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Accès à Internet : rien ne va plus pour Maskicom

Les bureaux de Maskicom.

Les bureaux de l'OBNL Maskicom

Photo : Radio-Canada / Raphaël Poliquin

Radio-Canada

Le sous-traitant chargé du service à la clientèle et de la maintenance du réseau Internet de Maskicom a reporté son ultimatum jusqu'à vendredi. Branchez-nous avait d'abord menacé de ne plus offrir ses services de soutien à compter de mercredi.

Le président de l'entreprise, Normand Richard, a été contacté par le syndic de faillite de Maskicom afin de trouver une entente. Il dit avoir réclamé un montant de 35 000 $ d'ici vendredi afin de payer ses employés ainsi qu'un montant hebdomadaire afin d'assurer la maintenance du réseau.

Une lettre avait été envoyée lundi aux 800 abonnés de Maskicom. Branchez-nous menaçait de cesser d’offrir ses services si Maskicom ne lui payait pas les factures impayées depuis la mi-mai. Elle dénonçait aussi le fait que Maskicom n'ait pas répondu à ses appels ni à ses courriels.

Maskicom doit nécessairement honorer ses engagements contractuels à l’égard de Branchez-nous avant ce [mardi], le 20 juillet 2021 à 17 h, afin d’assurer la pérennité du réseau de Maskicom, ce qui inclut l’accès à Internet et la téléphonie IP [...], auquel cas, les services ne pourront malheureusement pas être maintenus tels qu’ils le sont à l’heure actuelle.

Une citation de :Extrait de la lettre de Branchez-nous à ses clients

Maskicom à l'abri des créanciers

Maskicom a annoncé mardi son intention de se mettre à l'abri de ses créanciers. Le cabinet Lemieux Nolet, engagé pour les procédures, se veut rassurant. On va regarder les diverses options qui s’offrent à nous. Toutes les éventualités sont sur la table, les pistes de solution pour assurer une relance. Ce qui est important de considérer, c’est que les gens puissent avoir le service auquel ils ont droit, a expliqué un des associés, Martin Poirier, à l'émission En direct.

L'OBNL a 30 jours pour présenter une offre à ses créanciers. Ce délai peut être prolongé jusqu'à concurrence de six mois.

De son côté, Québec s’apprête à retirer des mains de Maskicom le mandat de connecter les citoyens de la MRC de Maskinongé à Internet.

Le gouvernement provincial compte mandater de nouveaux acteurs pour brancher tous les foyers de ce territoire à Internet d’ici septembre 2022. Une annonce sera faite mercredi.

Maskicom, ce n’est pas le bon véhicule pour être capable de brancher les citoyens dans Maskinongé, a déclaré le député d'Orford, Gilles Bélanger, adjoint parlementaire du premier ministre pour le volet Internet et connectivité nationale.

Maskicom, c’est pas un beau dossier. On a décidé de trouver une nouvelle solution.

Une citation de :Gilles Bélanger, député d’Orford

Le gouvernement du Québec ne croit plus Maskicom capable de remplir son mandat. Demain, je vais annoncer une façon et un partenaire qui va être capable de réaliser tous ces branchements-là, explique M. Bélanger.

Après plusieurs mois de silence, l’organisme sans but lucratif, dont le président est le préfet de la MRC de Maskinongé, vient de révéler qu’il a de lourdes difficultés financières.

[L’avis d’intention], c’est la première étape d'un processus de restructuration en vertu de la Loi sur la faillite et l’insolvabilité. Elle permet d’en venir à l’acceptation d’une proposition par les créanciers et ainsi éviter la faillite, indique Maskicom par voie de communiqué.

Nous sommes évidemment très déçus et amers de cette situation, mais la bonne nouvelle pour les citoyens, s’il en est une, c’est qu’une fois ce processus de restructuration terminé, le déploiement se fera beaucoup plus rapidement, selon l’échéancier du gouvernement.

Une citation de :Robert Lalonde, préfet de la MRC de Maskinongé et président de Maskicom

L’organisme sans but lucratif Maskicom a été créé en 2017 par douze municipalités afin de fournir Internet haute vitesse aux zones orphelines de la région, jusqu’alors ignorées par les grands télécommunicateurs, rappelle la MRC de Maskinongé. À l’heure actuelle, Maskicom compte environ 800 abonnés à Saint-Mathieu-du-Parc, Saint-Élie-de-Caxton, Saint-Léon-le-Grand et Saint-Boniface. L'objectif était d'en brancher 4000 d'ici mars 2021.

L'ultimatum de Branchez-nous, un geste déploré par la CAQ

Moi, je n’accepte pas qu’on utilise des citoyens en otage. Je regarde le dossier de près et si on a des actions à prendre à très court terme, on le fera, a dénoncé le député caquiste Gilles Bélanger, en entrevue à l’émission Toujours le matin

Même si elle ne sert présentement que 800 foyers, [Branchez-nous] est payée pour 4000 clients depuis des mois, des années, ça, c’est 120 000 $ par mois, a indiqué M. Bélanger, visiblement insatisfait.

Sur sa page Facebook, Maskicom a tenu à rassurer ses clients lundi soir. Malgré l’ultimatum lancé par Branchez-nous, personne ne sera débranché du service, promet l’OBNL. Nous tenons à vous rassurer et préciser que les services d’Internet et de téléphonie seront maintenus, écrit-il.

Arrêt de l'aide gouvernementale, selon Maskicom

Dans son communiqué envoyé mardi, Maskicom explique pourquoi elle a cessé de payer son sous-traitant Branchez-nous depuis deux mois.

La cible de septembre 2022 fixée par le gouvernement Legault pour que tous les foyers soient branchés ne pourra pas être atteinte par Maskicom dans l’état actuel des choses, ce qui explique la suspension du versement des subventions gouvernementales, a révélé le président de l'OBNL, Robert Lalonde.

Le président de Branchez-nous, Normand Richard, croit tout de même que Maskicom n'a pas investi tous les efforts possibles pour mener à bien le projet. On pense que la gouvernance de Maskicom a complètement abandonné le projet, ajoute M. Richard.

Branchez-nous affirme que, si elle n’est pas payée, l’entreprise qui compte une quinzaine d'employés pourrait fermer ses portes. Elle demande l’intervention du gouvernement de François Legault afin d’assigner un interlocuteur impartial à la résolution du conflit en question.

Des clients inquiets

Le propriétaire d’un chalet à Saint-Mathieu-du-Parc, Claude Beaudoin, est très découragé de la situation. Mardi matin, il craignait de ne plus pouvoir faire d’appels téléphoniques si le service est coupé à 17 h.

M. Beaudoin est un client de Maskicom et utilise le réseau Internet pour faire ses appels téléphoniques. On n’a pas de tours cellulaires entre Saint-Élie-de-Caxton et le village de Saint-Mathieu-du-Parc, a-t-il expliqué en entrevue à l’émission Toujours le matin, mardi matin.

Maskicom, selon moi, c’était l’idée de génie, a-t-il déclaré. Je ne fais pas partie de Maskicom autrement qu’un client. Je trouve ça tellement important qu’en région, on puisse se prendre en main. Il ne comprend pas pourquoi les gouvernements ne viennent pas en aide à Maskicom.

M. Beaudoin est aussi très fâché de la façon dont les choses se passent.

J’ai essayé depuis plusieurs mois de rejoindre M. Lalonde [le préfet de la MRC de Maskinongé et président de Maskicom] et il ne répond à rien. S’il a perdu le contrôle, qu’il le dise.

Une citation de :Claude Beaudoin, propriétaire d’un chalet à Saint-Mathieu-du-Parc

Claude Beaudoin a accès à Internet avec Maskicom, mais il attend toujours que la fibre optique soit installée dans son secteur, comme promis.

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