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En C.-B., des terres ancestrales seront rendues aux Premières Nations

Le chef de la Première Nation de Semá:th, Dalton Silver, tient une pagaie dans ses mains, en point de presse.

Lors d'un échange de présents, le chef de la Première Nation de Semá:th, Dalton Silver, a remis une pagaie symbolique au ministre des Relations autochtones et de la Réconciliation de la Colombie-Britannique, Murray Rankin, au nom de la LMS Society.

Photo : Radio-Canada

Quelque 600 000 m² de terres de la Couronne situées près du pensionnat pour Autochtone de St Mary's à Mission, dans la vallée du Fraser, seront retournés aux Premières Nations de Leq’á:mel (Lakahahmen), Mathexwi (Matsqui) et Semá:th (Sumas).

Après près de dix ans de négociations, les trois communautés ont signé mercredi un accord intitulé Í:xel Sq'eq'ó  [Ensemble, nous pagayons, en Hul’qumi’num] avec la province et la ville de Mission.

Le terrain retourné sera subdivisé pour créer un parc communautaire, géré par la ville de Mission en collaboration avec la LMS Society, qui représente les trois Premières Nations.

Cet espace préservera l'histoire et le caractère de ces terres ancestrales.

Les Premières Nations pourront aussi utiliser deux parcelles du terrain rendu pour du développement économique et social ainsi que la création de logements dans le secteur.

Un jour, le parc communautaire permettra aux enfants des Premières Nations et de ceux de Mission de grandir, rire, et jouer ensemble, en apprenant du passé, espère Alice McKay, cheffe de la Première Nation de Mathexwi (Matsqui).

Comme elle, de nombreux membres de la Première Nation de Mathexwi ont fréquenté des pensionnats pour Autochtones. Le terrain retourné aux communautés est par ailleurs adjacent à celui de l'ancien pensionnat de Mission.

On ne peut pas parler de réconciliation, parce qu’il n’y a jamais eu de relation sur laquelle se baser, dit Alice McKay, en rapportant les propos de son petit-fils. Mais maintenant, il est temps de construire cette relation. Je pense que c’est ce qu’on est en train de faire en ce moment.

Nous voulons apprendre à travailler ensemble, assure-t-elle, en soulignant que le chemin est encore long. Il faut pagayer, ensemble, dans la même direction, poursuit la cheffe de la Première Nation de Mathexwi.

Un nouveau chapitre de l’histoire

En redonnant ces terres aux peuples autochtones, le maire de Mission, Paul Horn, souhaite entamer un nouveau chapitre de l’histoire locale, qui prendra en compte les valeurs de ces peuples, leur culture du territoire et leur histoire. La ville de Mission veut ouvrir la marche de la Réconciliation, renchérit-il.

Trop souvent, [nos ancêtres] ont traité ces terres dans l’indifférence et les peuples autochtones dans l'irrespect, affirme-t-il. Ce leg repose sur nous. Il est temps d'apprendre de cela.

La ville de Mission reflète elle-même ce passé dans son nom, poursuit-il. Il est fondé sur l’idée qu’il y avait quelque chose d’inhérent, de mauvais, dans la culture autochtone et qu’il fallait le changer.

Aujourd'hui, on a besoin de donner une autre définition à notre ville, d’apprendre plutôt que d’enseigner, de triompher ensemble plutôt qu’aux dépens d’autres personnes, annonce-t-il.

Créer un précédent?

Si cet accord est unique pour le ministre des Relations autochtones et de la Réconciliation de la Colombie-Britannique, Murray Rankin, ce dernier espère qu’il ne le restera pas.

Ceux qui me demandent comment aider à la réconciliation, je les renverrai au leadership du maire Horne, de la LMS Society et des nations qui sont ici aujourd'hui. C'est vraiment une occasion qui peut être reproduite ailleurs, soutient-il.

Cette annonce survient après que des découvertes macabres aient été faites récemment en Colombie-Britannique et en Saskatchewan, près de sites d'anciens pensionnats pour Autochtones.

Le pensionnat St Mary’s de Mission a été le premier à ouvrir ses portes en Colombie-Britannique, en 1863, pour les refermer 121 ans plus tard, en 1984.

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