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La réouverture de la frontière canado-américaine freinée par le Mexique?

Une ligne tracée au sol de l'édifice abritant la bibliothèque et l'opéra de Stanstead au Québec indique la frontière canado-américaine.

Pour l'heure, aucune information ou communication n'ont émergé sur la direction que prendront les États-Unis.

Photo : La Presse canadienne / Paul Chiasson

La Presse canadienne

Les Canadiens qui se demandent pourquoi les États-Unis ne semblent pas se précipiter pour assouplir les restrictions de voyage à leur frontière commune devraient jeter un coup d'oeil plus au sud. La frontière avec le Mexique suscite des questions politiques beaucoup plus épineuses pour la Maison-Blanche que celle avec son homologue du nord.

Autoriser la reprise des voyages à une seule de ses deux frontières pourrait être considéré comme du favoritisme de la part des États-Unis envers un de ses deux voisins, expliquent des observateurs. Le risque d'un afflux de voyageurs en provenance du Mexique risquerait d'exacerber une crise des réfugiés qui sévit de longue date dans le sud des États-Unis.

Pourtant, l'approche ferme de l'administration Biden restreignant les visiteurs en provenance du Canada, malgré le plan du gouvernement libéral à Ottawa de commencer à accepter les visiteurs américains entièrement vaccinés le mois prochain, a fait froncer les sourcils dans les deux pays, y compris parmi les experts.

Mercredi, Washington a annoncé que la frontière terrestre américaine restera fermée aux voyages non essentiels jusqu'au moins le 21 août. Le gouvernement affirme que, bien que les taux de vaccination s’améliorent, l'ouverture de la frontière terrestre aux voyages non essentiels pose toujours un risque trop élevé.

Au Canada, une réouverture à sens unique

Le Canada a annoncé lundi qu'à compter du 9 août, les citoyens américains et les résidents permanents entièrement vaccinés seront autorisés à entrer sur son territoire, les autres pays du monde devant suivre le 7 septembre. Les règles d'entrée aux États-Unis restent toutefois inchangées.

Une situation qui a incité des législateurs américains et d'autres désirant davantage un assouplissement des règles à commencer à faire pression sur la Maison-Blanche pour qu'elle suive l'exemple du Canada.

Il est temps que les États-Unis alignent leur politique frontalière sur la science, les faits et les données. Il est grand temps d'agir. Ouvrez la frontière américaine à nos voisins canadiens, a exhorté mardi le représentant de New York, Brian Higgins, un démocrate opposé aux restrictions aux frontières.

Il dit que le plan promis en début d'année sur la question des voyageurs canadiens se fait toujours attendre.

Au Canada, l'exigence de la quarantaine de 14 jours sera levée à partir de la deuxième semaine d'août pour les voyageurs éligibles qui résident aux États-Unis et complètement vaccinés avec des vaccins approuvés au Canada.

Cet assouplissement s'applique depuis le 5 juillet aux citoyens et résidents permanents du Canada.

Le ministre de la Sécurité publique, Bill Blair, a mentionné plus tôt cette semaine qu'il s'attend à ce que les États-Unis prolongent les mesures, tout comme les deux pays l'ont fait chaque mois depuis le début de la pandémie.

Même le ton de Justin Trudeau sur les restrictions de voyage évolue. Mardi, le premier ministre a reconnu pour une rare fois que les approches adoptées par les deux pays ont été beaucoup plus asymétriques que ce que la plupart des gens semblent croire.

Traverser la frontière par voie terrestre à des fins non essentielles a été largement interdit dans les deux sens pendant la durée de la crise sanitaire, les Canadiens, vaccinés ou non, ont toujours pu se rendre aux États-Unis pour quelque raison que ce soit par voie aérienne, a rappelé Justin Trudeau.

Cette relation asymétrique n'a toutefois pas empêché le pays à travailler étroitement avec les États-Unis pour s'harmoniser, a précisé le premier ministre.

Ils suivront leur science, ils prendront leurs propres décisions et nous travaillerons avec eux, mais le Canada ne dictera pas plus ce que les États-Unis devraient faire concernant sa politique frontalière que nous accepterions que les États-Unis dictent notre politique frontalière, a déclaré Justin Trudeau.

Deux femmes se font un câlin avant que l'une parte en voyage.

Le Canada a annoncé lundi qu'à compter du 9 août, les citoyens américains et les résidents permanents entièrement vaccinés seront autorisés à entrer sur son territoire.

Photo : Radio-Canada / Francis Ferland

Une lourde bureaucratie

Bien que la politique intérieure des États-Unis joue probablement un rôle, il convient de rappeler que les douanes et la protection des frontières sont une bureaucratie importante et lente qui pourrait ne pas être bien équipée pour faire face aux politiques qui diffèrent entre les deux frontières, a souligné Laurie Trautman, directrice du Border Policy Research Institute de l'Université Western Washington à Bellingham.

La façon dont l'organisation fonctionne, c'est une énorme bureaucratie, et je ne pense pas qu'ils veuillent faire une sorte de découpage et de copier-coller d'un endroit à un autre, a-t-elle expliqué.

Je ne suis pas certaine que l'administration Biden ait vraiment compris ce qu'il faut faire à la frontière du sud et comment gérer un grand nombre de demandeurs d'asile et de demandes de statut de réfugié, ajoute Laurie Trautmant. Il y a probablement un sentiment que si nous l'ouvrons, alors il y en aura plus.

Les récents changements apportés aux règles canadiennes signifient également que les enfants de moins de 12 ans accompagnés de membres de la famille entièrement vaccinés et éligibles seront exemptés de quarantaine à leur entrée au Canada, à condition qu'ils portent un masque dans les lieux publics et évitent les lieux collectifs.

Tous les voyageurs devront soumettre un résultat de test négatif à la COVID-19 et une preuve de vaccination avant leur arrivée par le biais de l'application ArriveCAN.

À compter du 9 août, les tests à l'arrivée pour les voyageurs ne se feront plus systématiquement. On se contentera de tests aléatoires afin de garder un oeil sur la possible circulation de variants de la COVID-19.

De plus, les aéroports d'Halifax, de Québec, d'Ottawa, de Winnipeg et d'Edmonton seront alors ajoutés à la liste des villes canadiennes où l'atterrissage de vols internationaux est autorisé. Et les voyageurs aériens ne seront plus tenus de passer les trois premières nuits de leur quarantaine dans un hôtel approuvé par le gouvernement.

Mme Trautman croit qu'il est probable que les autorités frontalières des deux pays devront trouver un moyen de traiter séparément les voyageurs vaccinés et non vaccinés, un peu comme le système Nexus, qui permet aux voyageurs éligibles et préautorisés de traverser la frontière plus rapidement.

Je pense que cela est en train d'être examiné, a-t-elle affirmé notant toutefois que tous les postes frontaliers n'auront pas nécessairement l'infrastructure ou la capacité physique pour faire quelque chose comme ça.

Notre dossier COVID-19 : ce qu'il faut savoir

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