifestation à Bogota

Photo : Reuters / NATHALIA ANGARITA

Radio-Canada

Au lendemain de grandes manifestations en Colombie, le gouvernement a présenté mercredi au Parlement un projet de loi visant à réformer la police qui est accusée de répression brutale contre les manifestants. Cependant, le projet ne prévoit pas de retirer la police de la tutelle du ministère de la Défense, comme demandé par le mouvement de protestation.

Le gouvernement fait face depuis fin avril à un mouvement de protestation sociale, qui exige plus de justice sociale et un État plus solidaire en raison des dégâts sociaux causés par la pandémie.

Les manifestants réclament également une réforme de la police dont la répression a fait plus de 60 morts lors des manifestations.

De son côté, la Commission interaméricaine des droits de la personne (CIDH) avait dénoncé début juillet la réponse disproportionnée et meurtrière des forces de sécurité contre les manifestations.

La CIDH recommandait notamment la nécessité de faire de la police une institution civile, en raison de la persistance d'une logique de conflit armé dans la réponse à la mobilisation sociale.

Le ministre de la Défense Diego Molano soutient que la police nationale doit faire partie du ministère de la Défense en raison des conditions de menaces et de violence auxquelles la Colombie est toujours soumise.

Dans un pays marqué par des décennies de conflit armé, la police a des fonctions dans la lutte contre le trafic de drogue, la sécurité des citoyens [...] la lutte contre la contrebande et cela nécessite une plus grande coordination avec les forces militaires, a justifié M. Molano.

Plusieurs mois de protestation

Le projet de loi prévoit entre autres une meilleure formation des policiers et des sanctions pour ceux qui ne s'identifient pas complètement lors des interpellations ou empêchent que soient filmées leurs actions.

Le gouvernement de droite d'Ivan Duque, au pouvoir depuis 2018, a affronté plusieurs vagues de contestation. La dernière a débuté fin avril pour protester contre un projet de réforme de l'impôt sur le revenu, depuis retiré.

Le mouvement s'est ensuite transformé en des manifestations contre la politique gouvernementale. Lors de la manifestation de mardi, 70 personnes ont été arrêtées après des affrontements avec la police à Bogota, à Medellin et à Cali.

Environ 50 personnes, 24 civils et 26 policiers, ont par ailleurs été blessées, selon la Défense du peuple, organisme public chargé de veiller au respect des droits de la personne.

Pauvreté en hausse

La pauvreté déjà présente au pays a été exacerbée par les conséquences de la pandémie. Quelque 42 % des 50 millions de Colombiens vivent désormais dans la pauvreté.

Le Comité national de grève, qui est à l’origine des manifestations, avait appelé à une reprise des contestations après avoir suspendu la mobilisation le 15 juin dernier.

Composé d’étudiants, d’associations indigènes et sociales, le Comité avait entamé des négociations avec le gouvernement durant plusieurs semaines, mais celles-ci n’ont pas abouti.

La veille de la manifestation, le gouvernement avait annoncé le déploiement de 65 000 militaires et policiers dans le pays, accusant le mouvement d’être infiltré par des dissidents de l’ex-guérilla des Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC) et des rebelles de l’Armée nationale de libération (ELN), dernière guérilla active dans le pays.

Avec les informations de Agence France-Presse, et Le Monde

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