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Le Québec vit son pire épisode de smog en huit ans

Une femme regarde le stade, accotée sur une rambarde.

Le stade olympique de Montréal était à peine visible à partir du mont Royal, mardi.

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

Radio-Canada

La saison des feux de forêt bat son plein au Canada, et ses conséquences se font lourdement sentir au Québec.

Le sud-ouest de la province est envahi par le brouillard de fumée depuis le début de la semaine. Et selon Environnement Canada, c'est la première fois depuis 2013 qu'un tel épisode de smog s'abat sur une aussi vaste portion du territoire québécois.

Ce phénomène est surtout causé par les feux de forêt intenses qui font rage dans le nord-ouest de l'Ontario. La fumée, elle, voyage sur plusieurs milliers de kilomètres.

Le panache le plus important, donc qui vient de l'Ontario, est poussé vers nos régions, explique Simon Legault, météorologue pour Environnement Canada. Donc, depuis quelques jours, on a une qualité de l'air un peu moins bonne dans le nord du Québec, mais là, présentement, ça se transporte plus vers le sud.

Montréal, Laval, la Montérégie et l'Estrie figurent parmi les régions touchées, de même qu'une partie des Laurentides et de Lanaudière.

Environnement Canada a toutefois levé ses avertissements concernant l'Outaouais, l'Abitibi-Témiscamingue, le Saguenay–Lac-Saint-Jean, la Mauricie, le Centre-du-Québec, Chaudière-Appalaches, la Capitale-Nationale et la Côte-Nord.

Demain [mercredi], ça devrait être terminé pour tout le monde, assure M. Legault. Le brouillard de pollution qui recouvre toujours le sud du Québec devrait finir de se dissiper mardi soir, selon lui.

Le Canada est pourtant encore loin d'en avoir fini avec les feux de forêt et leurs conséquences. La Colombie-Britannique, l'Alberta, la Saskatchewan, le Manitoba, l'Ontario et le Nouveau-Brunswick doivent toujours composer avec des épisodes de smog. Une alerte a même été transmise dans les Territoires du Nord-Ouest.

Le smog peut être dangereux pour la santé des Canadiens les plus vulnérables, prévient le Dr Pierre Gosselin, de l'Institut national de santé publique du Québec (INSPQ).

Ça accélère les problèmes de santé pour ceux qui sont déjà fragiles, explique-t-il. On va voir des excès d'hospitalisations, des excès de décès. Alors en attendant, quand on est fragiles, on reste à la maison, fenêtres fermées évidemment [et] quand on a à sortir, on évite l'exercice trop violent.

Bien sûr, les feux de forêt sont limités dans le temps. Mais la fumée qui s'en échappe, combinée à la pollution locale, peut avoir un effet de potentialisation, ajoute le Dr François Reeves, cardiologue au CHUM et spécialiste en médecine environnementale. Les deux ensemble, c'est un peu comme la combinaison d'une canicule sur un îlot de chaleur urbain, illustre-t-il.

Cela dit, la qualité de l'air à Montréal s'est grandement améliorée au cours des dernières décennies, fait valoir le Dr Reeves. La pollution atmosphérique, quand on regarde les années 60 et 70, à Montréal, c'était absolument atroce, dit-il, comparant la situation de l'époque à celle que vit aujourd'hui Pékin ou New Delhi.

Les nouvelles lois adoptées par les gouvernements, qui interdisent par exemple l'utilisation d'essence avec plomb dans les voitures, de même que l'électrification des transports ont contribué à atténuer le problème, explique-t-il.

Avec Olivier Bachand

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