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Démolir pour se défouler : une thérapie qui gagne en popularité à Sherbrooke

Une jeune femme qui frappe sur une cafetière avec une masse.

Gabrielle Nadeau éprouve un profond sentiment de liberté lorsqu'elle détruit des objets à coup de masse.

Photo : Radio-Canada / Geneviève Proulx

Lancer des verres au mur pour qu'ils éclatent en mille morceaux. Frapper avec rage sur un ordinateur portable à coup de barre de fer. Détruire une cafetière avec une lourde masse. Voilà ce qu'il est possible de faire, et même plus, dans les salles de démolition. Et ce, en toute sécurité.

Le concept fait des petits un peu partout au Québec, et Sherbrooke n'échappe pas à la popularité de l'activité.

Habillés de vêtements de protection - casque de construction et coquilles auditives incluses -, les démolisseurs d'un jour sont invités à entrer dans une petite pièce placardée de planches de bois et de béton. Ensuite, tout est permis.

Il est possible de crier (et de dire des jurons) en détruisant les objets offerts. De briser avec rage tout ce qui nous tombe sous la main. Et rien n'interdit de coller au mur la photo de son ex pour y lancer en pleine figure assiettes, tasses à café ou même une imprimante.

C'est vraiment fait pour se défouler. Pour braver l'interdit. Briser des verres, des assiettes. Ce qu'on n'a jamais pu faire à la maison. Nous, on offre cette satisfaction de pouvoir tout briser explique d'entrée de jeu Alex Deladurantaye, le propriétaire de Combat d'archers, où est située la salle de démolition.

Deux masses accrochées au mur.

Au mur, quatre outils sont proposés pour aider à la destruction des objets : masses, bâton de baseball et levier de démolition.

Photo : Radio-Canada / Geneviève Proulx

Selon lui, l'activité n'a que du positif pour les gens qui vivent des tensions, peu importe lesquelles. C'est vraiment bon pour les gens en fin de session, pour les étudiants qui sont super stressés. Si t'as perdu ta job, tu te sépares, c'est une bonne option pour te défouler, donne-t-il en exemple.

Les participants reçoivent tout un arsenal de trucs à détruire : un gros et deux petits appareils électroniques, comme une imprimante, une petite télévision, des lecteurs DVD, un téléphone, une cafetière. Et une tonne de vaisselle.

Une jeune femme s'apprête à lancer une bouteille de verre au mur.

Gabrielle Nadeau se défoule grandement en lançant des bouteilles de verre au mur.

Photo : Radio-Canada

Gabrielle Nadeau, 20 ans, en est à sa deuxième visite dans cette salle de démolition située dans l'est de Sherbrooke. Le cœur brisé, elle a vu là une bonne façon de passer à travers sa peine. Ça m'a permis de tout sortir le méchant. C'est rare que tu es chez vous et que tu vas te mettre à briser tes affaires ou à lancer une bouteille de vitre sur le mur. C'est libérateur. Tu peux faire tout ce que tu veux. Tout se pète, alors tu peux transférer ta colère dans ton lancer ou dans ce que tu vas détruire.

En riant, Gabrielle avoue que c'est à son ex-copain qu'elle pense quand elle frappe avec une barre de fer sur la cafetière. J'ai tout mis ma colère là-dedans, et personne ne voyait ce que j'avais dans ma tête!

Il n'y a pas que les jeunes qui s'adonnent aux séances de démolition. Il y a même des personnes de l'âge d'or qui viennent. Toute leur vie, on leur a dit qu'il ne fallait pas briser de la vaisselle. Enfin, elles peuvent lancer une assiette dans le mur! Ce ne sont pas juste les Grecs qui peuvent lancer des assiettes par terre! Tout le monde peut le faire, dit M. Deladurantaye.

Des dizaines d'objets détruits au sol.

Les objets pouvant être détruits sont nombreux : cafetière, ordinateur, vaisselle... Une fois démolis, ils seront triés par matière et envoyés à l'écocentre.

Photo : Radio-Canada

On n'oublie pas l'environnement

Plusieurs pourraient voir dans cette activité une façon pas très écolo de se défouler. Le propriétaire se fait toutefois rassurant. Une fois les objets détruits, l'entreprise s'assure de bien les trier et les apporte à l'écocentre. On a le pouce vert. On veut que les produits soient bien récupérés.

Il est aussi possible d'apporter ses propres objets que l'on destinait à la poubelle. Une autre façon de réutiliser ses vieux appareils, qui est bonne pour l'environnement - et sa santé mentale!

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