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Le Dune de Denis Villeneuve nous en met déjà plein la vue

Un homme et une femme debout dans le désert avec des fils dans le nez.

Timothée Chalamet et Rebecca Ferguson dans une scène de « Dune » dans le désert de Jordanie

Photo : Chiabella James Warner

Moins de deux mois avant la première du film, Warner Bros lance mercredi et jeudi dans 25 villes nord-américaines une vaste campagne de séduction auprès des fans de Dune. Quelques rares personnes détentrices de billets gratuits pourront voir en format IMAX les dix premières minutes du film et une autre scène d'environ cinq minutes.

Les attentes sont élevées pour ce film au budget de 200 millions de dollars et au marketing rarement vu au cinéma.

On a aussi invité des journalistes, dont moi, à voir ce total de près de 15 minutes de nouvelles images. L'idée derrière cette opération est que les réactions de ces personnes ayant vu des scènes du film deviennent virales sur les réseaux sociaux.

Au-delà de la promotion, est-ce que le Dune de Denis Villeneuve est un simple mirage ou la terre promise pour les lecteurs et lectrices de ce chef-d'œuvre de science-fiction?

Dune, à la fois complexe et inspirant

Le roman de Frank Herbert publié aux États-Unis en 1965 est un pavé de près de 600 pages qui est devenu au fil du temps le livre de science-fiction le plus vendu au monde. L'œuvre est riche et fascinante avec ses références philosophiques, sociologiques, politiques, religieuses et écologiques. Son histoire se déroule en 10191 sur la planète Arrakis (Dune), le seul endroit où il est possible de produire de l'épice gériatrique, une substance hallucinogène qui permet de prolonger la vie et qui est essentielle à tout déplacement interstellaire. Il s'agit de la denrée la plus précieuse de tout l'univers, ce qui pousse les grandes familles des Harkonnen et des Atréides à s'entredéchirer pour régner sur Dune, une planète déjà habitée par les Fremen. Ce livre est une réflexion sur le choc des civilisations qui demeure malheureusement d'une criante actualité.

De l'aveu de l'écrivain et cinéaste Alejandro Jodorowsky, les cent premières pages sont très difficiles à comprendre lors d'une première lecture. D'ailleurs, Alejandro Jodorowsky devait adapter le livre au cinéma dans les années 70 avec une distribution mettant en vedette Salvador Dalí, Orson Welles et Mick Jagger. À cause de la complexité du projet, le film n'a jamais vu le jour, mais on en a fait un intéressant documentaire en 2013. En 1984, il y a eu le Dune de David Lynch, qui ne mérite pas la bande passante que vous utiliserez pour le voir sur Internet.

Bref, une adaptation de Dune au cinéma peut devenir une traversée du désert. Mais voilà, il s'agissait d'un rêve de jeunesse pour Denis Villeneuve, et lorsque celui-ci se met à rêver, ça peut donner de grands films comme L'arrivée (Arrival, 2016) et Blade Runner 2049 (2017).

Inspiré par Dune depuis son adolescence, le réalisateur a dû se répéter maintes fois en carrière cette phrase culte tirée du livre : Je ne connaîtrai pas la peur, car la peur tue l'esprit.

Dune version 2.0

Les dix premières minutes du Dune de Denis Villeneuve sont d'une surprenante limpidité en exposant avec efficacité les enjeux de toute cette histoire. Cette introduction à l'univers de Dune met en scène Chani, incarnée par Zendaya Coleman, une Fremen qui jouera un rôle important dans la destinée de Paul Atréides, joué par Timothée Chalamet. 

C'est clair, les méchantes et méchants Harkonnen ont été chassés d'Arrakis (Dune) et c'est au tour des Atréides de prendre le contrôle de la production de l'épice gériatrique. Mais à quel prix pour les Fremen? Le tour de force de ces premières minutes est de ne pas suivre l'introduction originale du livre pour aller droit au but et de nous tenir en haleine comme l'avait fait le tout premier Star Wars (1977) de George Lucas.

La facture visuelle de Dune est pleine de références aux précédents films du réalisateur, mais aussi à certains classiques du cinéma. Il y a une touche du Lawrence d'Arabie (Lawrence of Arabia), de David Lean, sorti en 1962, et du 2001 : l'odyssée de l'espace (2001: A Space Odyssey), réalisé par Stanley Kubrick en 1968. Ces dix minutes ont quelque chose de grandiose. 

Quant à la musique, elle est signée par Hans Zimmer, à qui l’on doit la trame sonore des films Dunkerque (Dunkirk, 2017), Interstellaire (Interstellar, 2014) et Gladiateur (Gladiator, 2000. La musique de Hans Zimmer est omniprésente et ajoute beaucoup à l'univers créé pour Dune. On croirait à certains moments entendre des battements de cœur.

Parlant de rythme cardiaque, dès le début, on sent l'intention du réalisateur de miser sur l'humilité de ses personnages pour gagner le cœur du public. Denis Villeneuve vise le cœur et non l'esprit, du moins dans ces premières images. La séquence mettant en scène Dame Jessica (Rebecca Ferguson) et Paul Atréides met rapidement la table pour montrer la voix de l’ordre du Bene Gesserit.

Denis Villeneuve a aussi dévoilé la toute première scène où on voit un immense ver des sables. Par rapport au livre, il a pris certaines libertés pour montrer le sauvetage des ouvriers par le Duc Léto. Audacieux, Denis Villeneuve surprend agréablement. 

Pour tous ceux et celles qui n'auront pas eu l'occasion de voir ces 15 minutes, une nouvelle bande-annonce sera mise en ligne jeudi. Elle contient plusieurs indices des intentions artistiques derrière cette relecture de Dune.

À voir au cinéma

Après avoir vu sa sortie maintes fois reportée à cause de la pandémie, Dune sera présenté dans un premier temps à la Mostra de Venise le 3 septembre puis dans les cinémas nord-américains le 22 octobre prochain. Aux États-Unis, le film pourra aussi être vu sur la plateforme HBO Max à partir du 22 octobre. À en juger par les premières images, ce film sera à voir au cinéma… sur un grand écran IMAX.

En attendant, il faut lire ou relire Dune et goûter à l'épice originelle.

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