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Le variant Delta fait planer le spectre d’une quatrième vague sur le Canada

Une personne marche dans la rue en direction d'un centre de vaccination.

Selon André Veillette, la vaccination demeure le meilleur moyen de se protéger du variant Delta de la COVID-19.

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

Radio-Canada

Les Canadiens doivent s’attendre à ce qu’une quatrième vague de COVID-19 attribuable au variant Delta, beaucoup plus contagieux, déferle sur le pays, affirment des experts en immunologie et en santé publique.

C'est notamment ce que croit l’immunologiste André Veillette, membre du groupe de travail fédéral sur les vaccins contre la COVID-19.

Quand on regarde des pays [où les citoyens] se sont fait quasiment aussi bien vacciner que nous, comme en Angleterre, en France, en Israël, il y a maintenant une recrudescence du nombre d’infections, due probablement au fait que ce variant va beaucoup plus vite, a-t-il affirmé mercredi en entrevue à Tout un matin.

C’est clair qu’il va y avoir une vague additionnelle dans plusieurs pays, et ça va probablement nous rejoindre aussi au Canada et au Québec, [et ça] va être dû à Delta.

Une citation de :André Veillette, immunologiste

En Angleterre, où près de 54 % de la population adulte est entièrement vaccinée, les autorités recensent plus de 45 000 nouvelles infections par jour, dont 99 % sont attribuables au variant Delta, initialement apparu en Inde.

En Israël, le nombre de nouveaux cas quotidiens de COVID-19 atteint dorénavant 1400, soit environ dix fois plus qu’il y a tout juste un mois, même si 60 % de la population est entièrement vaccinée.

En France, où un peu plus de 42 % de la population est intégralement vaccinée, le nombre d’infections quotidiennes a maintenant franchi la barre des 18 000, avec une progression hebdomadaire sans précédent depuis le début de la pandémie.

Aux États-Unis, un peu plus de 48 % de la population totale a reçu deux doses de vaccin, mais le nombre de cas a tout de même progressé de près de 200 % depuis deux semaines et atteint maintenant 38 000 sur une base quotidienne.

La hausse est de plus de 738 % en Alabama, de 419 % en Floride et de 225 % au Mississippi, selon les données compilées par le New York Times.

Le variant Delta est plus agressif que les variants qu’on avait auparavant, incluant la souche initiale, et on sait qu’il se transmet beaucoup plus vite. Et on ne connaît pas vraiment toutes ses caractéristiques.

Une citation de :André Veillette, immunologiste

Dans tous ces pays, les autorités signalent que la grande majorité des nouvelles infections, qui se traduisent aussi par une légère hausse du nombre d’hospitalisations et de morts, touchent des gens qui ne sont pas complètement vaccinés.

Le ministre de la Santé et des Services sociaux du Québec, Christian Dubé, avait fait le même constat dans la province la semaine dernière.

Au Canada, près de 70 % de la population a reçu une dose de vaccin et un peu plus de 51 % en a reçu deux, selon les données compilées par Radio-Canada.

Selon le Dr Veillette, le variant Delta compte cependant pour moins de 5 % des 400 cas de COVID-19 signalés quotidiennement au Canada.

L'évolution de la pandémie au Canada

Le mois dernier, l’ASPC a cependant prévenu que l’essor de ce variant, conjugué à une augmentation de 50 % des contacts des citoyens, pourrait entraîner environ 2000 nouveaux cas par jour au pays dès le mois d'août.

Selon ces prévisions, la capacité hospitalière au pays pourrait être dépassée en janvier 2022 si une nouvelle vague était causée par le variant Delta.

Il pourrait alors y avoir 30 hospitalisations pour 100 000 habitants en janvier prochain, soit deux fois plus qu’au plus fort de la crise cet hiver.

La vaccination pour éviter le pire

Selon la professeure à l'École de santé publique de l'Université de Montréal Roxane Borgès Da Silva, les Canadiens doivent profiter de la faible prévalence du variant Delta à l'heure actuelle pour continuer de se faire vacciner, puisque les personnes entièrement vaccinées sont somme toute bien protégées contre la maladie.

Malheureusement, on n’a pas encore un taux de vaccination, un taux d’immunisation de la population qui est assez élevé pour pouvoir avoir une population qui soit complètement protégée, a-t-elle expliqué en entrevue à l'émission Période de questions.

Un homme se fait vacciner par une préposée.

Au Canada, près de 70 % de la population a reçu une dose de vaccin et un peu plus de 51 % en a reçu deux.

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

En France, en Angleterre ou même en Israël, ce sont les personnes qui ne sont pas vaccinées qui sont les plus vulnérables pour attraper la COVID, mais aussi pour développer des symptômes graves, être hospitalisées, peut-être même décéder, ou alors, avoir des symptômes de COVID longue, qui touche, selon les études, une à deux personnes sur dix, et qui sont très handicapants, ajoute-t-elle.

La vaccination est la seule issue pour s’en sortir. [...] Puisqu’on a la chance d’avoir de l’avance, et de ne pas avoir encore le variant Delta de façon aussi prévalente chez nous, il faut absolument profiter de cette chance et aller se faire vacciner en attendant que cette 4e vague arrive chez nous.

Une citation de :Roxane Borgès Da Silva, professeure à l'École de santé publique de l'Université de Montréal

L’immunologiste André Veillette, qui est membre de l'Institut de recherches cliniques de Montréal, abonde dans le même sens.

L’avantage qu’on a, quand même, c’est qu’on a eu beaucoup de gens qui ont été vaccinés, alors les gens vaccinés devraient être beaucoup moins malades, quoiqu’il y en a à peu près 10 % qui vont probablement aboutir à l’hôpital, parce que la protection par le vaccin n’est pas totale – c’est à peu près 90 %, explique-t-il.

Les gens non vaccinés risquent d’en arracher, prévient-il cependant. Ils risquent de l’attraper et ils risquent d’avoir toutes les complications.

Il y a des gens qui sont à peine symptomatiques, il y a des gens qui ont juste un rhume, mais il ne faut pas oublier qu’il y a des gens qui vont aboutir à l’hôpital, il y a des décès et il y a ce qu’on appelle la COVID longue. […] Donc, ce n’est pas bon si on va avoir plus de cas au Québec et au Canada, et c’est probable qu’on va l’avoir.

Une citation de :André Veillette, immunologiste

Selon M. Veillette, la situation épidémiologique commande tout de même que les gens demeurent prudents et ne laissent pas tomber toutes les mesures sanitaires préconisées au cours des derniers mois.

Même pour les gens vaccinés, il y a encore une place pour porter les masques, surtout à l’intérieur, dans des endroits qui sont mal ventilés. Dans le contexte d’une augmentation des cas, même les gens qui sont vaccinés devraient considérer porter des masques, estime M. Veillette.

Il soutient aussi qu’il faut continuer de chercher à améliorer la ventilation, notamment dans les écoles et les bâtiments plus vieux, où elle est souvent déficiente.

Le Dr Marc Dionne, chercheur clinicien au centre de recherche du CHU Québec-Université Laval, dit pour sa part ne pas être surpris par cette quatrième vague qui touche plusieurs pays, tant le virus a montré qu'il procède par vague successive, par éclosion de grande importance depuis un an et demi.

La population mondiale n'est probablement pas au bout de ses peines avec cette pandémie, a-t-il convenu en entrevue à Période de questions.

Tant qu’on n’aura pas contrôlé le virus complètement à l’échelle de la planète, les pays, tant qu’à moi, vont être exposés à différentes vagues qui vont toucher des régions, des populations, des communautés où il reste des facteurs de vulnérabilité qu’on n’aura pas réussi à diminuer, entre autres avec la vaccination, a-t-il dit.

Il rappelle toutefois que la progression de la maladie dépend aussi d'autres facteurs que la vaccination et l'émergence de nouveaux variants, dont le comportement adopté par les gens et les mesures sanitaires mises en place par les gouvernements.

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