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Des agriculteurs saskatchewanais saluent l'intention de Santé Canada sur le glyphosate

Mais le produit continue de ne pas faire l'unanimité.

Des fibres

Selon une étude menée par Agriculture et Agroalimentaire Canada en 2017, le blé récolté après l'application de glyphosate contenait de 6 à 11 mg de résidus par kilo, alors que la limite fixée par le fédéral était de 5 mg. (archives)

Photo : Getty Images / fcafotodigital

Radio-Canada

Santé Canada souhaite que soit rehaussée la quantité de résidus de glyphosate dans plusieurs denrées alimentaires comme le blé, l’avoine ou les haricots. Ce souhait est une bonne nouvelle pour des agriculteurs de la Saskatchewan.

Correction : Une version précédente de cet article affirmait, à tort, que Santé Canada avait pris sa décision concernant le glyphosate.

Cet herbicide est indispensable pour les fermiers de la province, note l'agriculteur Daniel Marchildon.

Quant à moi, j'aime bien mieux travailler avec le glyphosate. C'est bien moins dangereux pour nous autres. À l'automne, c'est à ce moment que tu as des bons résultats parce que c'est là que la plante, les mauvaises herbes sont en train de s'accumuler pour l'hiver, a fait savoir l’agriculteur de Zénon Park.

L'agronome saskatchewanais George Lewko est en accord avec le changement proposé. Selon lui, l’augmentation de la limite sur le glyphosate est en attente depuis longtemps.

Il concède qu'un tel changement ne modifiera pas l’utilisation de cet herbicide par les agriculteurs, juste pour sauver quelques dollars supplémentaires.

Je ne m'attends pas à ce qu’il y ait un gros impact pour les fermiers. Nous ne prévoyons pas que les étiquettes vont changer. Nous attendons des agriculteurs qu'ils continuent à utiliser le glyphosate de manière responsable et conformément aux directives sur les étiquettes, ajoute la directrice des Producteurs de grains du Canada, Erin Gowriluk.

Un sujet controversé depuis des années

Le glyphosate est un produit très controversé en Europe, où la Belgique et l’Italie l’interdisent.

Au Canada, l'Union Nationale des Fermiers s'oppose au changement proposé par Santé Canada. L’organisation bénévole anticipe que les nouvelles limites augmenteront la quantité de glyphosate utilisée dans les champs, d'autant plus que la demande pour les protéines végétales est en augmentation.

La volonté du Canada d'autoriser plus de résidus de glyphosate dans l'assiette inquiète certains médecins et chercheurs.

Professeure associée à l'Institut national de recherche scientifique (INRS) et directrice du Centre Eau Terre Environnement, Louise Hénault-Ethier ne comprend pas pourquoi Santé Canada souhaite augmenter les limites pour se conformer aux exigences d'importation ou d'exportation d'aliments dans le contexte actuel.

Quant à Maryse Bourgault, professeure associée à la Faculté d’agriculture et de bioressources de l’Université de de la Saskatchewan, elle s’est montrée surprise par cette intention de Santé Canada. Selon elle, la tendance de l'industrie, sur le plan international, s’en va dans l’autre direction.

L’experte en agriculture estime cependant qu'une éventuelle décision de Santé Canada ne fera pas automatiquement augmenter la quantité de glyphosate qui pourrait être épandue dans les champs, notamment en Saskatchewan.

Les producteurs doivent respecter les instructions sur l’étiquette. Tant que l’étiquette ne change pas, la fenêtre d’application va rester la même.

Une citation de :Maryse Bourgault, professeure associée à la Faculté d’agriculture et de bioressources de l’Université de la Saskatchewan

Le glyphosate, commercialisé sous la marque Roundup par l'entreprise américaine Monsanto, a été classé en 2015 cancérigène probable par une agence de l'Organisation mondiale de la santé.

En raison du nombre de commentaires reçus à ce jour, Santé Canada prolonge jusqu'au 3 septembre 2021 la période de consultation publique à ce sujet.

Avec les informations de Fred Harding, Katia St. Jean et Karel Houde-Hébert

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