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La Maison-Blanche en contact avec Fox News sur la couverture de la pandémie

Aux heures de grande écoute, le réseau alimente régulièrement la méfiance entre autres à l'égard du vaccin.

Des personnes passent devant les publicités des animateurs de Fox News, dont Tucker Carlson, apposées à l'édifice de la News Corporation, à New York.

Avec près de 3 millions de téléspectateurs, l'émission de Tucker Carlson est celle qui affiche les meilleures cotes d'écoute de toutes les émissions des chaînes câblées dites d'information, selon les chiffres de juin dernier.

Photo : Reuters / BRENDAN MCDERMID

La porte-parole de la Maison-Blanche, Jen Psaki, a indiqué mardi que l'administration Biden avait des contacts réguliers avec le réseau de droite Fox News au sujet de la vaccination et de la pandémie.

Selon une source du réseau CNN, qui avait le premier rapporté l'information ensuite confirmée par la Maison-Blanche, il s'agit de discussions de haut niveau.

Nous avons été en contact avec tous les réseaux et beaucoup, beaucoup de médias à propos de la couverture de la COVID-19, afin de nous assurer que les gens disposent d'informations exactes et d'exprimer nos préoccupations lorsque nous en avons, a répondu Mme Psaki, interrogée sur la teneur des discussions.

Nous comprenons également l'importance d'informer le public de Fox [News] sur les vaccins contre la COVID-19 et leurs avantages, et comme nous le faisons avec vous tous ici aujourd'hui, nous sommes bien sûr en contact régulier, a-t-elle ajouté.

Nous ne voyons pas les vaccins comme une question politique. Il s'agit d'assurer la sécurité des Américains.

Une citation de :Jen Psaki, porte-parole de la Maison-Blanche

Sur les ondes du réseau, résolument prorépublicain, la méfiance véhiculée aux heures de grande écoute à l'égard de la vaccination contre le coronavirus est monnaie courante. D'autres réseaux de télévision conservateurs tiennent aussi une rhétorique antivaccination, mais ils n'ont pas la portée de Fox News, dont les opinions des animateurs vedettes sont entendues par des millions d'Américains.

Populaire auprès des républicains, dont une portion importante est hostile à la vaccination, Fox News diffuse quatre des cinq émissions les plus regardées sur les réseaux de nouvelles sur le câble

Depuis le début de la pandémie, la chaîne, qui domine facilement le marché des nouvelles sur le câble, s'est fait accuser de désinformation.

Après s'être d'abord opposés au port du masque, plusieurs animateurs du réseau pro-Trump, notamment ses têtes d'affiche, mettent régulièrement en doute l'efficacité et la sécurité des vaccins, voire minimisent carrément le risque posé par la COVID-19. La majorité de leurs invités tiennent des propos qui vont aussi en ce sens.

Lundi soir, l'animateur vedette Sean Hannity a cependant pressé les téléspectateurs de son émission à prendre la COVID au sérieux. Je ne peux pas trop le répéter. Il y a eu assez de morts. Nous n'avons pas besoin de plus de morts.

Je crois en la science. Je crois en la science de la vaccination, a-t-il soutenu, encourageant les membres de son auditoire à parler de cette question avec leur médecin.

Cela ne l'a pas empêché de consacrer une partie de son émission aux effets secondaires dangereux de la vaccination et de critiquer la décision d'une université de mettre en place la vaccination obligatoire.

Les téléspectateurs de l'émission de Tucker Carlson, eux, ont par exemple pu l'entendre insister sur le fait que les personnes vaccinées pouvaient contracter la maladie. Ceux de l'émission de Laura Ingraham ont eu droit à une tirade sur le président Biden et ses alliés qui sont les superpropagateurs constants de désinformation sur la COVID-19.

En entrevue à CNN, un reporter politique de Fox News a lié leur comportement aux audiences du réseau.

C'est une question de cotes d'écoute et, ultimement, les cotes d'écoute deviennent un revenu. C'est le but du jeu, a affirmé Carl Cameron, qui a été le correspondant politique en chef du réseau jusqu'en 2017.

Ce ne sont pas des nouvelles, c'est du détournement cognitif. C'est de la propagande, a-t-il déploré, ajoutant que nier les preuves scientifiques mettait la vie des gens en danger.

L'entreprise, elle, ne prend pourtant pas de risques. Elle a instauré un passeport vaccinal qui dispense les employés qui sont vaccinés de se soumettre au dépistage quotidien.

Facebook dans la mire de l'administration Biden

Un téléphone montrant le logo de Facebook est placé devant un écran d'ordinateur montrant une modélisation du coronavirus.

Facebook est un lieu privilégié de dissémination au sujet de la COVID-19.

Photo : Getty Images / AFP/OLIVIER DOULIERY

Au cours des dernières semaines, le rythme de la campagne de vaccination a ralenti, et la Maison-Blanche a notamment montré du doigt la désinformation.

À l'heure actuelle, 56,1 % des Américains ont reçu au moins une dose de vaccin contre la COVID-19, et 48,6 % sont pleinement vaccinés, selon les chiffres des Centres pour le contrôle et la prévention des maladies (CDC) publiés lundi.

Il y a quelques jours, Joe Biden a accusé Facebook de « tuer des gens » en laissant circuler des faussetés sur la vaccination, ce dont s'était défendue l'entreprise de Mark Zuckerberg. Le président américain avait ensuite modéré ses propos, blâmant ceux qui sont à l'origine des informations erronées.

La semaine dernière, Jen Psaki avait pour sa part affirmé, sans donner de précisions, qu'une douzaine de personnes produisaient les deux tiers de la désinformation sur les vaccins qui circule sur les réseaux sociaux. Elle déplorait que Facebook ne les ait pas bannies comme d'autres plateformes l'avaient fait.

Après avoir dégringolé pendant deux mois, le nombre de cas de coronavirus aux États-Unis a stagné pendant quelques semaines et a même commencé à remonter par la suite.

Selon les CDC, il y avait le 18 juin une moyenne quotidienne sur sept jours de 11 457 cas. Quatre semaines plus tard, le nombre de cas était passé à 26  011. Cette recrudescence de la maladie est alimentée par le variant Delta, désormais le variant dominant.

Extrêmement contagieux, il constitue désormais 83 % des cas de coronavirus.

La directrice des CDC, Rochelle Walensky, a récemment évoqué une pandémie des non-vaccinés.

Les données préliminaires montrent que les personnes non vaccinées représentent 99,5 % des morts dues à la COVID-19 au cours des six derniers mois, a-t-elle indiqué.

Elles constituent en outre 99 % des hospitalisations liées au coronavirus.

Les experts en santé publique avertissent depuis plusieurs semaines que la propagation du variant Delta au sein de la tranche de la population non vaccinée, particulièrement dans le sud du pays, est susceptible de poser une nouvelle menace.

Les États-Unis connaissent d'ailleurs des pics d'infections dans les zones les moins vaccinées du pays, essentiellement des États à majorité républicaine, comme le Missouri et l'Arkansas.

La disposition à l'égard du vaccin dépend largement de l'appartenance politique.

Selon un sondage ABC-Washington Post publié au début du mois, 86 % des démocrates ont reçu au moins une dose, tandis que cette proportion chute à 45 % chez les républicains.

Avec les informations de CNN, et Washington Post

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