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Des résidents d’un développement de Chelsea poursuivent le promoteur du projet

Des maisons colorées longent un espace vert.

Le développement résidentiel de la Ferme Hendrick, à Chelsea

Photo : Radio-Canada / Jean Delisle

Radio-Canada

Des résidents de Chelsea habitant dans le développement de la ferme Hendrick poursuivent le promoteur du projet. Le groupe de 17 plaignants reproche à ce dernier d’avoir enlevé une ferme biologique dont la présence les avait convaincus de s'installer dans le secteur.

Le complexe domiciliaire de la ferme Hendrick, situé tout juste à l’ouest de l’autoroute 5, est parsemé de maisons aux couleurs vives, de balançoires sur les galeries et de clôtures blanches.

À l’origine, le promoteur avait intégré au développement une ferme biologique de deux hectares (20 000 mètres carrés). Dorénavant, le terrain subit une transformation pour devenir un parc public multifonctionnel incluant des jardins communautaires, des vergers de fruits, des tables à pique-nique et des sentiers de marche.

On était extrêmement déçus, se rappelle la résidente Jennifer Nadon. En novembre, elle a reçu une lettre du promoteur annonçant que le terrain de la ferme allait devenir un parc public.

Jennifer Nadon, les bras croisés, pose devant une clôture entourant une terre.

Jennifer Nadon, une résidente de la Ferme Hendrick, soutient qu'elle a choisi d'y habiter spécifiquement en raison de la proximité avec la ferme biologique.

Photo : Radio-Canada / Jean Delisle

À son avis, cette transformation ne correspond plus à la vision du promoteur qui lui a été présentée et faisant la promotion du développement durable.

Pour nous, l’élimination de la ferme biologique et la transformation en parc ne représente plus cette vision-là en fonction de laquelle on avait décidé de déménager, insiste-t-elle.

En mai, Mme Nadon et 16 autres résidents ont intenté une action collective contre la ferme Hendrick et la Fondation de la ferme Hendrick. Ils souhaitent obtenir une injonction permanente afin que le terrain revienne à ses aménagements d’origine.

Comme un cauchemar

Un autre résident, Bryan Hendry, affirme qu’il n’apprécie plus autant la vue quand il prend son café, le matin. Le gazon, les arbres nouvellement plantés et les sentiers de marche en construction ne cadrent pas avec ce qu’il s’imaginait.

Il y a eu beaucoup de larmes. Ça a été fâchant parce que c’était notre maison de rêve et maintenant, c’est comme un cauchemar, dit-il.

Bryan Hendry montre un document sur son balcon.

Bryan Hendry accepte d'endurer le bruit de l'autoroute à proximité parce que sa résidence offre une vue sur la ferme biologique.

Photo : Radio-Canada / Jean Delisle

Comme plusieurs autres résidents, M. Hendry soutient que c’est spécifiquement la présence de la ferme biologique qui l’a amené à vivre dans le complexe domiciliaire. Il indique que l’entente d’achat prévoyait que 1 % de la vente de maisons était redistribué à la Fondation de la ferme Hendrick afin qu’elle assure l’entretien de l’endroit.

C’est après avoir tenté, en vain, de stopper le projet de transformation du terrain que M. Hendry et d’autres opposants se sont tournés vers la voie de la contestation judiciaire.

Si nous ne pouvons pas réparer les dommages qui ont déjà été faits, alors peut-être que nous pouvons réclamer des dommages-intérêts, ajoute-t-il.

Les résidents impliqués dans la bataille judiciaire craignent aussi que le terrain soit encore transformé une fois qu'un autre projet - une initiative de 100 millions de dollars entre la ferme Hendrick et le Groupe Nordik - sera complété.

« Petite cabale »

Le promoteur, Sean McAdam, affirme, dans une déclaration écrite, que la ferme n’était pas viable financièrement et qu’une entente a été conclue, après consultation avec la communauté, de faire la transition vers un modèle agricole nécessitant un moindre besoin en main-d'œuvre.

J’espère qu’avec le temps, cette petite cabale procédurière [...] sera capable de voir la beauté d’un espace vert partagé et, ultimement, célébrer le fait que c’est près de leur maison, écrit-il.

Sean McAdam pose à l'extérieur devant les résidences du projet résidentiel.

Sean McAdam de la Ferme Hendrick

Photo : Radio-Canada / Yasmine Mehdi

Il n’en reste pas moins que Jamie Herring, un autre résident du secteur, se sent trahi. Il a fait parvenir une lettre aux membres de la communauté pour décrier le fait que le terrain deviendra accessible à tous.

Je ne peux pas m’empêcher de penser à des images de centaines de personnes qui mangent, boivent de la bière, font des BBQ, emmènent leur chien et dénigrent la terre et les valeurs auxquelles nous avons adhéré, peut-on lire dans sa missive, écrite en anglais.

Une communauté divisée

D’autres résidents sont toutefois en accord avec les transformations qui sont faites. C’est le cas de Mike Cousineau, qui habite dans le développement depuis cinq ans. Il soutient qu'il n'est pas le seul à être en accord avec les transformations.

Je pense que ça va rapprocher notre communauté encore plus, avec un endroit pour se réunir, le jardin communautaire, les sentiers où on peut marcher tous les jours. Ça va être fun, croit-il.

Il se désole que la communauté se retrouve divisée, dans le contexte actuel.

La durée du processus légal enclenché, qui n’en est qu’à ses débuts, n’est pas connue.

Avec les informations de Robyn Miller, CBC

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