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Tombes anonymes de Marieval : une réalité plus nuancée sur les personnes enterrées

Petits drapeaux plantés dans le sol sur l'ancien terrain du pensionnat pour Autochtones de Marieval.

Des drapeaux marquent l'endroit où le géoradar a enregistré les possibles 751 tombes non marquées sur l'ancien terrain du pensionnat pour Autochtones de Marieval. (archives)

Photo : La Presse canadienne / Mark Taylor

Radio-Canada

Des membres de la Première Nation de Cowessess affirment que le cimetière jouxtant l’ancien pensionnat pour Autochtones de Marieval abritait aussi des habitants de la région et des communautés voisines.

Certains anciens élèves de Marieval suggèrent que la majorité des 751 tombes anonymes ne contiendraient pas seulement des restes d’enfants issus du pensionnat pour Autochtones.

Plusieurs récits ont fait surface dans la communauté sur ce qui est arrivé aux pierres tombales, et tous s'accordent sur un point : un prêtre a ordonné leur enlèvement au début des années 1960. Mais aucun compte rendu n'explique pourquoi.

Les responsables de l'Église catholique, qui a géré l'école jusqu'à la fin des années 1960, n'ont pas été en mesure d'expliquer pourquoi les pierres tombales et les croix ont été retirées du cimetière.

Ce que disent les documents

Le Centre national pour la vérité et la réconciliation a enregistré huit décès d'élèves à Marieval, durant une période couvrant son ouverture, en 1898, jusqu’à sa fermeture, en 1997. L'établissement a ensuite été repris par le gouvernement fédéral en 1968, puis par la Première Nation de Cowessess en 1987.

D’un autre côté, de nombreux dossiers fédéraux des Affaires autochtones auraient été détruits au fil des ans, ce qui laisse des lacunes dans l'histoire des pensionnats.

Certaines des tombes près de l'ancien pensionnat pour Autochtones de Marieval, en Saskatchewan.

Certaines des tombes près de l'ancien pensionnat pour Autochtones de Marieval, en Saskatchewan. (archives)

Photo : CBC / Mickey Djuric

Deux volumes de dossiers funéraires des Affaires autochtones de la Première Nation de Cowessess, également connue sous le nom de Crooked Lake, ont été détruits par le gouvernement fédéral entre 1936 et 1956, selon des dossiers fournis à CBC News.

Les dossiers et les témoignages suggèrent aussi que l'Église catholique posséderait des documents supplémentaires contenant certains des noms liés à ces tombes non marquées.

Des questions sur l’origine des enfants

Les premiers registres des missions catholiques obtenus par CBC News (ndlr : par le biais d'un site de généalogie en ligne maintenu par l'Église mormone) révèlent que des dizaines d'enfants ont été enterrés au cimetière alors qu'il était supervisé par les Oblats.

Cependant, il n’est pas précisé combien, parmi ces enfants, venaient du pensionnat pour Autochtones de Marieval.

Les documents comprennent un index pour le volume 1 du registre de la mission catholique, couvrant les baptêmes, les mariages et les enterrements de 1885 à 1933, ainsi que plusieurs pages d'entrées manuscrites.

La première page de l'index du premier volume du registre des naissances, mariages et sépultures de Marieval.

La première page de l'index du premier volume du registre des naissances, mariages et sépultures de Marieval. (archives)

Photo : Fournie par Genealogical Society of Utah

Ces documents font état d'environ 450 enterrements au cours de cette période de 48 ans. CBC News a pu déterminer l'âge des personnes pour 184 des enterrements enregistrés jusqu'en 1908.

Plus de la moitié sont des enfants d'âge préscolaire ou des enfants morts à la naissance.

Les autres ont entre 6 et 100 ans. D’après les documents, au moins deux enfants en âge d’être scolarisés y ont été enterrés après l'ouverture du pensionnat, en 1898.

Des témoignages, mais pas de confirmations

Le chef de la Première Nation de Cowessess, Cadmus Delorme, a déclaré ceci : Selon l'histoire orale locale, jusqu'à 75 % des personnes enterrées sont des enfants qui ont fréquenté le pensionnat de Marieval, qui était dirigé par les missionnaires oblats de Marie Immaculée.

Mais je ne peux pas le confirmer, a-t-il dit lors d'une entrevue avec CBC News.

Depuis le début, M. Delorme soutient que la zone étudiée contenait également les restes d'autres personnes de la communauté et de la région environnante qui n'ont pas fréquenté le pensionnat de Marieval.

(De gauche à droite) Le premier ministre du Canada, Justin Trudeau, le chef de la Première Nation de Cowessess, Cadmus Delorme, et le premier ministre de la Saskatchewan, Scott Moe, lors d'une rencontre sur la Première Nation le 6 juillet 2021.

(De gauche à droite) Le premier ministre du Canada, Justin Trudeau, le chef de la Première Nation de Cowessess, Cadmus Delorme, et le premier ministre de la Saskatchewan, Scott Moe, lors d'une rencontre à Cowessess le 6 juillet 2021. (archives)

Photo : CBC / Matthew Howard

Il s'agit d'un lieu de sépulture catholique romain. Il ne s'agit pas d'un lieu de sépulture de pensionnat, a-t-il confirmé à CBC News.

D'autres catholiques romains, autochtones ou non, des adultes aussi, y ont été enterrés [...] Il y a des tombes espacées d'un mètre. Nous comprenons que celles-ci ne sont pas de taille adulte, a poursuivi Cadmus Delorme.

Le cimetière de l’ancien pensionnat pour Autochtones de Marieval comprendrait aussi une pierre tombale pour une religieuse et un monument funéraire érigé pour trois membres d'une famille allemande de Grayson, un village situé à environ 25 kilomètres au nord de Cowessess.

Pas seulement, selon une ancienne élève

Pearl Lerat a fréquenté le pensionnat de Marieval de la fin des années 1940 jusqu’au milieu des années 1950.

Il y avait toutes sortes de personnes dans ce cimetière, dit-elle.

Nous avons toujours su qu'elles étaient là, précise pour sa part Lloyd Lerat au sujet des tombes non marquées de Marieval.

Une photo sans date précise du cimetière de Marieval.

Une photo sans date précise du cimetière de Marieval. (archives)

Photo : Fournie par la Collection générale de la Société historique de Saint-Boniface

Pearl Lerat aurait souhaité qu'il y ait plus de consultations avec les aînés avant que les dirigeants de la Première Nation de Cowessess ne tiennent une conférence de presse annonçant la découverte des tombes non marquées, à la fin du mois de juin.

Avec les informations de Jorge Barrera

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