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Rendre les musées plus inclusifs pour la communauté LGBTQ2

Drapeau au couleurs de LGBT et une personne en ombre chinoise

La représentation des communautés LGBTQ sera étudiée dans le cadre d'une recherche universitaire pancanadienne.

Photo : La Presse canadienne / Canadian Press

Deux professeures de l’Université de Winnipeg se donnent comme mission de rendre les musées plus inclusifs, entre autres sur les enjeux de représentation des communautés LGBTQ2.

D’un point de vue historique, les musées ont été des endroits réservés aux blancs et à une certaine classe sociale. Donc, cet appel à l’inclusion et à la diversité dans les musées est très important , affirme Angela Failler, qui est titulaire de Chaire de recherche du Canada en culture et mémoire publique et également professeure au département de l’étude des genres et des femmes de l’Université de Winnipeg.

Mme Failler indique des réflexions ont été enclenchées dans les dernières années sur les pratiques muséales, entre autres dans la foulée des appels pour la justice sociale issus des mouvements Black Lives Matter, de la Commission de vérité et réconciliation du Canada ou encore du mouvement #MeToo.

Au fil du temps, dit-elle, les musées ont constitué leurs collections en s’appropriant, sans leur consentement, les artéfacts des communautés marginalisées, ainsi que leurs histoires et leurs narratifs.

Elle ajoute que ces communautés peuvent se sentir blessées dans la façon dont ces artéfacts sont conservés ou exposés. Cependant, elle avance qu'au gré des revendications, les choses tendent à changer.

La professeure Failler se dit honorée de pouvoir explorer ces sujets dans le cadre d’un réseau de recherche universitaire pancanadien et international, nommé Thinking Through the Museum : A Partnership Approach to Curating Difficult Knowledge in Public (Penser à travers le musée : Une approche de partenariat pour le traitement des contenus sensibles publics [traduction libre]).

Avec sa collègue Heather Milne, du département d’anglais, elles participent au comité Museum Queeries, qui se penche sur les enjeux LGBTQ2, avec des collègues de l’Université Concordia à Montréal.

Maintenant, je pense que les musées travaillent de façon plus éthique avec les communautés, dit-elle. On veut les aider à mettre en place les meilleures pratiques.

La mission du groupe de recherche composé d’universités, d’organismes, d’artistes et de conservateurs est de collaborer avec les musées qui naviguent à travers des enjeux de sociétés sensibles pour répondre au colonialisme et aux autres héritages oppressifs, dans un souci réparateur et pour favoriser une meilleure représentation.

Angela Failler est dans la pièce d'une maison entourée de bureaux blancs et de plantes vertes derrière elle.

Angela Failler, titulaire à la Chaire de recherche du Canada en culture et mémoire publique et professeure au département de l’études des genres et des femmes à l’Université de Winnipeg.

Photo : Google Meet / Capture d'écran

Des exemples muséaux manitobains

La professeure Angela Failler, qui enseigne dans le département de l’étude des genres et des femmes à l’Université de Winnipeg, estime qu’il y a une grande variété de musées au Manitoba.

À ses yeux, s'il y a un traitement inégal des communautés LGBTQ2, il y a aussi de la place pour du changement.

Côté négatif, elle note que le Musée canadien pour les droits de la personne à Winnipeg a du contenu sur la communauté queer et les communautés autochtones, mais elle déplore que du contenu à la fois lié à la réalité queer et autochtone soit absent.

Sur le plan positif, elle salue l’inclusion d’œuvres d’artistes inuits queers au centre d’art inuit Qaumajuq du Musée des beaux-arts de Winnipeg (WAG).

La façade extérieure du musée Qaumajuq à Winnipeg, vue de haut.

Le centre d'art inuit Qaumajuq du Musée des beaux-arts de Winnipeg (WAG) a été inauguré au printemps 2021

Photo : Radio-Canada / Trevor Lyons

J’ai espoir qu’il y ait de l’intérêt et de la motivation pour faire ces changements. Il y a beaucoup de conservateurs de musée talentueux, des employés, des artistes et des éducateurs qui contribuent aux expositions. J’espère que les musées feront de la place pour ce travail progressif, dit-elle.

Par ailleurs, au cours des prochaines années, le Museum Queeries va développer une exposition alliant les réalités autochtones avec celles des communautés LGBTQ2 avec l’un de leurs musées partenaires, la galerie MacKenzie à Régina.

Le Conseil de recherches en sciences humaines du Canada a offert une bourse de 2,5 millions de dollars sur 7 ans pour soutenir le réseau Thinking Through the Museum: A Partnership Approach to Curating Difficult Knowledge in Public.

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