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Rejet du projet de GNL Québec : les réactions fusent

Un plan aérien permet de voir où aurait pris place le projet de GNL Québec.

Un plan aérien du projet de GNL Québec

Photo : Radio-Canada

Favorable à l’implantation du projet d’usine de liquéfaction de gaz naturel de GNL Québec, la mairesse de Saguenay, Josée Néron, cachait mal sa déception à la suite de la décision du gouvernement Legault.

Si la mairesse souhaitait que le projet Énergie Saguenay voie le jour au port de Grande-Anse, elle a tout même insisté sur le fait que celui-ci devait répondre aux exigences environnementales formulées par Québec, ce qui n’a pas été le cas, tel que l’a expliqué le ministre de l’Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques, Benoit Charette, en conférence de presse, mercredi après-midi.

Disons que c’est décevant pour nous et pour les citoyens de Saguenay. Qu'on le veuille ou pas, c’était un projet qui avait des possibilités de créations d’emplois très intéressantes et avec des retombées économiques importantes pour la ville et pour le Québec. Cela dit, c’était une condition sine qua non pour le conseil municipal, le promoteur devait obtenir le certificat d’autorisation de la part du gouvernement du Québec, a réagi la mairesse, jointe en Estrie, où elle se trouve en vacances.

La mairesse de Saguenay et cheffe de l'ERD, Josée Néron, sollicitera un deuxième mandat à la mairie.

La mairesse de Saguenay avait des sentiments partagés à la suite de l'annonce du gouvernement.

Photo : Radio-Canada / Titouan Bussiere

À la lumière des développements des dernières semaines dans ce dossier, Josée Néron n’est cependant pas étonnée de la décision rendue par Québec. Avec tous les événements des dernières semaines, on pouvait s’attendre à ce que le gouvernement rende sa décision en ce sens […] C’est la décision du gouvernement, on va la respecter, mais en matière de développement économique, Saguenay a d’autres projets sur lesquels on entend se pencher, a mentionné la mairesse, citant l'implantation d'autres entreprises dans la zone industrialo-portuaire de Saguenay (ZIP).

La branche de développement économique de Saguenay, Promotion Saguenay, souhaitait qu'Énergie Saguenay se concrétise. Son directeur général, Patrick Bérubé, espère dénicher d'autres promoteurs qui veulent venir s'installer dans la région.

Évidemment, on est déçus. Ça faisait plusieurs années qu’on travaillait avec le promoteur pour que le projet puisse se réaliser. C’était quand même un projet de plusieurs milliards de dollars et de centaines d’emplois. L’impact va être grand. Maintenant, nous, notre responsabilité comme corporation de développement économique, c’est de faire en sorte de dénicher de nouvelles entreprises prêtes à investir des sommes similaires et faire en sorte qu’ils choisissent le Saguenay, a commenté le DG.

La Chambre de commerce déçue

La Chambre de commerce et d’industrie Saguenay-Le Fjord, qui souhaitait que le projet se réalise en raison des retombées économiques anticipées, a réagi à la décision de Québec par voie de communiqué.

La présidente-directrice générale, Sandra Rossignol, a indiqué que son organisation prend acte de la décision gouvernementale, prise lors d’une assemblée spéciale du Conseil des ministres tenue mercredi. Toutefois, la déception de voir ce projet abandonné est vive chez les membres.

Le Saguenay aurait bien profité de la diversification et des retombées économiques qu’aurait apportées un projet tel qu’Énergie Saguenay. Nous saluons d’ailleurs le travail acharné et la rigueur que les promoteurs ont démontrés tout au long du dossier. Nous croyons au potentiel de Saguenay comme terre d’accueil pour les projets industriels d’importance et en ce sens, la Chambre de commerce et d’industrie Saguenay-Le Fjord va continuer à soutenir les entrepreneurs et les promoteurs qui veulent développer et innover au Saguenay, a fait valoir Sandra Rossignol.

L’Administration portuaire de Saguenay, qui administre le port de Grande-Anse, où l’usine de GNL Québec aurait été construite, a aussi manifesté sa déception. Le directeur général, Carl Laberge, qui porte aussi le chapeau de président du conseil d’administration de la Chambre de commerce et d’industrie Saguenay-Le Fjord, est d’avis que la région passe à côté d’un projet riche en potentiel.

Nous allons continuer de travailler avec nos partenaires pour attirer et développer des projets porteurs dans la zone industrialo-portuaire de Saguenay. Nous avons la chance d’avoir ici un site stratégique, au fort potentiel de développement, et cette décision met en lumière toute l’importance de travailler plusieurs projets en parallèle en collaboration avec le milieu, a-t-il exprimé, également par voie de communiqué.

Soulagement chez les opposants

Pour leur part, les Innus de Mashteuiatsh ont salué la décision du ministre Benoit Charette. Les communautés autochtones de Mashteuiatsh, de Pessamit et d’Essipit avaient d’ailleurs rompu le dialogue avec GNL Québec la semaine dernière.

On est très heureux de l’annonce du gouvernement de la CAQ qui s’inscrit en ligne directe avec notre position, que nous avions fait connaître en mai dernier. On ne considérait pas que le projet de GNL Québec était viable pour le futur et également pour l’environnement, a exprimé le vice-chef aux relations avec les Premières Nations et les gouvernements à Mashteuiatsh, Charles-Édouard Verreault.

Les chefs innus avaient évoqué la possibilité d’entreprendre des recours judiciaires si le gouvernement donnait son aval à ce projet.

Charles-Édouard Verreault, vice-chef des Innus de Mashteuiatsh.

Charles-Édouard Verreault, vice-chef des Innus de Mashteuiatsh

Photo : Radio-Canada / Guy Bois

Je crois qu’on a joué un rôle très important dans la prise de décision, on a fait valoir notre position très forte et sans équivoque. On avait dit qu’on ne laisserait jamais voir le jour de ce projet sur le territoire innu, on était prêt à toutes éventualités et, suite à l’annonce, on passe à un autre dossier, a signalé M. Verreault.

De son côté, la Coalition Fjord, qui s’oppose vertement au projet Énergie Saguenay depuis le début, se réjouit de la décision de Québec de le rejeter en raison du fait qu’il ne peut remplir les conditions environnementales dictées par le gouvernement.

Co-porte-parole de l’organisme militant, Camille-Amélie Koziej-Lévesque a poussé un soupir de soulagement au cours d’une entrevue accordée à l’émission Place publique mercredi après-midi.

D'abord, c’est un soulagement pour le climat de la planète. La science a enfin été entendue. Localement, c’est un énorme soulagement pour la biodiversité, a-t-elle déclaré.

Camille-Amélie Koziej-Lévesque croit qu’il s’agit de la fin de la division et le début d’un dialogue constructif, dans l’intérêt supérieur de la région.

Les députés régionaux réagissent

Photo de Sylvain Gaudreault.

Sylvain Gaudreault, député de Jonquière

Photo : La Presse canadienne / Paul Chiasson

Le député de Jonquière et critique en matière d’environnement pour le Parti québécois, Sylvain Gaudreault, ne croit pas que le rejet du projet de GNL Québec signifie la fin de tous les futurs grands projets. Il mise sur des projets créateurs d’emplois, mais qui permettent de réduire les gaz à effet de serre.

C’est une décision qui s’imposait, une décision qui est responsable. Maintenant, il faut regarder tout de suite vers l’avenir, il faut se rassembler, il faut qu’on travaille toute la région ensemble sur ce qui est notre véritable force, c’est-à-dire des projets créateurs d’emplois, créateurs de richesse dans le secteur de l’énergie verte, de la transition énergétique et des énergies renouvelables.

Pour le député conservateur dans la circonscription de Chicoutimi-Le Fjord, Richard Martel, ce refus est une occasion ratée de diversifier le développement économique dans la région. J’étais convaincu que c’était un bon projet. Ça pend de la diversification dans la région. On parle beaucoup d’Elysis, de Rio Tinto et on parle de la forêt, mais à un moment donné, il va falloir se diversifier un peu plus. On avait l’occasion avec ce projet-là. Et à un moment donné, il va falloir penser que les délais, ça n’a plus de sens. Il y a des projets qui arrivent et ça prend des dizaines d’années avant qu'il y ait des choses qui se réalisent.

Avec Chantale Desbiens

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