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Troubles alimentaires : certains soins inexistants dans la région de Sudbury

Personne sur une balance, dans une pièce sombre.

Les troubles alimentaires sont en hausse en Ontario dans plusieurs régions, notamment Ottawa et Sudbury.

Photo : iStock / Tero Vesalainen

Face à une hausse des patients nécessitant des soins en raison d’un trouble alimentaire, les ressources manquent dans la région de Sudbury. Horizon Santé-Nord (HSN) doit se résigner à placer les patients sur une liste d’attente ou à les envoyer dans le sud de la province.

C’est que l’hôpital n’a pas de lits proprement désignés pour le traitement des patients qui souffrent de troubles alimentaires, que ce soit l'anorexie, la boulimie ou l'hyperphagie boulimique.

Pour des besoins liés à un trouble alimentaire, les patients sont redirigés vers des ressources externes à l’hôpital.

En date de juillet 2021, plus de 215 personnes étaient en attente d’une place pour des services du genre dans la région couverte par HSN.

Un édifice de l'hôpital Horizon Santé-Nord

Horizon Santé-Nord n'a pas de lits désignés pour les patients atteints de troubles alimentaires.

Photo : Radio-Canada / Yvon Theriault

Selon un porte-parole d’HSN, le nombre de personnes fréquentant les programmes régionaux pour les troubles alimentaires a augmenté de 58,6 % au cours des cinq dernières années.

En ce qui a trait aux cas plus sévères de malnutrition liés à un trouble alimentaire, HSN ne peut pas les traiter, et doit les référer à un hôpital dans le Sud de la province.

Les régions de Toronto, Ottawa et London sont les seules en Ontario qui ont des lits pour soigner les personnes souffrant de malnutrition sévère en raison d’un trouble alimentaire.

L’hôpital indique que le premier résultat du plan stratégique de HSN prévoit la création de nouveaux lits pour répondre à la demande, tout en réduisant la nécessité pour les gens de se rendre à l'extérieur de la région pour recevoir des soins.

L’équilibre entre la santé mentale et physique

Selon Hany Bissada, psychiatre et ancien directeur de l’aile des troubles alimentaires de l’hôpital général d’Ottawa, les hôpitaux qui ont des lits pour les troubles alimentaires doivent souvent traiter des cas de malnutrition extrêmes.

Quand les patients vomissent beaucoup, ou prennent des laxatifs pour éviter de prendre du poids, c’est très dangereux pour leur santé, explique-t-il.

Un patient peut se retrouver avec de sévères carences en potassium [en raison de ces comportements] ce qui peut mener à des crises cardiaques, ajoute-t-il.

Les troubles alimentaires étant d’abord et avant tout un enjeu de santé mentale, M. Bissada affirme que les patients doivent d’abord être soignés physiquement avant de pouvoir traiter leur trouble.

Ce n’est que lorsque le patient aura repris des forces, qu’il aura repris un peu de poids, qu’il aura la capacité de concentration nécessaire pour recevoir des séances de thérapie, explique-t-il.

Des ambulances stationnées à l'urgence de l'Hôpital d'Ottawa.

L'hôpital général d'Ottawa est un des hôpitaux qui accueille des patients qui sont fortement affectés par leur trouble alimentaire.

Photo : Radio-Canada / Brian Morris

Mais alors que la tendance des troubles alimentaires est à la hausse partout en province, M. Bissada rappelle que l’hôpital général d’Ottawa n’a encore que six lits réservés aux troubles alimentaires

Le peu de développement du nombre de places en province est le résultat de préjugés selon lui.

Il y a encore des gens, y compris des médecins, qui pensent qu’on ne devrait pas traiter les troubles alimentaires, car ils pensent que ce sont des dommages que les patients s’infligent eux-mêmes, explique-t-il, affirmant que ces préjugés ont affecté la création de places en province.

Mais c’est faux, le patient ne fait pas ça à lui-même, c’est malgré lui, dit-il.

Maintenant, c’est en train de s’améliorer avec l’éducation permanente, ajoute-t-il.

M. Bissada affirme que la pandémie peut avoir mené à l’augmentation des troubles alimentaires, avec ce qu’il a observé avec ses patients.

Beaucoup de mes patients sont désespérés d’avoir pris du poids en raison des confinements, ces attitudes peuvent mener à des troubles alimentaires, indique-t-il.

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