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Forêts anciennes : plus de 450 arrestations aux barricades sur l'île de Vancouver

« Pas d'arbres, pas de futur », est-il écrit sur un panneau de bois.

Le bassin versant de Fairy Creek est l'une des dernières forêts anciennes encore intactes dans le sud de l'île de Vancouver.

Photo : Radio-Canada / Keiran Oudshoorn

Depuis le début de l’application de l’injonction accordée à l’entreprise forestière Teal-Jones, à la mi-mai, la Gendarmerie royale du Canada (GRC) a procédé à 452 arrestations de manifestants se trouvant aux barricades qui protègent des forêts anciennes de l'île de Vancouver. Malgré cela, les militants sont loin de vouloir abandonner la cause.

Nous sommes encore là et nous avons encore beaucoup d’énergie. Nous sommes dévoués et nous allons être là pour longtemps, assure l’un de ces défenseurs, John Hayes, qui ajoute que les arrestations ne font que motiver les manifestants.

Les policiers se concentrent maintenant sur le secteur de la route Reid, près du campement Waterfall, confirme le responsable des communications à la GRC, le sergent Chris Manseau.

Des tentes et des véhicules bloquent une route forestière.

Le nombre et l'emplacement des campements varient selon les priorités, explique John Hayes.

Photo : MIKE MCARTHUR / CBC

Malgré le moratoire de deux ans sur la coupe de forêt dans le secteur de Fairy Creek, accordé par la province au début du mois de juin, l’injonction s’applique toujours et les arrestations se poursuivent pour permettre le passage de l’entreprise forestière, explique le sergent.

On doit continuer jusqu’à ce qu’il n’y ait plus de manifestants ou que l’industrie nous dise que c’est assez, qu’ils ont coupé les arbres et qu’ils ont terminé pour l’été, mais d’ici là on continue, dit-il, en ajoutant être fier que les 452 arrestations se soient déroulées sans qu'il n'y ait de blessés.

John Hayes, dont le rôle aux barricades est de protéger les défenseurs autochtones qui se trouvent sur place, n’est pas du même avis.

Je ne veux pas dire que les policiers sont toujours violents, mais ils emploient des tactiques dangereuses et qui ont blessé certaines personnes, dit-il.

Il souligne qu'il comprend la frustration de certains policiers qui voient le mouvement perdurer, mais il reste convaincu du bien-fondé et de l’importance de protéger ces forêts coûte que coûte.

« Je pense qu’on est du bon côté de l’histoire. Nous n’avons peut-être pas la loi, mais nous avons la justice de notre côté. »

— Une citation de  John Hayes, manifestant

Il rappelle que depuis quelques semaines, le mouvement s’est d’ailleurs étendu à l’extérieur de l'île de Vancouver avec des barricades érigées près de Revelstoke, ainsi que par des membres des nations Gitxsan et Squamish qui demandent à protéger leur forêt.

Victoire des médias contre la GRC

Mardi, la Cour suprême de la Colombie-Britannique a prononcé un jugement en faveur de l’Association canadienne des journalistes (CAJ) contre l’établissement de zone d'exclusion pour les médias lors des arrestations dans le secteur de Fairy Creek.

Je ne suis pas convaincu que les zones d'exclusion et les points de contrôle d'accès sont justifiés comme étant raisonnablement nécessaires afin de donner à la police l'espace dont elle a besoin, a indiqué le juge Douglas Thompson.

La décision de la Cour suprême n'oblige pas la GRC à changer immédiatement sa manière de faire, mais oblige toutefois ses agents à réexaminer leurs méthodes, souligne le communiqué de la CAJ.

Des manifestants et des agents de la GRC à côté d'un immense tronc d'arbre aux barricades de Caycuse, en mai 2021.

Depuis bientôt un an, des barricades ont été érigées à plusieurs endroits au sud de l'île de Vancouver pour protéger ce qu'il reste des forêts anciennes de San Juan.

Photo : The Canadian Press / Jen Osborne

Cette décision sonne comme une sonnette d'alarme pour tous ceux qui appliquent la loi au pays. Nous espérons que les jours d'entrave, de restriction ou d'interférence avec les journalistes sont maintenant loin derrière nous, souligne le président de l’association, Brent Jolly.

Je suis très fier de l’accès qu’on a donné aux médias, mais si ça change quelque chose, on va le faire, affirme de son côté le sergent Chris Manseau.

La GRC devra prendre connaissance de la décision du juge avant de déterminer si des actions doivent être prises pour garantir l’accès des médias lors des arrestations.

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