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Michel Potvin accuse Josée Néron d'incompétence dans le dossier du bioparc

Un grand champ et des pylônes électriques.

L'emplacement projeté de l'usine d'Agriméthane, à Laterrière.

Photo : Radio-Canada / Marie-Michèle Bourassa

Le conseiller municipal Michel Potvin mène une charge à fond de train contre la mairesse Josée Néron en lien avec le projet d’implantation d’un bioparc à Saguenay.

Alors qu’un groupe de citoyens de Laterrière qui résident à proximité du lieu où serait construite l’usine de biométhanisation agricole par Agriméthane Saguenay dénonce le manque de transparence de la Ville dans ce dossier, l’ex-bras droit de la mairesse considère que la première magistrate fait preuve d’incompétence. Michel Potvin, qui a déjà affiché ses couleurs en faveur de la candidate à la mairie Julie Dufour, estime que Josée Néron est incapable de mener à bien des projets de développement économique.

Tout ça, ça démontre un élément très clair dans ma tête à moi : l’incapacité de la mairesse dans le développement. Comment détruire un dossier? C’est comme ça qu’il faudrait titrer le projet de bioparc, a martelé Michel Potvin, en entrevue à Radio-Canada.

Environ 400 électeurs du secteur qu’il représente à la table du conseil sont touchés par le projet visant l’extraction de méthane à partir de matières agricoles comme du fumier de bovins, du lactosérum et du foin de mauvaise qualité.

L’objectif d’Agriméthane Saguenay, formé notamment de Nutrinor et de la Fromagerie Boivin, est de produire 60 000 tonnes de digestat agricole annuellement. Une partie de ce digestat, qui est le résidu du processus de méthanisation, serait retourné à des fermes et le gaz produit serait injecté au réseau de gaz naturel existant.

Une gestion critiquée

Dans l’édition du journal Le Quotidien de mardi, la porte-parole d’un groupe d’opposants au projet, Annie Truchon, a critiqué la gestion du dossier par Josée Néron. Elle estime que son administration tente de passer un changement de zonage en douce pour autoriser le transport lourd près de l’usine projetée, alors que des consultations publiques à proprement dit n’ont pas encore eu lieu.

On n’a pas été transparent. Lorsqu’on s’en va sur batissonssaguenay.ca [sur le site Internet de la Ville], si on lit comme il faut, on voit qu’il peut y avoir des intrants comme des carcasses d’animaux, des trappes à graisse, du lisier de porc, du fumier de vaches, des résidus de bois, lactose, etc., dit Annie Truchon. Les citoyens craignent la dépréciation de leurs maisons en raison des odeurs et du bruit causé par le passage de 3500 camions annuellement pour alimenter l’usine.

Imposition dictatoriale

Michel Potvin affirme que le dossier d’implantation d’un bioparc, dont la gestion a été confiée à Promotion Saguenay, traduit l’imposition dictatoriale de la mairesse Néron. Il explique que les élus ont rencontré les promoteurs et qu’ils ont affirmé ne pas avoir besoin d’une modification de zonage avant novembre, voire janvier 2022.

Le conseiller municipal dit avoir été tassé par la mairesse dans le dossier du bioparc et est d’avis que le déploiement d’une armada de consultants et de fonctionnaires de la Ville pour prendre le pouls des citoyens à la mi-août équivaut à un manque de respect à leur égard. Selon lui, ils auraient dû être consultés dès le début.

Lors d’une conférence de presse tenue le 22 mars dernier, le ministre de l’Énergie et des Ressources naturelles du Québec, Jonatan Julien, a annoncé l’octroi d’une aide financière de 8 millions de dollars à Agriméthane Saguenay pour l’implantation de son usine. Le président de l’entreprise, Daniel Gobeil, a fait part du désir d’Agriméthane de produire 2,9 millions de mètres cubes de gaz naturel renouvelable à partir de 2024.

Un débat à l'arrondissement

Le sujet a refait surface en fin d’après-midi, mardi, lors de la séance du conseil d’arrondissement de Chicoutimi. Au cours de la période réservée à la prise de parole des conseillers, Michel Potvin en a remis en affirmant que le bioparc est une insulte pour les citoyens, qui ont dû vivre à proximité du lieu d’enfouissement technique de Laterrière pendant 25 ans.

Ces gens-là ont subi le dépotoir pendant 25 à 30 ans avec les odeurs, les camions, et là, on veut encore leur faire subir une autre affaire. C’est un non-respect des citoyens à la haute, haute, haute marche. Là, je reconnais madame la mairesse, par exemple, a-t-il déclaré.

La conseillère de l’Équipe du renouveau démocratique (ERD) Brigitte Bergeron a tenté de défendre le projet et sa cheffe en disant qu’il s’agissait d’un projet porteur pour la Ville. Elle a aussi rappelé à Michel Potvin qu’il était président de Promotion Saguenay lorsque le bioparc a été élaboré et qu’il était d’accord à l'époque.

On parlait d’un bioparc. Jamais on n'a parlé de 2000 ou 3000 vans. Jamais on n'a parlé de charrier le petit lait de la Fromagerie Boivin. Ça n’a jamais été dit. Moi, j’avais en tête l’écoquartier Saint-Michel de Montréal [...]

Une citation de :Michel Potvin, conseiller municipal et président du comité des finances de Saguenay

Brigitte Bergeron a rétorqué qu’une consultation publique était prévue pour entendre les citoyens. Michel Potvin a dit que les promoteurs ne sont pas prêts et qu'il est inutile de consulter à ce stade-ci.

On ne peut pas parler du projet Agriméthane, Madame Bergeron, parce qu’il n’est pas prêt. On va parler de quoi, d’abord? On va parler des fleurs du Saint-Esprit multipliées par 24, d’abord?, s'est enflammé Michel Potvin.

Marc Bouchard, lui aussi de l’ERD, est à son tour venu plaider en faveur du projet. Juste avant la fin de la séance, le président de l’arrondissement, Michel Tremblay, s’est interposé pour dire qu’il était contre et qu'il allait s'opposer. Il estime que, si elle veut aller de l’avant avec le bioparc, Saguenay a intérêt à dénicher un autre terrain.

Je pense que ce n’est pas une bonne idée d’aller mettre une affaire de même en arrière des citoyens. On devrait réviser notre affaire et trouver un autre terrain. C’est sûr que je ne serai pas pour ce projet-là non plus. Ce n’est pas une bonne idée et on devrait rejouer nos cartes, a tranché Michel Tremblay.

Avec Catherine Doucet

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